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Autonomie

Des colocataires porteurs d’un handicap vivent dans leur appartement, proche d’un foyer

Publié le 26/11/2021 • Par Alexandra Caccivio • dans : France, Innovations et Territoires

L'entrée dans un appartement
MyCreative / Adobestock
L’Adapei promeut, pour les personnes handicapées, la plus grande autonomie possible et, quand la situation le permet, l’autodétermination. Les personnes qui ont vécu longtemps en structure d’accueil, notamment les plus âgées, aspirent souvent à une autre vie, chez elles, plutôt qu’en foyer. A Saint-Andelain, l’Adapei 58 a créé une antenne du foyer : un appartement autonome où vivent trois résidents qui apprennent peu à peu à se prendre en charge.

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[Saint-Andelain, Nièvre, 580 hab.]

Jocelyne et ­Philippe ont quitté leur foyer de vie Le Clos, géré par l’Association départementale des amis et parents de personnes handicapées mentales de la ­Nièvre (Adapei 58), le 1er décembre 2020. A l’aube de leurs 60 ans, ils ne vivent plus en collectivité, mais dans « leur » appartement. Ce logement est la propriété de la commune de Saint-Andelain, à qui l’Adapei loue ce qu’elle considère comme « une antenne » du foyer.

Cette initiative s’apparente à l’­habitat inclusif que la Caisse nationale de solidarité pour ­l’autonomie souhaite développer, souligne ­Thierry Le Goaziou, directeur général de l’Adapei 58. Même si les résidents ne paient pas leur loyer – acquitté par l’Adapei 58 –, ils ont été moteurs dans le projet. ­Jocelyne, avant d’arriver au foyer, vivait dans une maison. Elle en parlait souvent, elle en avait la nostalgie. ­Philippe, lui, a longtemps travaillé en établissements ou services d’aide par le travail (Esat), où il a développé une certaine autonomie qui lui manquait.

L’initiative répond au projet associatif de l’Adapei : « inclusion, ouverture et lien social ». « Il y a un surcoût, mais il est assez faible. Il est financé avec l’enveloppe dont nous disposons dans le cadre du contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens signé avec le département », précise ­Thierry Le Goaziou.

Un système d’appel si besoin

Avant de « bloquer » le logement pour ­Jocelyne et ­Philippe, l’Adapei 58 leur a toutefois proposé de « faire un essai pour voir s’ils pouvaient vivre ensemble », raconte le directeur. Neuf mois plus tard, le bilan positif a fini de convaincre ­Sophie, qui les a rejoints en septembre. Aujourd’hui, les trois colocataires vivent dans l’appartement communal seuls.

L’autonomie est « toute relative », relève ­Lucile ­Ribet, ­directrice du pôle « habitat et accompagnement social » à l’Adapei de la ­Nièvre, dans la mesure où « l’appartement est à 200 mètres du foyer ». « Un système a été installé qui permet aux résidents de nous appeler s’il y a un souci. Cela fonctionne un peu comme la téléalarme. Ils tombent soit sur la secrétaire, soit sur le téléphone d’astreinte. Mais, depuis le 1er décembre, nous n’avons reçu aucun appel. »

« Différents modèles cohabitent à l’­Adapei 58, indique ­Thierry Le Goaziou. Ils dépendent du profil des personnes. » A ­Nevers, un permanent est attaché au logement afin d’accompagner au quotidien une demi-douzaine de personnes autistes. A Saint-­Andelain, « le modèle est différent, parce qu’il s’adresse à des personnes plus autonomes. »

En autogestion au maximum

Dans leur appartement, ­Jocelyne, ­Philippe et ­Sophie « dorment seuls, prennent leur petit-déjeuner seuls, viennent le matin à pied au foyer pour participer à des activités ou à des sorties », décrit ­Lucile ­Ribet. L’après-midi, « ils font ce qu’ils veulent, jusqu’au soir où ils dînent seuls ». Les seize éducateurs attachés au foyer de vie se relaient pour passer les voir mais cela ne représente que peu d’heures dans la semaine.

