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Crise sanitaire

Covid long : des agents à bout de souffle

Publié le 29/10/2021 • Par Emeline Le Naour Laura Fernandez Rodriguez • dans : A la une, A la Une RH, France, Toute l'actu RH

COVID LONG THEMA_297810
Johner / Photononstop
Des territoriaux touchés par le Covid long ont confié à « La Gazette » le poids que représente cette maladie mal comprise et aux lourdes répercussions dans leur quotidien.

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« A cause de mes arrêts “maladie”, on m’a annoncé qu’on n’allait pas me “stagiairiser” sur mon poste. Je n’ai plus la force de me battre. » Laure (1), assistante « petite enfance » dans une intercommunalité du Sud de la ­France, n’en finit plus de subir les conséquences de son Covid. Son parcours du combattant commence en janvier, quand elle contracte le virus, qui se transforme en Covid long.

« Malaises, palpitations, courbatures, l’­impression de ne plus pouvoir respirer… » conduisent cette mère ayant quatre enfants à charge à enchaîner les arrêts de maladie, avant de demander un passage à 80 %. Sa collectivité lui propose un mi-temps thérapeutique, tout en lui annonçant la fin de son CDD, sans la ­“stagiairisation” attendue. « J’ai eu très peu d’écoute du côté des RH et de la médecine de prévention. Je me suis pris des murs. C’est Pôle emploi qui me permet de vivre et peut-être de me soigner », se désole-t-elle.

Pas de données officielles sur la pathologie

Comme ­elle, de nombreux agents en première ligne durant la crise ont contracté le Covid, certains sur leur lieu de travail, et ont développé cette pathologie aux contours mal définis appelée « Covid long ». « Dix à 30 % des personnes ayant eu le Covid, sans forcément être hospitalisées, peuvent être atteintes de Covid long, soit 800 000 personnes en fourchette basse, estime ­Jérôme ­Larché, médecin interniste qui a ouvert, en avril, à ­Montpellier, une unité de soins coordonnés pour les patients en Covid long. Il ne s’agit pas d’un problème de niche, mais de santé publique. »

Pourtant, impossible de connaître plus précisément l’ampleur du phénomène. L’Organisation mondiale de la santé a reconnu le Covid long en août 2020 et a ­appelé à la collecte de données pour ces patients souffrant de troubles ayant « de graves conséquences sur le plan social, économique, sanitaire et professionnel ». Mais les ministères de la Santé, de la Transformation et de la fonction publiques ainsi que du Travail, l’­Inserm­, l’enquête statistique ­Epicov (« épidémiologie et conditions de vie sous le Covid-19 »), Santé publique France et l’Assurance maladie ont adressé à « La ­Gazette » une fin de non-recevoir concernant notre demande de données sur le Covid long dans la territoriale. Les syndicats, qui réclament des chiffres, n’ont pas non plus eu gain de cause. En l’état, aucun chiffre public n’est disponible.

Parmi les trois critères définis par la Haute Autorité de santé en février sur le Covid long figure le fait qu’aucun des symptômes ne puisse être expliqué par un autre diagnostic, au risque que les patients soient renvoyés de spécialistes en examens. Les symptômes peuvent d’ailleurs se confondre avec ceux d’une dépression et conduire à une errance médicale. Relayé par Après J20, association de patients atteints de Covid long, notre appel à témoignages a suscité un vif écho et les récits de dizaines de territoriaux ont afflué. Seules des femmes ont répondu, elles qui composent 61 % des rangs de la territoriale, selon le dernier rapport de la direction générale de l’­administration et de la fonction publique, et qui sont surreprésentées dans les filières sociale et médicosociale, administrative et médicotechnique (de 80 à 95 %).

covid long

Elles sont aussi plus présentes dans le profil type décrit par ­Jérôme ­Larché : « Les patients ont entre 30 et 60 ans. Globalement, un tiers ne travaille plus, et une bonne moitié est en mi-temps thérapeutique ou en diminution du temps de travail, avec une surreprésentation de femmes. » Les symptômes peuvent être très variés et handicapants pour le quotidien professionnel. « Les études répertorient 200 symptômes possibles, d’ordre cardiaque, respiratoire, musculaire, digestif, une fatigue extrême » et ce fameux « brouillard cérébral », qui engendre des troubles de la concentration et de la mémorisation.

