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Décentralisation

Ce qu’il faut retenir du congrès des maires 2021

Publié le 23/11/2021 • Par Cédric Néau Jean-Baptiste Forray Romain Gaspar • dans : A la une

Emmanuel Macron, discours devant les elus locaux au 103eme congres de l'association des maires de France le 18 novembre 2021
Lafargue Raphael/ABC/Andia.fr
L’élection à la tête de l'AMF de David Lisnard (LR) face à Philippe Laurent (UDI) ne change rien à l’affaire. Les relations entre l’Association des maires de France et Emmanuel Macron sont toujours aussi mauvaises.

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La revanche de l’ancien monde. Dans le sillage des municipales de 2020, LR et PS ont gagné la super-sénatoriale de l’Association des maires de France (AMF). Leur candidat, David Lisnard (LR) l’a emporté sans coup férir, avec 62,3 % des suffrages, sur Philippe Laurent (UDI), soutenu par des édiles tantôt « Macron-compatibles », tantôt non alignés. Au bureau, comme au comité permanent, les « anciens » partis pourront compter sur environ les deux tiers des sièges.

« Il y a seulement un peu plus de 10 000 maires qui ont participé au scrutin, alors qu’il y avait une capacité de voter par internet », daube la ministre de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, ­Jacqueline ­Gourault.

« Les moyens de communication qui ont été mis en place par l’AMF pour l’élection auprès des maires n’ont pas été à la hauteur. J’avais demandé l’envoi de la propagande électorale en papier, ça n’a pas été possible », accuse ­Philippe ­Laurent. « On dit que l’AMF rassemble tous les maires, mais la preuve est faite que non. Les maires ne peuvent pas s’abstenir et appeler leurs concitoyens à voter », dénonce le candidat malheureux.

Le bilan de François Baroin

Une controverse dans laquelle ne souhaite pas entrer David Lisnard. Agé de 52 ans, le nouveau président de l’AMF est un inclassable. Un libéral décomplexé et un « anar » de droite fondu de ­Philippe ­Muray. Un chantre de la « performance publique » qui gère sa commune comme une entreprise et un homme de culture.

Maire de Cannes depuis 2014, cet ancien collaborateur, à ­Lons-le-Saunier, de celui qui deviendra président de l’AMF, Jacques Pélissard, s’est fait connaître à la faveur de la crise sanitaire. Parmi les premiers, il a alerté sur l’impréparation des pouvoirs publics face au Covid-19. Ses services ont fourni l’hôpital de la ville en masques, blouses, charlottes, surchaussures, lunettes de protection, thermomètres…

« Les Français savent-ils que le couple maire-préfet, dont on nous a rebattu les oreilles, est une fiction dans la gestion de cette crise ? Que les préfets, eux-mêmes, découvrent les mesures gouvernementales à la télévision ? Que les maires ne sont toujours pas informés par l’Etat des clusters sur leur commune ! » ­a-t-il dénoncé dans une tribune, publiée le 14 novembre 2020, dans « Le Figaro », vent debout contre un « ­Léviathan étatique aussi omnipotent qu’impuissant ».

A l’AMF, il lui faudra produire du consensus gauche-droite, mais aussi urbain-rural. Un défi à la hauteur du personnage, selon ­Jacques ­Pélissard : « C’est moi, avant de partir de l’AMF en 2014, qui l’ai nommé au bureau. Il y a montré ses talents. Je lui ai suggéré ensuite de se présenter à la présidence à l’AMF, si ­François ­Baroin ne rempilait pas. L’Association des maires de France va lui donner une tonalité rurale. ­David ­Lisnard a la capacité de devenir un élu de premier plan. »

L’AMF, un must politique

Le maire de Cannes préfère prendre la succession de ­François ­Baroin que concourir pour être le candidat des Républicains à la présidentielle. Un choix de carrière qui pourrait s’avérer payant, à l’heure où les élus du coin de la rue sont au zénith de leur popularité et les partis démonétisés. Le congrès de l’AMF s’est imposé comme l’un des grands rendez-vous politiques de l’année.