« Leur projet de vie, c’est de travailler leur autonomie et leur inclusion, détaille ­Lucile ­Ribet. Ils s’­autogèrent donc le plus possible. » Aucun des trois colocataires ne sait lire. Des affiches ont été créées avec eux afin qu’ils se repèrent quand ils veulent laver leur linge ou faire le ménage. « Les éducateurs sont bluffés. Beaucoup avaient des craintes mais les résidents leur ont prouvé qu’ils étaient capables de bien plus de choses qu’on ne l’imaginait. Par exemple, depuis la fin de l’été, ils mangent seuls le midi », après avoir récupéré un plateau-repas au foyer.

Le personnel qui les accompagne pour faire les courses organise à l’appartement des séances de cuisine afin qu’ils apprennent, petit à petit, à faire à manger. « Nous y allons progressivement mais, peu à peu, les lignes bougent », se félicite ­Lucile ­Ribet.

De la confiance en soi

Les résidents, eux, « ne reviendraient pour rien au monde dans une structure collective », ajoute-t-elle. « Ils se disent ici chez eux, ce qui n’était pas le cas avant, observe-t-elle. Une des résidentes ose ­maintenant dire ce qu’elle veut. Elle a retrouvé de la confiance en elle. » Pourtant, quand l’­Adapei 58 a lancé un appel à candidatures au sein du foyer, le projet a fait peur à la majorité des résidents, « surtout aux plus jeunes ».

« Aujourd’hui, on pourrait facilement multiplier par deux ou trois le nombre de colocataires parce que beaucoup aimeraient suivre ce chemin, constate Lucile ­Ribet. Notamment des personnes qui sont en structure collective depuis une trentaine d’années. Mais aussi un jeune que cet exemple a fait bouger dans ses r­eprésentations. »

Contact : Lucile Ribet, directrice du pôle « habitat et accompagnement social » à l’Adapei de la Nièvre, l.ribet@adapei58.org.

« Le projet donne des perspectives, c’est positif »

Corinne CharbonnierCorinne Charbonnier, présidente de l’Adapei 58, représentante des familles

« L’Adapei est une association parentale. Les familles ont un rôle central dans les décisions prises en conseil d’administration. Ce projet répond à deux de leurs problématiques. L’acceptation du handicap dans la ville, d’abord. Ici, c’est assez fort en termes de symbole, les résidents sont à côté de la mairie et de l’école. La façon dont les familles peuvent gérer la frustration de leurs enfants, ensuite : ils sont souvent forcés à vivre toute leur vie dans un foyer, parce que ça arrange tout le monde, alors qu’ils ont des aspirations et des envies. Les projets comme celui-ci permettent de donner des perspectives, c’est positif, mais ils sont encore méconnus. Et le retard est tel qu’il est irrattrapable… »

« Il est agréable de voir les résidents se promener »

Nathalie LiebardNathalie Liebard, maire de Saint-Andelain

« L’Adapei cherchait un logement pour son projet. Fin 2019, le logement communal s’est libéré, ça a été une opportunité pour réfléchir ensemble à ce projet. D’autant plus que l’appartement est vraiment à proximité du foyer. Nous avons réalisé quelques petits travaux pour remplacer la baignoire par une douche à l’italienne et installer une rampe dans l’­escalier. Nous avons également, bien sûr, refait les peintures, mais c’est l’Adapei qui a pris en charge l’ameublement, la cuisine équipée et la décoration, choisie par les résidents, en particulier. Aujourd’hui, c’est agréable de voir la maison vivre, les résidents se promener dans le bourg. Et, comme la mairie est tout à côté, si besoin, on peut intervenir. »

« Aller plus loin dans la responsabilisation »

Marie JacquetMarie Jacquet, cheffe de projet à la conférence des financeurs de l’habitat inclusif (conseil départemental de la Nièvre)

« Jusqu’à maintenant, nous avons financé les structures, comme l’­Adapei, sur appel à projets dans le cadre de la conférence des financeurs de l’habitat inclusif. Ce n’est pas le cas à Saint-­Andelain, mais ça l’est sur un autre de ses projets. Demain, le mode de financement sera différent, avec une aide à la vie partagée qui est un droit individuel. La logique est d’aller plus loin encore dans la responsabilisation de l’individu. Si les projets émergent des personnes ou des familles, on peut espérer que ce type d’initiatives se multipliera. D’ailleurs, certains sont déjà en train d’émerger, parfois en lien avec le programme Petites villes de demain pour redynamiser les centres bourgs. »

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