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Architecture

« Pour que l’architecture vive, il faut qu’elle soit comprise ! »

Publié le 14/10/2021 • Par Hélène Girard • dans : Actualité Culture, France

Joel Baud Grasset CAUE 74 Françoise Cavazzana
© caue-74 Francoise Cavazzana
Joël Baud-Grasset préside la Fédération nationale des conseils d'architecture, d'urbanisme et d'environnement (FNCAUE). A la veille des journées nationales de l'architecture (15-17 octobre), il analyse les relations du public et des élus avec les architectes et leur art.

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A l’instar du patrimoine, l’architecture a, depuis 2016, ses journées nationales, qui auront lieu cette année du 15 au 17 octobre. Pourtant contrairement au patrimoine, l’architecture ne jouit pas des faveurs du public.

Pour Joël Baud-Grasset, président de la Fédération nationale des conseils d’architecture, d’urbanisme et d’environnement (FNCAUE), plusieurs facteurs se conjuguent pour expliquer cette incompréhension. Agriculteur, vice-président du conseil départemental de Haute-Savoie chargé des finances et du patrimoine culturel, il président aussi le CAUE de son département. Des postes d’observation de premier ordre pour analyser les interactions entre architecture, urbanisme et environnement.

Les journées de l’architecture ont beaucoup moins de retentissement que celles du patrimoine, alors que l’architecture est partout autour de nous. D’où vient cette indifférence ?

La culture architecturale des Français est vraiment basique. Ce constat n’est pas nouveau. Un ouvrage publié par le ministère de la Culture en 2018  faisait déjà état de cette situation.

Comment expliquer cette méconnaissance de l’architecture ?

D’abord les citoyens ont peu d’occasions de rencontrer des architectes. Ces derniers ne prennent pas le temps d’expliquer leur métier, soit parce qu’ils se prennent pour des vedettes et soit parce qu’inversement, ils sont trop discrets.

A cela s’ajoute l’utilisation d’un jargon professionnel, qui ne facilite pas la compréhension de leur travail. Par exemple, qui peut comprendre d’emblée ce que sont des bâtiments ‘en dialogue’, ou ce qu’est la ‘générosité’ d’un espace ?

Les occupants d’un bâtiment, qui y vivent ou y travaillent, doivent pouvoir en comprendre la conception et les fonctions. Et c’est ainsi qu’ils pourront être actifs pour que le bâtiment soit passif en terme de dépenses d’énergie. Pour que l’architecture vive, il faut qu’elle soit comprise !

Entre le patrimoine et l’architecture contemporaine, il y a l’évolution des techniques, qui permet des formes et des dimensions différentes. Mais ces évolutions sont rarement expliquées. La conséquence est que l’architecture contemporaine est beaucoup moins appréciée que le patrimoine. Quand on dit « je n’aime pas  », c’est souvent qu’on n’a pas tout compris.

Bref, je dis aux architectes : communiquez, rendez votre métier compréhensible pour les citoyens ! Et n’oubliez pas non plus de parler de votre travail d’ensemblier des entreprises qui interviennent sur les projets ! Il faut bien des petites mains pour réaliser ce que vous avez dessiné.

Mais la plupart des citoyens n’ont pas l’occasion de rencontrer un architecte…

Effectivement. En ce sens, la loi de 1977 sur l’architecture n’est pas allée assez loin : elle aurait dû imposer le recours à un architecte dès le premier mètre carré, et pas seulement à partir de 150 m2, comme c’est le cas actuellement. Cela aurait permis à tout candidat à la construction d’avoir une discussion avec un architecte.

En-dessous de 150 m2, les CAUE proposent un conseil gratuit. Mais tout le monde n’y a pas recours. De plus, l’architecte-conseil du CAUE va se prononcer sur les grandes lignes du projet, alors que l’architecte, lui, va aller jusqu’au bout du projet avec la présentation d’un dessin.

Les élus locaux eux-mêmes parlent très peu d’architecture. Comment faire pour qu’ils s’impliquent plus dans ce domaine ?

Les CAUE sont là, aussi, pour sensibiliser les élus. Un maire devrait toujours faire le tour de sa commune avec un architecte-conseil du CAUE, pour lui demander quels sont les éléments structurants de sa commune, ce qui doit être amélioré etc. Ce dialogue a toutes les chances d’être fructueux car le maire apporte la connaissance de sa commune, de l’histoire locale, des attentes de la population. De plus, il sait vers quoi il veut aller dans le cadre de son projet politique.

Outre la sensibilisation et le conseil apportés aux candidats à la construction, qu’ils soient publics ou privés, les CAUE organisent des formations sur l’architecture contemporaine, la rénovation du patrimoine, l’urbanisme, les PLU et leur évolution juridique etc. Ainsi, les CAUE sont intégrés à la chaîne des acteurs qui aident à avancer en matière d’aménagement du territoire.

Les programmes Action cœur de ville et Petites villes de demain n’abordent pas explicitement l’architecture. Peuvent-ils néanmoins contribuer à changer le regard sur cette discipline ?

Ces deux programmes parlent de l’existant. On va donc plus parler de patrimoine que d’architecture. Et vu le changement climatique, on va surtout s’interroger sur des problématiques techniques comme la rénovation thermique. Dans ces programmes, la notion d’ensemble architectural n’est guère présente.

En outre, ces deux programmes sont sur une logique de retour en centre-ville. Ce qui veut dire un changement des modes de vie. On va donc beaucoup parler mobilités, commerces, urbanisme, logement etc. La réflexion est centrée sur l’urbanisme, et pas sur l’architecture.

Pourtant, compte tenu des évolutions sociologiques – existence de familles monoparentales mais aussi de tribus, vieillissement de la population – il faut repenser les espaces, notamment en termes de modularité, de diversité et de fonctionnalité.

L’omniprésence de la transition écologique dans le débat public ne risque-t-elle pas d’occulter la sensibilisation à l’architecture ?

Pour les CAUE, le  « E » d’environnement fait référence aux paysages, à la transition énergétique, ainsi qu’à la nature et à la biodiversité animale et végétale. Tout cela doit faire corps avec le « A » d’architecture, et le « U » d’urbanisme.

En matière d’environnement il s’agit d’être vertueux dans le choix de matériaux moins énergivores et pris localement. C’est tout l’intérêt de l’architecture de cueillette [architecture qui valorise les ressources locales, ndlr]. En Haute-Savoie, par exemple, la frugalité passe par une filière bois organisée pour que les gisements servent à la construction de nos bâtiments, sans se fournir en Autriche ou dans les pays du Nord.

N’oublions pas non plus que la RE2020 [nouvelle réglementation environnementale des bâtiments neufs, ndlr], qui prend en compte le cycle des matériaux et leur recyclage futur, nous conduit à appréhender différemment les bâtiments. Souvent, le fait de déconstruire et d’utiliser de nouveaux matériaux laisse une empreinte carbone plus importante qu’une rénovation. Pensons au prix Pritzker attribué en 2021 au duo Lacaton-Vassal, qui considère qu’il faut faire avec l’existant, l’améliorer, et qu’on ne détruit pas systématiquement !

Quand on appréhende un bâtiment, il faut rechercher quels sont les éléments qui le caractérisent. Souvent, il suffit d’une porte d’entrée, d’une corniche, d’un balcon pour lui donner une identité. Parfois, cela tient à une technique constructive qui lui donne un caractère vernaculaire qu’on ne retrouvera pas sur un bâtiment contemporain.

Autrement dit, ce sont les préoccupations environnementales qui nous aident à la modéliser l’architecture.

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