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Social

Nicolas Duvoux : « La lutte contre la pauvreté s’essouffle »

Publié le 08/11/2021 • Par Laure Martin • dans : Actu expert santé social, France, Toute l'actu Santé Social

nicolas duvoux
Patricia Marais/La Gazette
Sociologue et professeur de sociologie à l’université ­Paris 8, ­Nicolas ­Duvoux a été nommé président du comité scientifique du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale en janvier 2021. Il revient, pour « La Gazette », sur la mise en œuvre de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté, trois ans après son lancement.

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Sociologue et professeur de sociologie à l’université ­Paris 8, ­Nicolas ­Duvoux a été nommé président du comité scientifique du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale en janvier. L’instance a rendu, en mai, un rapport au Premier ministre, intitulé « La pauvreté démultipliée : dimensions, processus et réponses ». Le sociologue revient, pour « La Gazette », sur la mise en œuvre de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté, trois ans après son lancement.

Depuis septembre 2018, cette dernière est présentée par le gouvernement comme une réponse aux problématiques de reproduction de la pauvreté, de précarité
des jeunes, d’insertion et d’accès aux droits. Elle s’organise autour de deux orientations prioritaires : la lutte contre les inégalités sociales dès le plus jeune âge et l’engagement d’une politique de sortie de la pauvreté par l’insertion et l’emploi. Cette stratégie, qui s’appuie sur des synergies avec le secteur associatif, les entreprises et les personnes concernées, porte sur cinq engagements : l’égalité des chances dès les premiers pas pour rompre la reproduction de la pauvreté, la garantie des droits fondamentaux des enfants, un parcours de formation pour tous les jeunes, des droits sociaux plus accessibles, équitables et incitatifs à l’activité et un accompagnement de tous vers l’emploi. Le bilan dressé par ­Nicolas ­Duvoux est en demi-teinte. Il pointe en effet du doigt la dichotomie entre les mesures du plan – dont certaines sont inachevées – et les mesures monétaires, prises en parallèle, affectant directement le niveau de vie des plus pauvres.

Quel regard portez-vous sur le plan de lutte contre la pauvreté ?

Ce plan est un instrument important qui a marqué l’ambition du gouvernement en la matière. Elle a visé à mobiliser les acteurs, à en créer de nouveaux (les commissaires de lutte contre la pauvreté en région) et à identifier des problématiques nécessitant des réponses spécifiques. Par exemple, éviter les ruptures d’accompagnement des jeunes majeurs sortant de l’aide sociale à l’enfance, favoriser la mixité sociale dans les quartiers en difficulté ou renforcer le suivi des allocataires du RSA. Mais il ne s’agit que d’un ensemble de mesures parmi d’autres, qui vont avoir des effets sur la pauvreté.

Dans les faits, le lancement de cette stratégie, qui représente une innovation conceptuelle dans la lutte contre la pauvreté et la mobilisation des acteurs, a coïncidé avec d’autres initiatives, par exemple sur les aides au logement – baisse des APL et, plus tard, calcul « en temps réel » de cette prestation – qui ont conduit, l’Insee l’a montré, à une hausse très importante de la pauvreté en 2018. Depuis sa mise en œuvre, cette stratégie, qui porte principalement sur l’accompagnement et la petite enfance, interagit avec d’autres démarches qui ont des effets contraires à celles portées par le plan. De même que d’autres décisions sont prises, en réaction à l’actualité. Par exemple, la revalorisation de la prime d’activité à la suite du mouvement des « gilets jaunes » a généré un effet inverse à celui de la baisse des APL. Nous sommes donc face à des mesures contradictoires prises par un même gouvernement.

Où en est la mise en œuvre des mesures ?

Une forte énergie a été déployée dans le plan « antipauvreté ». Mais avant la crise sanitaire, déjà, nous ne pouvions que constater un essoufflement de la dynamique, sans doute lié à cette incohérence dans les orientations de politique générale. Cela peut avoir un effet démobilisateur. Cette absence de montée en charge des mesures est aussi due à la complexité du portage politique. La secrétaire d’Etat n’est plus en poste et les différents ministres de la Santé et de la solidarité, qui portent la stratégie, sont davantage tournés vers la santé.

Enfin, dernier point et non des moindres : la problématique de l’évaluation des dispositifs qui pose des problèmes structurels, comme l’a relevé France Stratégie dans son rapport d’évaluation. Ceux portant sur l’accompagnement, par exemple, relèvent de la responsabilité des départements. Or, la coexistence de systèmes d’information hétérogènes rend difficile l’agrégation des données des collectivités territoriales et l’évaluation très complexe.

Cette politique sociale de lutte contre la pauvreté manque donc de cohérence…

Oui, et c’est en effet le point essentiel car, d’un côté, nous avons une stratégie qui a sa logique, ses modalités de portage avec les 18 hauts commissaires déployés dans les régions pour sa mise en œuvre. Et de l’autre, des orientations gouvernementales qui ont pris à revers la grande cause nationale qu’est la pauvreté.
La déconnexion entre les deux plans est réelle, ils sont même antagoniques.

La redistribution, par le biais de la revalorisation de la prime d’activité, ne se fait pas au hasard, puisqu’elle cible les personnes en activité. La dimension d’accompagnement, de contrat, de conditionnalité, s’affirme de plus en plus par rapport à la dimension de revenu. Tandis que les aides pour ceux qui ne travaillent pas (aides au logement ou assurance chômage) sont réduites. Il semble pourtant inopportun d’opposer ce qui relève du registre de l’accompagnement de l’insertion du volet prestation, à défaut d’avoir une vision d’ensemble et de mettre en cohérence des actions éclatées.

Le choix des jeunes comme public cible de la stratégie est-il bon ?

Le plan « antipauvreté » relève de l’innovation intellectuelle, car l’objectif est de lutter de manière préventive contre la pauvreté en ciblant les plus jeunes. Il s’inscrit dans le courant de l’investissement social qui identifie l’action sur la petite enfance comme un levier indispensable de correction des inégalités. Le soutien aux modes de garde universels et de qualité, avant même la scolarisation, est considéré comme décisif tant pour l’apprentissage des compétences des jeunes enfants que pour l’acquisition d’une indépendance économique pour leur mère. Mais ce registre d’actions s’oppose à la lutte contre la pauvreté actuelle et peut générer un sentiment de découragement chez les acteurs, et ce, d’autant plus que les mesures comme la baisse des APL ont eu pour effet de dissocier ces formes d’investissements sociaux d’une visée de lutte contre les inégalités.

La crise sanitaire a par ailleurs révélé de manière parfaite la segmentation de l’Etat social. Les choix faits l’ont été en faveur des cibles « classiques » de la prévention sociale. Par exemple, pour les salariés en emploi, l’activité partielle. Mais, en dehors du salariat stable, les aides n’ont été que ponctuelles, notamment pour les bénéficiaires des minimas sociaux. Et pour les personnes dans l’angle mort, à savoir les jeunes et les indépendants, ils ont été pris en charge par les pouvoirs publics de manière moins satisfaisante encore, ce qui est confirmé par leur exposition renforcée à la pauvreté dans ce contexte de crise.

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