Mobilité

A Montpellier, la gratuité totale des transports coûtera 24 millions d’euros par an

Par • Club : Club Techni.Cités

Montpellier 3M

Mesure écologique et sociale pour les uns, fiscalement injuste et financièrement risqué pour les autres, la gratuité des transports collectifs continue d’agiter les élus et acteurs économiques du secteur. Le maire de Montpellier, qui en avait fait un thème majeur de sa campagne en 2020, fait ses comptes et se félicite des premiers effets de la gratuité réservée aux jeunes et aux retraités. La mesure sera généralisée dans deux ans dans la capitale occitane.

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Transports : la gratuité, oui, mais à quel prix ?

Michaël Delafosse avait placé la gratuité des transports en commun au rang des priorités de sa campagne aux municipales de 2020. La promesse figurait sur le bulletin de vote de la liste socialiste. Élu maire et président de la métropole, il a d’abord cantonné l’accès libre aux transports les week-ends. Puis, voyager gratis dans les bus et tramways de la métropole occitane est devenu possible à la rentrée 2021 pour les moins de 18 ans et les plus de 65 ans. Et pour ne pas faire de jaloux, les abonnés du réseau de transport urbain qui n’entrent pas dans cette classe d’âge, bénéficient d’une réduction de 10%. Fin 2023, la gratuité sera étendue à tous les Montpelliérains, toujours à condition d’habiter et/ou, de payer ses impôts dans la métropole.
« La gratuité des transports n’est jamais gratuite : soit tu paies ton ticket, soit tu vois augmenter tes impôts », résumait Sylvie Charles, vice-présidente de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP), le 25 novembre, en marge de la présentation du Baromètre de la mobilité. Selon les chiffres de l’UTP, le prix moyen du ticket est de 1,27 euro, celui d’un abonnement 31 euros, et le baromètre montre que seuls 14% des voyageurs disent utiliser les transports publics parce que ce n’est pas cher…

A Montpellier, le coût de la gratuité pour la collectivité locale s’élève aujourd’hui à 8,2 millions d’euros par an et atteindra 24 millions d’euros lorsque la mesure sera étendue à tous les habitants, fin 2023. Sur un total de recettes commerciales de 39 millions d’euros (15 millions sont issus de la vente de billets occasionnels,  liée à l’activité touristique). Un trou financier pour la collectivité que les élus assument : « Sur la métropole, le taux de pauvreté est élevé, 27% de nos habitants ont un revenu de moins de 1 045 euros par mois et 80% des plus de 65 ans, durement touchés par l’isolement lié à la crise sanitaire, perçoivent une toute petite retraite, justifie Julie Frêche, vice-présidente de la métropole, en charge de la mobilité. Favoriser le mobilité de cette frange de notre population et des jeunes est une priorité », insiste l’élue, fille de l’ancien maire de Montpellier. « Élargir la gratuité à tous nos habitants, dans deux ans, c’est un moyen d’augmenter le consentement à l’impôt en touchant aussi les classes moyennes qui participent à l’effort d’investissement dans les infrastructures de la métropole », ajoute-t-elle.

60% de nouveaux usagers

Pourquoi ne pas mettre en place une tarification sociale ? « Parce que c’est un combat des années 70 qui a été mené à Montpellier comme ailleurs, mais qui est dépassé, estime Julie Frêche, d’autant que 40% des ayants droits n’y recourraient pas », constate l’élue qui se félicite des derniers chiffres de fréquentation depuis la rentrée 2021 : « Le nombre d’abonnés parmi les plus de 65 ans et les moins de 18 ans a plus que triplé. Et avec deux millions de trajets effectués, la gratuité a boosté la reprise de fréquentation », claironne le communiqué de la métropole.
Selon les chiffres de l’UTP, la fréquentation dans les transports publics français, en chute libre en 2020 sous l’effet de la pandémie de Covid, est revenue à 85% de son niveau de 2019. A Montpellier, les compteurs seraient plus élevés que la moyenne nationale, avec une hausse de 17% de la fréquentation sur le réseau urbain par rapport à octobre 2019. A la faveur d’une poussée de 32 % de la clientèle des plus de 65 ans, et de plus 70% de la clientèle jeunes, les deux tranches d’âge bénéficiaires de la gratuité depuis la rentrée 2021. « En moins de trois mois, près de la moitié des usagers concernés par la gratuité ont effectué les démarches : 49% des jeunes éligibles au pass gratuité ont fait une demande, et 41% des seniors », calcule la métropole. 60 % des bénéficiaires du pass gratuité sont de nouveaux usagers.

Un milliard d’investissement

« La gratuité n’a de sens que si elle est adossée à une politique d’investissement », insiste Julie Frêche. Dans la Programmation pluriannuelle des investissements présentée le 23 novembre devant les élus de la métropole, les équipes de Michaël Delafosse prévoient de consacrer près d’un milliard d’euros d’investissement aux bus, tramways et vélos.

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