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Politiques éducatives

Mixité sociale dans les collèges : la « réussite » du dispositif de Haute-Garonne

Publié le 16/11/2021 • Par Malika Butzbach • dans : Actu Education et Vie scolaire

Des collégiens
D. Tadevosian / AdobeStock
Le Conseil départemental de la Haute-Garonne a pris la décision de réaffecter plus de 1000 collégiens scolarisés en REP+ dans 11 collèges socialement favorisés, en les accompagnant. Les résultats -positifs - de cette expérimentation ont été présentés le 6 octobre dernier.

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« La mixité sociale est à la fois un gage de réussite scolaire et d’égalité des chances », répète haut et fort George Méric. Le président du Conseil départemental de Haute-Garonne, présentait mercredi 6 octobre le bilan de son dispositif mis en place quatre ans plus tôt. « Une réussite », affirme l’élu socialiste qui pourrait se généraliser dans d’autres départements.

 Impulsé au 2017 par le conseil départemental, ce dispositif concerne cinq collèges classés réseau éducation prioritaire (REP +) établis dans le Mirail, un secteur marqué par une forte ségrégation urbaine et donc scolaire. Au total, 1 140 élèves, qui devaient initialement être scolarisés de la 6e à la 3e dans ces collèges REP ont été réaffectés dans 11 établissements favorisés de l’agglomération de Toulouse. Ces élèves « n’ont pas été choisis selon des critères de revenus ou ethniques, précise Mathieu Sieye, directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) de la Haute-Garonne. Ils viennent des écoles primaires des quartiers concernés et sont dispatchés en “cohortes” vers le centre-ville. »

Pour mettre au point ce dispositif, plus de 1 000 personnes ont été écoutées durant six mois. « Pour convaincre tout le monde, nous avons fait 130 réunions dont 80 au Mirail, retrace George Méric. Il y a eu des discussions assez musclées mais cela a permis une évolution du projet. Aujourd’hui, 95 % des familles d’élèves sont satisfaites de ce dispositif. »

 Un meilleur taux de réussite au brevet

Quatre ans après, les résultats « sont positifs », se félicite Mathieu Sieye en se fondant sur le taux de réussite au brevet des élèves issus de la première cohorte, qui ont terminé leur scolarité au collège. Parmi les élèves ayant bénéficié de ce dispositif, 63% ont obtenu leur diplôme à la fin de la troisième. Ces élèves devaient initialement rejoindre le collège Badiou en Rep, collège qui affiche 50% de réussite au Brevet selon les statistiques de l’établissement. Près d’un tiers d’entre eux ont même obtenu une moyenne supérieure à 12/20, alors qu’ils représentaient moins de 5 % des élèves de 3e du collège Badiou les années précédentes. « C’est souvent le contrôle continu qui a pénalisé les élèves qui ont échoué puisque le niveau d’exigence et d’excellence des collèges d’accueil est plus important et diffère en fonction des établissements », relève le Dasen. D’autant que les statistiques de réussite au brevet des élèves initialement scolarisés dans les collèges d’accueil n’ont pas baissé. « Ce qui montre que la mixité favorise la réussite scolaire de tous, et ne se fait pas au détriment de certains », souligne le président du département.

 En termes d’orientation, seuls 3 % des élèves de cette cohorte ont redoublé. La grande majorité (94%) suit, depuis la rentrée, les cours du lycée. Parmi eux, un tiers est scolarisé en filière professionnelle et 7 % en Certificat d’aptitude professionnelle (CAP). « On constate qu’ils ont tous obtenu leur premier vœu, c’est donc une orientation choisie » insiste Mathieu Sieye. Il y a également un fort taux d’acceptation en seconde générale et technologique où plus de la moitié (52%) des enfants réaffectés est dorénavant inscrite. Si ce chiffre se situe en deçà de la moyenne départementale, il est cependant supérieur à ce que l’on peut observer dans les établissements REP+ de Haute-Garonne, souligne le Dasen. « Quatre élèves sur cinq ont fait le choix d’aller dans le lycée dont dépendait leur établissement d’accueil », note George Méric qui y voit « le signe d’un sentiment d’appartenance à leur collège ».

 Un partenariat important avec l’Éducation nationale

Le budget de ce dispositif est conséquent : « nous avons mis les moyens pour équilibrer les chances de tous les élèves », souligne George Méric. En tout, 56 millions d’euros ont été dépensés par le conseil départemental pour ce dispositif, dont 900 000 pour les mesures d’accompagnement des élèves réaffectés. En premier lieu, dix-sept navettes directes et gratuites ont été mises en place pour des élèves qui n’étaient pas forcément habitués à franchir la rocade. « Le temps de transport scolaire de ces jeunes est d’environ 35 minutes, soit la moyenne en Haute-Garonne, affirme le président du conseil départemental. C’est autre chose que traverser la rue pour aller dans un collège délabré et ghettoïsé. » Des associations ont été subventionnées pour prendre en charge l’accompagnement social et scolaire de ces élèves, notamment sur les temps périscolaires et pour l’aide aux devoirs.

