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Prévention

Gestion de crise : les outils numériques à la rescousse

Publié le 15/11/2021 • Par Baptiste Cessieux • dans : France, Innovations et Territoires

Finance and innovation concept
peshkova/Adobestock
La gestion de crise utilise encore peu de dispositifs numériques. Ils permettent pourtant des réactions plus précises et une réduction des coûts. Capteurs et appels automatisés sont les briques les plus visibles du numérique dans la gestion de crise, accompagnés d’outils d’aide à la décision et de réseaux de discussion. En cas de crise, le maire porte la responsabilité de la réaction. Entre lui et la préfecture, toutes les parties prenantes dans cette situa-tion ont un intérêt au numérique.

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Le 14 septembre, à 6 h 30, ­Philippe ­Gras, maire de ­Codognan (2 400 hab.), dans le ­Gard, reçoit un SMS de la préfecture signalant une alerte orange pour un risque d’inondation. Au même moment, un autre SMS, de son prestataire ­Predict, filiale d’­Airbus, BRL et ­Météo ­France lui indique : « Soyez vigilant, risque de ruissellement. » Trois heures plus tard, à 9 h 12, un nouveau SMS du prestataire l’informe d’un risque d’inondation accru. Les choses se précisent à 10 h 08, toujours par texto, « orage intense sur votre secteur, mettez en place vos mesures de sauvegarde ». A 11 h 30, un palier supplémentaire est franchi : un message pronostique une inondation importante et préconise la mise en place de mesures de sauvegarde renforcées.

Des référents sur Whatsapp et Telegram

« A partir de ce moment, il est tombé 250 millimètres d’eau en deux heures, se souvient ­Philippe ­Gras. Nous n’avons jamais eu un débit aussi soudain. Vers 13 heures, 13 h 30, le ­Rhôny commençait à passer au-dessus de sa digue. Nous avions déjà contacté et ­évacué les biens et les personnes qui devaient l’être, mais ce qui nous a vraiment rassurés, c’est le SMS reçu un peu avant le débordement, indiquant la décrue à 13 h 30. »

Toutes ces informations sont doublées d’une assistance téléphonique qui permet aux gens sur le terrain de faire remonter des renseignements. « Je ne suis pas météorologue, pointe le maire. Je veux savoir ce qu’il faut faire, pas comprendre au fur et à mesure la situation. ­Predict a été très précis et cela nous permet de nous concentrer sur la mise en place de mesures de crise. »

Plus au Sud dans le ­Gard, à ­Vauvert (11 600 hab.), on utilise aussi l’outil de la filiale de ­Météo ­France. « Cela coûte 4 000 euros par an et c’est pleinement justifié », plaide la directrice générale des services (DGS) de la ville, ­Yolande ­Cavalier. L’intérêt, selon elle, « est d’avoir des prévisions à l’échelle de la commune. Ce n’est pas précis au point de nous dire d’évacuer tel ou tel camping en bord de fleuve, toutefois, nous échangeons régulièrement avec eux pour affiner nos mobilisations sur le terrain. Cela permet de prévenir la population avant une crise, mais aussi d’être suffisamment juste pour réduire au minimum les fausses alertes qui attaqueraient petit à petit la confiance de la population ».

Cette aide est d’autant plus importante que toute crise implique des réactions handicapées par des services dégradés à cause de l’événement et des besoins plus grands qu’en temps normal. C’est là qu’est le cœur de la gestion de la crise. Peu importe que la cause soit une cyberattaque, une catastrophe naturelle, un accident industriel ou un acte criminel. « Il s’agit toujours de gérer l’urgence avec toute la diversité de personnes impliquées, rappelle ­Stéphane ­Lelux, président de ­Tactis, cabinet de conseil spécialisé en aménagement numérique du territoire. EDF est dans sa centrale et sait ce qu’il faut y faire. Le préfet, le service départemental d’incendie et de secours, la police municipale, la mairie… tout le monde est dans son silo et, en cas de crise, il faut qu’ils discutent rapidement ensemble. »

Pour y parvenir, nombre de collectivités ont mis en place des groupes de messagerie incluant les référents « crise » des différents services impliqués. « Quand ­WhatsApp a sauté, il y a quelques semaines, nous avons également vu le besoin de doubler ces groupes sur plusieurs messageries, comme Telegram », relève ­Karin ­Topin-­Condomitti, DGS de la ville de Cannes (74 000 hab.). Des experts internes ou externes sont identifiés en amont des périodes de crise et intégrés dans ces groupes d’une trentaine de personnes. En parallèle, d’autres sont mis en place afin de préparer la continuité ­d’activité en situation dégradée.

Un projet de plateforme intéropérable

Mais la ville et l’agglomération Cannes pays de ­Lérins (5 communes, 158 100 hab.) voient bien plus loin que la simple communication entre silos. « Nous voulons réduire la marge d’erreur de l’appréciation humaine, indique ­Karin ­Topin-Condomitti. L’humain garde toujours la main sur la gestion de crise, bien sûr, mais nous voulons ajouter de l’aide à la décision. »

Cette ambition est portée par le projet ­Puma-X, lancé en septembre pour une durée de trente mois et financé par les régions ­Paca et ­Occitanie. Son but : créer une plateforme multirisque, ­interopérable, où les données seraient traitées en temps réel pour permettre l’aide à la décision. Le plan communal y sera couplé à la cartographie 3D du territoire afin d’améliorer le déploiement des secours, et le tout sera accessible en ligne depuis un cloud public sécurisé.

