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[ENTRETIEN] Aménagement du territoire

Aménagement du territoire : « Amazon et Intermarché ont remplacé la DATAR »

Publié le 15/11/2021 • Par Victor Boiteau • dans : A la une, France

jerome fourquet
Patricia Marais/La Gazette
Coauteur de « La France sous nos yeux », Jérôme ­Fourquet, directeur du département « opinion » de l’Ifop offre une radiographie de la « France d’après » les Trente Glorieuses, s'appuyant sur des données démo­graphiques, économiques, sociologiques, des cartes, mais aussi des articles tirés de la presse régionale. Entretien.

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A moins de six mois de la présidentielle, le nouveau livre de ­Jérôme ­Fourquet, directeur du département « opinion » de l’Ifop, et de Jean-Laurent ­Cassely, journaliste et essayiste, « La France sous nos yeux. Economie, paysages, nouveaux modes de vie » (Seuil, octobre 2021), est une radiographie de la « France d’après. » A partir de données démo­graphiques et économiques, de variables sociologiques, de cartes, mais aussi d’articles tirés de la presse régionale ou d’extraits de romans contemporains, les deux auteurs auscultent la « grande métamorphose » de cette France d’après les Trente ­Glorieuses.

A la manière d’un ­Roland ­Barthes décrivant les « mythologies » de la France des années 60, celle de la DS et du Tour de France, les auteurs analysent les conséquences de la désindustrialisation, le rôle d’Amazon dans l’aménagement du territoire, la folie des tacos ou l’idéal persistant de la maison individuelle. Une grille de lecture partant du constat suivant : depuis les années 80, nous sommes passés d’une économie de la production à une économie de la consommation, des loisirs et du tourisme. Un glissement profond, qui engendre des boule­versements majeurs sur les sociabilités, les centres-villes ou les paysages. Les modes de vie, toujours influencés par la mondialisation et un substrat catholique encore prégnant, sont eux aussi modifiés par l’émergence de nouvelles « couches » culturelles. Autant de tendances lourdes, que la crise sanitaire n’a fait qu’accélérer, décryptent les auteurs.

Alors que s’ouvre, le 16 novembre, le congrès des maires, le sondeur Jérôme ­Fourquet décrypte les enjeux de ces mutations économiques et sociologiques pour les collectivités territoriales.

Le thème de la réindustrialisation est très présent dans ce début de campagne. Vous montrez, dans votre livre, comment la fermeture d’une usine transforme en profondeur le tissu social, culturel et politique d’un territoire. Redorer l’industrie française permettrait-il de revenir à cette France « d’avant » ?

Nous avons collectivement pris conscience, avec la crise sanitaire, de l’ampleur de la désindustrialisation. Les Français se sont rendu compte que l’on ne produisait plus de paracétamol, de masques… Partant de là, certains acteurs politiques entonnent ce discours d’une nécessaire réindustrialisation du pays.

Avant la crise du Covid, le gouvernement a publié des statistiques encoura­geantes sur ce sujet, avec davantage de créations que de destructions de postes. Il faudra, d’une part, observer si cette tendance se confirme après le Covid. D’autre part, elle est très timide. Depuis 2008, 950 sites de plus de 50 salariés ont mis la clé sous la porte. Pour retrouver ce tissu, on mesure l’ampleur des efforts qu’il va falloir déployer.

L’industrie, par rapport à d’autres secteurs, a un avantage : elle n’est pas obligatoirement à localiser dans les grandes métropoles. Au contraire, elle cherche notamment un foncier accessible. L’exemple de la filière des éoliennes offshore est parlant : des sites ont été localisés au Havre, à Cherbourg et à Saint-Nazaire. Des villes conséquentes, mais qui ne sont pas la France des métropoles. Cette réirrigation englobe les emplois créés ainsi que les sous-traitants,
les transporteurs… Le marché de l’immobilier est aussi redynamisé, les commerces locaux et les services publics réanimés.

La désindustrialisation s’accompagne de l’essor des plateformes logistiques comme Amazon. Les métropoles de Rennes et de Nantes ont récemment barré la route à un tel projet. Est-ce un dilemme pour les élus locaux ?

C’est un dilemme dans la mesure où, pour des raisons politiques, économiques et écologiques, des élus peuvent refuser l’arrivée d’Amazon. Ils disent : « Des emplois peu payés, des nuisances, une emprise foncière colossale… ce n’est pas un modèle de société qui nous convient. » D’autres déclarent au contraire : « Vu la situation écono­mique de mon territoire, je ne peux pas faire la fine bouche et me priver de plusieurs centaines d’emplois.

Des emplois certes peu qualifiés, mais correspondant au niveau de formation d’une partie des chômeurs de mon territoire. » C’est l’argument le plus massif. Ensuite, il y a un élément d’image : l’implantation d’Amazon peut signifier la reconnaissance d’un territoire et marquer son dynamisme. Amazon devient ainsi un enjeu politique d’aménagement du territoire.

Vous décrivez également une France « instagrammable » face à une autre de l’ombre, celle des zones commerciales et des ronds-points. Cette fracture a-t-elle été renforcée par les confinements successifs ?

Avec le poids croissant de la consommation, du tourisme et des loisirs dans l’économie, une nouvelle carte de France s’est dessinée, avec une hiérarchie de leur désirabilité. D’un côté, la France « triple A », celle dans laquelle on voudrait habiter, est en haut de l’échelle. Ce sont les cœurs des métropoles, les littoraux, les zones rurales à la mode, comme la Drôme ou le Perche. A l’autre extrémité, on trouve la France de l’ombre, où habitent des gens faisant tourner l’économie de manière silencieuse. Des endroits avec peu de touristes. Ce sont les bordures d’axes routiers, l’arrière-pays des littoraux, le fond des vallées en montagne… Il y a ensuite toute une zone inter­médiaire entre ces deux extrémités.

Cette tendance de désirabilité s’est accélérée avec le confinement : on l’a vu avec l’explosion de l’immo­bilier dans certains territoires.

« Amazon et Intermarché ont remplacé la Datar dans l’aménagement du territoire », écrivez-vous. Les pouvoirs publics ont-ils encore un rôle à jouer sur ce sujet important ?

On voit, avec Amazon, comment l’aménagement du territoire a changé. Avec l’industrie, on implantait les sites près des gisements de matières premières et à proximité des canaux et des voies de chemin de fer qui servaient à écouler la production. Les grands logisticiens visent, eux, la clientèle et les zones densément peuplées. Ainsi qu’une desserte autoroutière de qualité. La puissance publique et les collec­tivités locales ont un rôle à jouer.

De nouveaux réseaux autour de la fibre sont également construits. Pour certaines activités économiques, comme les secteurs d’avenir, c’est très important. Le président du conseil départemental de l’Orne [Christophe de Balorre, ndlr] avait dit, après le Covid : « On a perdu la bataille du TGV, on ne perdra pas celle de la fibre. »

Sur ce point, l’évolution du market­ing territorial est intéressante : historiquement, il s’adressait à des chefs d’entreprise, des touristes et des retraités. Avec le télétravail, on a une nouvelle cible : la classe moyenne et supérieure, qui arrive avec un pouvoir d’achat et des compétences. C’est une nouvelle clientèle à séduire. On voit une concurrence frénétique entre les territoires et les départements qui, à coups d’affiches dans les métros, vantent la douceur de vivre dans leur terroir respectif. Aujourd’hui, ce n’est plus « venez découvrir », mais « venez vivre chez nous ».

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