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[Interview]

« L’agriculture urbaine doit être pensée sur le temps long »

Publié le 01/12/2021 • Par Arthur Devriendt • dans : actus experts technique, France

Flaminia Paddeu
Astrid di Crollalanza
L’agriculture urbaine, une simple mode ? Dans son nouvel ouvrage « Sous les pavés, la terre », la géographe Flaminia Paddeu revient sur la profondeur historique de ce mouvement et sur les pistes pour le renforcer.

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Dans le passé, l’agriculture a marqué le paysage des villes. Puis elle a disparu. Pourquoi ?

Dans la première moitié du XIXe siècle, il y avait, autour de Paris, une ceinture verte et une marqueterie dans le paysage urbain qui donnaient une place très importante à des potagers individuels et à des maraîchers extrêmement prolifiques. Trois processus expliquent leur disparition. L’industrialisation, qui a fait des villes des lieux de production industrielle importants. L’urbanisation, qui a vu les terres maraîchères comme des réserves foncières. Et une modernisation de l’agriculture, avec des productions concurrentes de ces maraîchers ailleurs en France et dans le monde.

La crise du Covid-19 rappelle-t-elle l’importance d’enjeux comme celui de l’autosuffisance alimentaire ?

Souvent, les périodes de crise viennent rappeler la « rupture métabolique » entre villes et campagnes et l’importance d’avoir une autonomie alimentaire. Un rapport de l’association ­Utopies de 2017 montre qu’en moyenne, en France, les aires urbaines ont seulement 2 % d’autonomie alimentaire. Ce qui est extrêmement faible. Pourtant, grâce à certaines expérimentations, on sait dans quelle direction aller pour augmenter cette autonomie. Par exemple, à Détroit, une ferme urbaine compte une petite dizaine de parcelles en agriculture biologique, permettant de distribuer gratuitement 2 000 repas par jour.

Quel rôle pourrait alors être confié à l’agriculture urbaine ?

Je défends un système alimentaire à plusieurs échelles. A celle du quartier, on peut avoir une production potagère dans les jardins domestiques et collectifs. A l’échelle de la commune, des espaces maraîchers plus importants et densément plantés grâce à la permaculture. Dans le péri­urbain, des fermes agroécologiques, complémentaires du maraîchage. L’association du maïs, des haricots et des courges peut y être intéressante car ces espèces se protègent entre elles et sont protéinées, ce qui permet de réduire la consommation de viande. Au-delà, on peut imaginer des liens avec des formes rurales alternatives, comme les paysans-boulangers ou les néobrasseries.

Mais l’agriculture peut-elle réellement s’épanouir en ville ?

Ce qui est compliqué, c’est que l’on a des sols toxiques, pollués, qu’il faut débitumer, etc. La ville apporte des contraintes qui demandent beaucoup d’inventivité pour s’en défaire. Mais ce qui m’a surprise, c’est de voir que certains trouvent refuge dans ces espaces contraignants. Ce n’est pas toujours facile, pour ceux qui veulent se lancer dans l’­agriculture sur un mode alternatif, de s’y faire une place. Pour certains, la ville est paradoxalement un terrain d’expé­rimentations assez libre, sans contrainte de labels ou impératifs de productivité.

Qui pratique l’agriculture urbaine aujourd’hui ?

Il est très difficile de dresser un portrait-robot. On a la partie émergée de l’iceberg avec les jardins partagés des jeunes actifs de centre-ville, ou l’agriculture urbaine sur les toits commencée par des start-up. Mais on a des formes d’agri­culture urbaine plus discrètes, comme celles de personnes en grande précarité, des migrants ou des familles roms. On trouve aussi les jardins ouvriers, dont on a reparlé récemment avec le cas d’­Aubervilliers, où plane la menace d’un projet de piscine-solarium en lien avec les JO 2024. Les pratiquants de l’agriculture urbaine sont très variés et ne défendent pas tous les mêmes modèles.

Comment se matérialise le soutien des villes à l’agriculture urbaine ?

On est passé d’un modèle de financement récurrent à une machinerie de l’appel à projets où l’on doit sans cesse justifier de chaque initiative. Cela crée une situation de compétition exacerbée pour les financements, qui profite aux acteurs les plus établis. Par ailleurs, on entend beaucoup parler de l’urbanisme transitoire comme d’une nouvelle manière d’aménager la ville. L’agriculture urbaine a été complètement capturée par ce mécanisme qui permet un accès temporaire au foncier. Mais si l’on veut une réelle autonomie et autosubsistance des villes, on ne peut pas rester dans un système éphémère d’occupation des sols. L’agriculture doit être pensée sur le temps long.

A quoi pourrait ressembler, dès lors, le « droit à la terre en ville » que vous défendez ?

Il s’agit du droit à pouvoir accéder à la terre pour façonner des espaces agricoles urbains qui apportent à la fois une sécurité foncière, un contact avec le vivant cultivé et la possibilité vivrière. Cela implique notamment un plus grand contrôle des habitants sur le marché foncier et des initiatives pour transformer le droit foncier. Il existe déjà des outils, comme le droit de préemption ou les baux emphytéotiques, mais je pense qu’il y a là, pour les spécialistes du droit de l’urbanisme, un nouveau champ de réflexion à développer pour inventer des outils juridiques qui puissent permettre de produire des agricultures urbaines de résistance, de subsistance et de ­persistance.

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Commentaires

« L’agriculture urbaine doit être pensée sur le temps long »

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CBéli

15/12/2021 04h49

Une belle ouverture sur les différentes façons de pratiquer l’agriculture urbaine. Merci !

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