« Nous avons gagné la bataille de l’opinion publique », s’est félicité ­François ­Baroin, dans son dernier discours de président. « Quand je suis arrivé, on nous disait que la soupe était bonne, que les maires aimaient les cocktails et les ronds-points. Aujourd’hui, nous sommes considérés comme les premiers piliers de la République », s’est-il réjoui à l’issue de son septennat au sein de l’autre institution du quai d’Orsay.

La fronde des « gilets jaunes » et la crise du ­Covid-19 sont passées par là. Pour autant, les relations entre l’AMF et Emmanuel Macron ne sont toujours pas au beau fixe.

Charge à l’arme lourde

Lors de la séance de clôture du congrès, le binôme de David Lisnard, l’inamovible premier vice-­président délégué PS André Laignel, n’a pas ménagé le chef de l’Etat. Adoptée à l’unanimité, c’est-à-dire y compris par les équipes de ­Philippe ­Laurent, la résolution générale prononcée par le maire ­d’Issoudun s’est résumée à une violente charge contre le pouvoir central.

« L’Etat semble avoir rayé le mot “confiance” de son dictionnaire », a tonné ­André ­Laignel, en présence ­d’Emmanuel ­Macron. Le premier vice-président a tiré à boulets rouges contre un exécutif qui transforme « les budgets communaux en budgets annexes de l’Etat » et pointé du doigt « l’avalanche de normes tatillonnes  ».

« La marée des inégalités ne cesse de monter, a fulminé le soutien d’Anne Hidalgo à l’élection présidentielle. Pour l’enrayer, il faudra bien plus que quelques digues construites à la va-vite. »

L’auto-satisfecit d’Emmanuel Macron

Le retour de boomerang n’a pas tardé. ­Emmanuel ­Macron a ironisé sur « l’esprit de mesure », la « justesse » et le « sens du détail » du numéro 2 de l’AMF. « Le débat que j’ai vu monter, ces dernières années, des élus contre l’Etat est mortifère. Il ne peut y avoir ce face-à-face sous prétexte qu’il y aurait eu d’autres émergences politiques », a-t-il poursuivi sur sa lancée.

« L’Etat, c’est vous aussi », a-t-il martelé, à l’adresse des maires. « Les engagements ont été tenus malgré la plus grande récession jamais connue depuis l’après-guerre », a martelé le très probable candidat à sa reconduction. Même la suppression de la taxe d’habitation (TH) est, selon lui, à mettre au crédit de son bilan.

« La TH était un impôt formidable, l’Etat était le premier contribuable. Avoir des impôts qui ne sont plus payés par les contribuables et dire que c’est ce qui constitue le lien, c’est un peu hypocrite, et avoir une fiscalité pour certaines tranches dont la dynamique ne correspond en rien à leurs dépenses, je pense à nos départements, ça ne marche plus », a taclé ­Emmanuel ­Macron.

Dans un propos d’essence jacobine, dans lequel il a privilégié la déconcentration au détriment de la décentralisation, il s’est montré très réservé sur l’autonomie fiscale qui « creuse l’inégalité entre les territoires selon leur capacité à prélever l’impôt ».

« L’immense majorité des maires considère que ce qui a été fait par la majorité présidentielle sous ce quinquennat est beaucoup plus protecteur des finances locales que les mandats précédents. Sinon, nous n’aurions pas eu ce score aux élections de l’AMF », se réjouit le patron LREM de la commission des finances à l’Assemblée, ­Laurent ­Saint-Martin.

La riposte d’André Laignel

Assez contrarié, le numéro 2 de l’AMF, ­André ­­Laignel, estime que cette « agression personnelle n’était pas digne du chef de l’Etat ». « Emmanuel Macron pensait qu’il allait pouvoir se débarrasser de moi grâce à la liste de ­Philippe ­Laurent mais il s’est raconté des histoires », fustige le maire ­d’Issoudun, qui juge n’avoir « jamais vu un tel écart » entre les témoignages de maires au congrès et le discours d’un président de la République.