Un sentiment de culpabilité

Un symptôme bien connu de ­Catherine, infirmière-puéricultrice en protection maternelle et infantile pour un département, convaincue d’avoir contracté le virus dans le cadre de son travail. Son quotidien : des visites à domicile chez les jeunes parents et les placements d’enfants de l’aide sociale à l’enfance. « Impossible de reconnaître des parents à qui j’avais rendu visite une semaine auparavant. Je n’étais plus en capacité de les accompagner », confie-t-elle. Placée en arrêt de maladie de longue durée pour Covid long, elle peut au moins souffler financièrement, grâce à « beaucoup d’écoute auprès des RH et de la médecine de prévention ». Même gêne à assurer ses ­missions et sentiment de ­culpabilité pour ­Marie, la ­quarantaine, assistante sociale. Cela se traduit par un véritable « handicap invisible » : « J’ai beaucoup perdu en vitesse de traitement et j’ai de grosses difficultés de concentration. Des choses que je faisais en une heure me prennent la matinée, je cherche mes mots, les gens me confient leurs problèmes et, au bout d’une heure, je suis essoufflée et épuisée. »

La crainte d’en parler au service RH

Une situation très éprouvante quand on doit faire ses preuves. ­Laëtitia, la trentaine, a eu le Covid juste avant une promotion et un changement de collectivité, où elle est directrice des médiathèques, à la tête d’une équipe d’une vingtaine d’agents. « J’ai mis cette fatigue persistante sur le compte de la transition professionnelle, mais mon état a empiré. Je ressentais un essoufflement permanent, un brouillard cérébral avec pertes de mémoire et une fatigue intense. Je pouvais m’endormir au travail », relate-t-elle. Difficile de s’en ouvrir au service RH. « Je craignais que cela puisse être un frein, alors je suis restée assez discrète », confie-t-elle. Quant à la médecine de prévention, elle « est au courant, mais ne [l’]accompagne pas sur ce sujet-là ».

Le Covid peut, en théorie, être reconnu comme maladie professionnelle lorsque l’agent est à même de prouver la contamination sur son lieu de travail. Aucune des agentes interrogées n’a eu la force de se lancer dans une telle entreprise, quand elles peinent déjà à s’en sortir financièrement : entre les jours de carence pour chaque arrêt de travail, le passage en demi-traitement au bout de trois mois pour un arrêt de maladie ordinaire et la perte de rémunération induite par le passage à un mi-temps thérapeutique.

Assistante d’un maire francilien, ­Jeanne a dû passer en mi-temps thérapeutique en raison de complications ­neurologiques. « Je rédige des réponses aux administrés. Je n’arrive plus à lire certains mots et ne trouve plus les miens. J’oublie tout. J’ai mis quatre fois le feu dans ma cuisine », raconte-t-elle. Des oublis, ­Agathe y est tellement sujette que son chef l’appelait tous les jours. Cette technicienne territoriale qui instruit des permis de construire pour une mairie du Sud-Ouest est passée par des arrêts de maladie et un mi-temps thérapeutique, qui n’ont pas amélioré son quotidien. Elle est à présent en arrêt de maladie de longue durée, grâce à l’appui des RH et de la médecine de prévention. Elle craint de ne jamais recouvrer ses capacités cognitives et s’inquiète de son avenir professionnel. Une peur de l’avenir que toutes partagent, et qui conduit Laëtitia à s’interroger : « Si d’ici un an je n’ai pas récupéré, il va falloir que je prenne une décision pour qu’il y ait un ­changement, d’une façon ou d’une autre… »

« Nous allons devoir faire face à de nombreux reclassements »

Sarah Deslandes, vice-présidente de l’Association  des DRH des grandes collectivités, chargée des questions de prévention et de santé au travail

sarah deslandes« Les difficultés de gestion RH du Covid long se rapprochent de celles des pathologies chroniques, comme celles des agents en dialyse ou atteints de maladies dégénératives. Leurs états de santé sont très variables, ils peuvent avoir de l’énergie quelque temps, puis plus du tout. Ce côté “on/off” nécessite de l’aménagement, mais le mi-temps thérapeutique n’est pas forcément adapté car leur état de santé est très évolutif. Même le corps médical peine à déterminer les contours de cette maladie et nous n’avons pas encore de recul sur les protocoles de soins. Côté management, nous allons encore tâtonner un moment et devoir faire face à de nombreux reclassements d’agents. L’enjeu, pour les employeurs, est de s’emparer d’une doxa établie par les médecins agréés et ceux de prévention. Les comités médicaux et les instances doivent se pencher sur cette question rapidement, mais, dans le cas de pathologies nouvelles, c’est souvent les patients eux-mêmes qui font avancer leur cause et leur prise en charge. »

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