 Des postes supplémentaires

L’Éducation nationale, premier partenaire du dispositif, a également déployé des moyens supplémentaires. Notamment en mettant davantage de postes dans les lycées d’accueil pour limiter les classes de 6e à 25 élèves. « C’est une des mesures phares qui a permis l’adhésion des établissements d’accueil à ce projet », qui était aussi fondé sur leur volontariat, affirme Mathieu Sieye. En outre, six postes de « maître mixité », des professeurs des écoles chargés de la liaison entre le 1er et le 2nd degré, ainsi qu’un professeur référent « mixité » dans chaque établissement d’accueil ont été mis en place. Enfin, des formations spécifiques sur les questions pédagogiques de mixité sociale et de différence de niveaux ont été proposées aux enseignants de ces collèges dans le cadre de leur formation continue. « Ce partenariat fut un atout déterminant », souligne George Méric qui estime que la mobilisation de l’Éducation nationale montre que la question de la mixité sociale concerne l’ensemble des institutions.

Sur le long terme, ce dispositif comporte un important volet immobilier : sur les cinq collèges de REP+ ciblés par le dispositif, deux ont été détruits et reconstruits, avec une réouverture prévue à la rentrée 2022 pour accueillir 720 élèves. Leur emplacement a été un peu modifié : ils seront « en frange de quartier, afin de pouvoir procéder à une sectorisation qui permet un équilibre social dans les effectifs », indique Georges Méric. Ces deux nouveaux établissements bénéficierons de contenus pédagogiques « structurants et ambitieux » : alors que le collège Saint-Simon sera orienté vers le spectacle vivant, le collège Guilhermy aura une « coloration pédagogique autour de l’image ». Les trois autres établissements initiaux ont fait l’objet de travaux de rénovation pour « encourager le retour des populations plus favorisées ».

 Un chantier sur le long terme

Le conseil départemental va poursuivre « sa conquête de la mixité sociale », annonce son président. À côté de ce dispositif, depuis janvier 2019, une incitation financière pour favoriser la mixité sociale dans les collèges a été mise en place à l’échelle du département à travers la dotation de fonctionnement. Dédiée au financement de projet éducatif et distribuée par le département, cette dotation qui s’établissait autour de 50 € par élève, est modulée selon le taux de mixité sociale de l’établissement (entre 22€ et 70€ par élève). Cette incitation, sous la forme de bonus/malus, se base sur le taux moyen de mixité sociale dans les collèges du département (35 %) en prenant également en compte la configuration sociologique du secteur d’implantation des établissements. L’objectif étant, à terme, de favoriser l’équilibre social dans les 118 collèges publics et privés du territoire.

Bilan

Qu’en est-il un an et demi après son instauration ? Les chiffres ont peu évolué dans les collèges publics : sur les 95 établissements, 56 ont bénéficié d’un bonus, car ils arrivaient déjà à un taux de mixité sociale supérieur à 25 %. Concernant les collèges privés, une légère amélioration se constate : alors que 16 établissements avaient obtenu un malus en 2019, ils étaient 13 en 2021. Mais la différence entre le secteur public et privé demeure importante sur ces chiffres de mixité.

 Plus largement, une réflexion s’engage pour mettre en place une nouvelle carte scolaire pour la prochaine rentrée. Le 11 octobre, une consultation citoyenne a été lancée sur le sujet, le rendez-vous est pris pour dans 3 mois, lorsque cette nouvelle carte sera dévoilée. D’autant que le département doit également livrer vingt collèges d’ici 2027.« Si nous avons des schémas de principe pour cette carte, il n’y en a pas de schémas définitifs », tient à préciser George Méric. Alors que le taux d’évitement de la carte scolaire s’établit autour de 60 % dans l’agglomération, ce chantier revêt une dimension importante. « Si nous constatons l’échec de cette nouvelle carte, nous reviendrons au dispositif de réaffectation, prévient le président uconseil départemental. Il nous faut rester vigilants sur cette cause. La mixité sociale, c’est faire vivre la République, ses principes et ses valeurs. »

 L’avis de l’expert

« Un modèle des politiques de mixité sociale scolaire »

Etienne Butzbach, référent mixite à l’école pour le Centre national d’étude des systèmes scolaires (Cnesco).

« Ce dispositif est un laboratoire et un véritable modèle des politiques de mixité sociale scolaire. On peut notamment souligner son ampleur car il a touché  plus de 1 000 collégiens issus d’établissements défavorisés et 6 000 issus d’établissements socialement favorisés. Le partenariat soutenu avec l’éducation nationale et le dialogue « constant » avec les acteurs ont favorisé son inscription dans un temps long. Il faut également souligner la mobilisation de l’administration départementale et la montée en compétences du service éducation. Quand on met des élèves dans un milieu stimulant, on arrive à des effets importants. Trop souvent on aborde la question de la mixité par petites touches avec la sectorisation et le jeu des options. Or, l’une des forces du dispositif tient à son caractère multidimensionnel et dans le fait que des écoles entières aient été resectorisées C’est une démarche collective de longue haleine pour faire bouger les représentations »

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