Depuis le début du quinquennat, l’affrontement est brutal. Mais il a franchi un cap, à l’évidence, lors du congrès des maires. L’histoire retiendra d’ailleurs, peut-être, que c’est dans l’enceinte de la porte de ­Versailles qu’Emmanuel Macron a lancé sa campagne présidentielle de 2022.

Philippe Laurent sort la sulfateuse

La défaite est dure à avaler pour Philippe Laurent, personnalité connue et reconnue du monde des collectivités qui a perdu son « ultime combat », le « combat » de sa « vie », selon ses mots durant la campagne. Dans une lettre à ses soutiens : il s’en prend, une fois encore, au camp d’en face : « Obtenir près de 40 % des voix est plutôt un bon résultat, compte tenu de la disproportion des moyens engagés ». Philippe Laurent accuse « la direction de l’AMF » d’avoir passé sa candidature par pertes et profits, laissant croire que David Lisnard était seul en lice. C’est cela qui, à ses yeux, « explique probablement la faible participation ». Il fait feu, au passage, sur David Lisnard « opportunément mis en valeur par la presse nationale et les appareils partisans ». Et Philippe Laurent de pointer le risque que l’AMF « se banalise et devienne une simple chambre d’opposition ».

Cet article fait partie du Dossier

Congrès des maires 2021 : changement d’ère à l’AMF

Sommaire du dossier

  1. Ce qu’il faut retenir du congrès des maires 2021
  2. Emmanuel Macron dit leurs quatre vérités aux maires
  3. David Lisnard, la tête et les jambes
  4. David Lisnard, premier maire de France
  5. Les finances au cœur des batailles entre l’Etat et les collectivités
  6. Un président qui reste clivant
  7. Autonomie fiscale : les maires plus nuancés que leur association
  8. Ces villes qui font le choix de la démocratie participative
  9. Climat : de la théorie à la pratique
  10. Présidentielle : « Parrainer, ça fait partie du job de maire »
  11. Les territoires ruraux toujours en attente d’un Etat accompagnateur
  12. La bataille des maires
  13. Les maires relancent la guerre des chiffres sur le bilan de la crise
  14. L’Unccas demande des augmentations de salaires pour ses aides à domicile
  15. Inclusion numérique : les élus locaux réclament la pérennisation des moyens
  16. La calinothérapie laisse les maires sur leur faim
  17. Le contribuable local, une espèce en voie de disparition
  18. Les petites communes épargnées par la chute de la participation
  19. Maires et habitants, histoire d’un désamour
  20. Le ras-le-bol des maires agressés
  21. Rémi Lefebvre : « Les maires cachent l’abstention sous le tapis »
  22. Des barons locaux aux adeptes de la « gouvernance partagée »
  23. Campagne à l’AMF : Gérard Larcher descend dans l’arène
  24. Les maires refusent d’être « les sous-traitants de l’État »
  25. Duel annoncé pour la présidence de l’AMF
  26. David Lisnard : « L’Etat impose aux maires une bureaucratie terrifiante »
  27. Philippe Laurent : « L’AMF n’est pas la chasse gardée des partis »
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Ce qu’il faut retenir du congrès des maires 2021

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HERMES

24/11/2021 09h06

Je me demande comment M. Lisnard peut se satisfaire de cette victoire à la Pyrrhus?

En fait, ce dernier n’est élu qu’avec environ 20% des électeurs inscrits??? En un mot, il ne représente qu’une minorité. Mais notre système est ainsi fait que même avec une forte abstention, celui qui arrive premier rafle toute la mise.
J’ai déjà eu l’occasion de dire qu’il fallait changer le mode de scrutin en donnant à chaque liste un nombre de sièges proportionnel au nombre de votes exprimés en en répartissant les abstentions de manière égalitaire entre les listes. Le dernier siège étant donné à la liste ayant le moins de voix.

Cette solution à un tour pourrait s’appliquer également aux élections locales comme les municipales et les régionales bien entendu avec une représentativité des listes qui devraient obtenir un score minimum (pourquoi pas 10% des suffrages exprimés?).
Ce principe n’a jamais été mis en place. Qui sait, il pourrait peut-être ramener une partie de la population vers les urnes?

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