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Cadres territoriaux

50 nuances de DG

Publié le 24/11/2021 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : France

Equipe-essor
Bizvector / AdobeStock
Les directeurs généraux sont-ils formatés ? La Gazette a posé la question à des directeurs généraux des services de tous horizons. Si le DGS du Grand Avignon, Alain Cluzet répond par la positive, la plupart de ses collègues vantent, tout au contraire, les capacités d’adaptation de la profession. Morceaux choisis.

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EN PARTENARIAT AVEC sponsor du dossier 50 nuances de DG

Alain Cluzet (1) : « Le règne des ratios comptables »

CLUZET_Alain

« Les méthodes standardisées des cabinets de consulting imprègnent les groupes privés, comme le secteur public. C’est particulièrement le cas à la tête des services des grandes structures créées par la réforme terri­toriale : les nouvelles régions fusionnées, mais aussi les métropoles. On voit d’ailleurs des consultants devenir directeurs généraux dans ces grosses collectivités.

Le bon directeur général est ­devenu un gestionnaire qui applique des ratios comptables tout droit sortis de tableurs Excel. Il se soumet à la contrainte croissante du droit qui normalise tout. La sensibilité aux spéci­ficités territoriales est moins forte qu’elle n’a pu l’être par le passé. La géographie, mais aussi les humanités au sens le plus large du terme ont tendance à être effacées de la formation de l’ensemble des cadres de la fonction publique.

Un futur directeur général débute souvent comme chargé de mission dans une direction générale. Il ne se frotte pas à la diversité des métiers de la fonction publique territoriale et a tendance à s’aligner sur ce que font les administrations centrales. Après quarante ans de décentralisation, c’est malheureux que certains se considèrent toujours comme des fonctionnaires de rang B, encore et toujours derrière l’Etat ! »

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Marie-Claude Sivagnananam (2) : « Nous ne sommes pas tous des monomaniaques de l’épargne brute »

sivagnanam marie claude

« Quand j’étais à l’Inet, le New Public Management était très en vogue. On nous parlait beaucoup de rationalité de la dépense publique. Pour autant, nous ne sommes pas tous des monomaniaques de l’épargne brute ! Comme beaucoup de mes anciens camarades, je ne suis pas passée par la case directrice générale adjointe chargée des finances pour devenir directrice générale des services [DGS].

Si nos élus nous demandent de bien tenir les cordons de la bourse, ils considèrent aussi que la performance n’est pas seulement budgétaire, mais aussi sociale. Les questions managériales sont devenues centrales dans notre métier. Elles occupent d’ailleurs de plus en plus de place dans les enseignements à l’Inet, et c’est heureux. En définitive, il y a autant de manières d’exercer le métier que de DG. Tout dépend de la personnalité de chacun, de son intelligence émotionnelle. Ces éléments-là sont majeurs pour diriger une équipe aux compétences très variées, car personne ne peut être spécialiste à la fois des finances, du management et des grands projets urbains.

Mais une chose est sûre : quand on est DGS, il faut avoir une appétence pour la politique. Un DG ne peut pas être un techno. Les enjeux de pouvoir, il faut les maîtriser. Je ne me verrais pas travailler pour celle ou celui qui a battu mon élu. Aller à l’Etat ne correspond pas trop à mon état d’esprit. Je suis une militante de la fonction publique territoriale. Il y a un peu de contradiction à tenir un discours décentralisateur et à rechercher la reconnaissance de l’Etat. »

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Emilie Agnoux (3) : « En finir avec le prêt-à-penser managérial »

EMILIE AGNOUX

« Il est certain que nous avons importé des méthodes du privé, comme si nos collectivités avaient des valeurs comparables et comme si ces méthodes apportaient une réelle performance économique, sociale, démocratique et écologique. Cela est particulièrement vrai des indicateurs de pilotage des organisations qui offrent une vision partielle et biaisée de la réalité.

Il est sans doute temps de faire davantage de place à des administrations à visage humain, au sensible, à l’écoute, à la diversité des profils et parcours, mais surtout de revoir les formations. Il est aussi temps d’en finir avec le prêt-à-penser managérial, les démarches « marketing » qui brillent à l’extérieur et finalement se ressemblent toutes. Je crois beaucoup en la capacité transformatrice de certaines expériences.

Cela passe bien sûr par l’art, la lecture, les rencontres, la confrontation à l’altérité, des postures d’ouverture, de débat démocratique, de capacité à mettre à distance ses certitudes, à être dans plus d’humilité (et donc à rompre avec la représentation du leader omniscient qui assoit sa position de pouvoir sur son expertise, ses diplômes, son capital culturel…). Peu importe le profil, le parcours, la formation, l’enjeu est bien, selon moi, cette posture qui demande des qualités de départ, mais surtout une volonté de changement. »

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Fabien Fabbri (4) : « Le mythe du DG enfermé dans sa tour d’ivoire est dépassé »

INET Fabien Fabbri

« La “gestionnite”, qui se caractérise par l’accès privilégié des directeurs adjoints chargés des finances aux postes de directeur général des services, a toujours cours. Mais les équipes nous attendent, avant tout, sur l’incarnation et le portage du management. Transformer une organisation et un territoire réclame du temps.