« L’idée est de professionnaliser des choses que l’on fait déjà, poursuit-elle. Par exemple, nous avons des caméras intelligentes pour le suivi des cours d’eau. Elles portent des logiciels d’analyse d’images capables de calculer le débit et la hauteur d’eau d’une rivière, tout en étant à distance. Dans notre cellule de veille, les données provenant des capteurs sont croisées avec les prévisions météo, de houle, ou encore avec l’observation en temps réel des impacts de la foudre. Tout cela permet d’avoir des résultats les plus localisés possible. Au final, il existe déjà de nombreuses briques et le but de Puma-X est de les rassembler pour en faire un vrai produit. »

Une obligation européenne en juin

Une telle plateforme devrait être logiquement capable d’alerter automatiquement les citoyens à proximité d’une catastrophe. Des technologies d’appel automatique sont opérationnelles, mais nécessitent de posséder des listes de numéros de téléphone. « Il faudrait dépasser ce modèle, estime Karin ­Topin-Condomitti. Nous avons les numéros de 50 000 résidents qui nous ont confié leurs coordonnées. Mais, l’été, il faut également compter sur tous les vacanciers qui nous sont inconnus. Nous sommes dans l’attente d’un déblocage au niveau juridique pour pouvoir envoyer des alertes autour d’une antenne plutôt qu’à un numéro particulier. »

La situation est vouée à se transformer : à partir du 21 juin 2022, tous les pays membres de l’Union européenne devront être dotés d’un système capable d’alerter les personnes sur leur territoire, au moyen du téléphone mobile. L’option technique retenue par la ­France n’a pas encore été révélée mais l’envoi de SMS en passant par les opérateurs a déjà montré ses limites en cas de trop grande densité de population à prévenir. Cet envoi est alors échelonné dans le temps, ce qui peut poser problème lors d’une crise.

Pour la commission d’enquête du ­Sénat sur l’incendie de l’usine ­Lubrizol, à ­Rouen, en septembre 2019, la solution doit passer par la diffusion cellulaire. C’est-à-dire l’envoi d’un message par un canal technique entre les antennes et les téléphones, indépendamment des opérateurs. La technique était déjà embarquée par les réseaux 2G, en 1997, mais son déploiement nécessite une mise aux normes des antennes réseau. Reste à savoir si les collectivités auront accès à l’infrastructure choisie par l’Etat.

 

Un logiciel d’appel automatisé simplifie l’alerte donnée aux habitants en cas de sécheresse

Marc TomiDans les communes étalées et morcelées en plusieurs hameaux, les sirènes ne sont d’aucune utilité et les informations circulent lentement. A ­Santo-Pietro-di-Tenda, « certains hameaux sont excentrés de 15 kilomètres, décrit le maire, ­Marc Tomi. Pour informer sur des coupures d’eau ou d’électricité, il fallait dépêcher des employés afin de faire l’affichage et j’étais franchement embêté de leur faire abandonner leurs autres tâches. » Il y a quatre ans, l’­Association des maires de Haute-Corse invite ses adhérents à une rencontre avec ­CII télécom, une entreprise proposant un service d’appel automatisé et d’envoi de SMS.

Ce type d’automates est aujourd’hui disponible auprès de plusieurs entreprises, certaines référencées par l’­Union des groupements d’achats publics (Ugap).

« Je m’y suis mis il y a trois ans et c’est très simple d’utilisation, explique l’édile, âgé de 70 ans. En cas de panne ou de sécheresse nécessitant de limiter la consommation d’eau, j’écris un texte dans le logiciel et il est lu par une voix synthétique qui appelle tous les riverains m’ayant confié leur numéro. C’est pratique car je peux envoyer une information à un hameau en particulier, aux parents d’élèves, ou à tout le monde. Généralement, je choisis de faire ces alertes par message vocal car cela coûte moins cher que par SMS. »

Il est également possible d’envoyer des informations sur ce même réseau. Sous réserve d’avoir l’accord des riverains concernés, règlement général sur la protection des données oblige.

Contact : Marc Tomi, mairie.santo-pietro-di-tenda@orange.fr

 

« Notre veille d’images issues des réseaux sociaux filtre les infox »

Eric CollardEric Collard, président de l’association Visov et sapeur-pompier à Angers

« Visov est une association qui réunit une centaine de bénévoles de la sécurité civile prêts à intervenir sur les réseaux sociaux lors d’une crise. Comme nous sommes structurés et conventionnés par une trentaine de préfectures, nous faisons fonction de tiers de confiance, de filtre entre les images relayées par la population et celles que nous sélectionnons pour les porter à la connaissance des cellules de crise. Avec notre veille, nous cherchons à la fois à combattre les infox qui circulent lors d’une crise et à faire remonter des images pour mieux se rendre compte de la réalité du terrain. »

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