Pour avancer, on doit souvent d’abord se tromper, mais aussi aller vers les citoyens. Pour moi qui ai été adjoint au maire et revendique un parcours de DG engagé, c’est un processus naturel. Les habitants ont une expertise d’usage qui peut beaucoup nous apporter. Le mythe du DG enfermé dans sa tour d’ivoire n’est plus un modèle dominant. »

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Yvonic Ramis (5) : « Les DG ne sont pas de simples garants de la conformité technico-règlementaire »

PORTRAIT

« Loin d’être des simples garants de la conformité technico-règlementaire, les DG de communauté sont aussi des animateurs-développeurs au service de la dynamique de leur territoire. Ils sont des managers de projet qui coordonnent des groupes d’élus. Ils doivent maintenant prendre à bras de corps la question de la relation avec les citoyens. C’est quelque chose que l’on apprend dans les petites communes où on a l’habitant dans son bureau.

Dans ces collectivités, il n’y a d’ailleurs pas d’effet de corps parmi les cadres territoriaux comme dans les plus grosses structures. Mais le risque du formatage peut exister partout. On voit par exemple des DGS de collectivités de toute taille vouloir faire ce qu’ont réussi Angers et Dijon en matière de smart city. Il en est de même en ce qui concerne les énergies renouvelables et le photovoltaïque, où peu de professionnels ont mis ces politiques en balance avec la consommation des terres agricoles qu’elles entrainent.

De manière générale, nous sommes peu ou pas acculturé à la relation avec les habitants. Le DG est formé pour animer des réunions de service, pas pour entretenir la flamme citoyenne. Participer à la vie de la cité lui demande de se faire violence. »

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Jacques Marsaud (6) : « Un peu inquiet de l’évolution des administrateurs territoriaux »

jacques marsaud

« Les directeurs généraux des services ont été nommés à leur poste précisément parce qu’ils ne sont pas formatés et avaient su montrer, auparavant, leurs capacités d’adaptation. A l’INET, les futurs DG passent la majorité de leur scolarité dans des stages pratiques. Il est important, par exemple, de faire un passage au guichet des services publics, comme les ingénieurs faisaient des stages ouvriers.

Cela n’empêche pas totalement le risque de formatage chez les des administrateurs territoriaux qui cherchent avant tout à se rapprocher de l’Etat. Je suis un peu inquiet de cette évolution. Autant on s’est battu, dans ma génération, pour qu’il y ait des passerelles, autant nous n’avons jamais considéré que finir préfet était le nec plus ultra. »

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Mathieu Chartron (7) : « Le mot « gestion » n’est pas un gros mot »

chartron

« Le mot “gestion” n’est pas un gros mot. L’idée de reprendre des recettes qui ont fait leurs preuves dans le privé ou du côté de l’Etat n’est peut-être pas complè­tement idiote. Comme les entreprises, nous avons mis en place des normes de qualité. Nous avons largement dépassé la simple gestion de la paie et de la carrière des agents.

Grâce au cycle de management de l’Institut national des études territoriales, j’ai davantage pris conscience de mouvements de fond, comme la smart city et la digitalisation. »

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Nathalie Mas-Raval (8) : « Les ingénieurs ont les mains dans le cambouis »

Isabelle Mas-Raval

« Issue de l’école des ingénieurs de la ville de Paris, j’ai d’abord construit des gymnases et des bâtiments publics dans la capitale avant de devenir directrice des services techniques de Narbonne. Mon profil actuel de DGS est donc atypique. Je suis une technicienne parmi des administratifs.

Les ingénieurs ont les mains dans le cambouis. On est au milieu des équipes. On parle le même langage. Au jury des ingénieurs en chef, les candidats qui préfèrent une novlangue ­formatée à base de “résilience”, de “coconstruction” et d’“agilité” ne sont pas forcément très bien vus… Nous ne retenons pas les postulants qui, en cas de feu de forêt ou d’inondation, disent qu’ils vont monter une cellule de crise, oubliant de prévenir au préalable les élus qui sont pénalement responsables…

De manière générale, je crois beaucoup au mouvement entre les différentes fonctions publiques. Il y a en effet un risque que la fonction de DGS n’attire plus. Nous sommes sur un siège éjectable. Nous n’avons pas de parachute doré en cas de départ. Il faut donner un nouvel élan à nos postes d’A+. La réforme de la haute-fonction publique est une bonne chose. »

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Cet article est en relation avec le dossier

Thèmes abordés

Notes

Note 01 Directeur général des services du Grand Avignon Retour au texte

Note 02 DGS de Cergy-Pontoise (Val d'Oise Retour au texte

Note 03 Directrice générale adjointe de l’Etablissement public territorial de Grand Paris Sud Est Avenir, Val-de-Marne Retour au texte

Note 04 DGS de Villejuif, Val-de-Marne Retour au texte

Note 05 DGS de la ville et de la communauté d’agglomération de Moulins (Allier) et président de l’ADGCF Retour au texte

Note 06 Ancien DGS de Saint-Denis et formateur à l’INET Retour au texte

Note 07 DGS du conseil départemental de l’Yonne Retour au texte

Note 08 DGS de la communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup, Hérault Retour au texte

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