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Décentralisation

La cartographie intime de Sylvain Tesson

Publié le 05/10/2021 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : France

Sylvain Tesson
Régions de France
Invité du congrès des régions, l’écrivain-voyageur Sylvain Tesson est revenu sur sa marche, en forme de rédemption, au cœur de « l’hyper-ruralité ». « J’ai été sauvé par la campagne française », a-t-il confié. Morceaux choisis.

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Son « maître » s’appelle Yves Lacoste. Comme, jadis, le fondateur de l’Institut français de géopolitique, le romancier Sylvain Tesson voit de l’histoire dans chacun recoin de carte. A l’occasion du congrès des régions, l’écrivain français le plus lu du moment a évoqué sa renaissance au cœur de « l’hyper-ruralité ». Une quête qui s’est traduite en 2016 par un livre, « Sur les chemins noirs » aux éditions Gallimard.

« Les chemins cachés de l’archipel français »

« J’ai été donné pour mort après une chute, vingt-six fractures et j’ai été sauvé par la campagne française. Dans mon lit d’hôpital, j’ai repris la carte du rapport de 2014 remis à Manuel Valls sur l’hyper-ruralité pour la faire correspondre à une marche de reconquête de mes forces, à un ressourcement à la fois physique et spirituel. Ce n’était pas le parcours de la diagonale du vide de la DATAR, qui allait des Vosges aux Landes. C’était une marche du Mercantour aux Ardennes, en virgule, en coiffant les Alpes par le sud, en passant par le massif central et la Nièvre. Et puis, enfin, je suis remonté vers le Cotentin. Par ces chemins noirs, ces chemins cachés, j’ai échappé au grand vacarme. Pour le prix d’un paquet de cigarettes, 10 euros, j’ai acheté une carte au 25 millième qui m’a permis de sinuer au gré de la recomposition du paysage français. J’ai échappé aux ZAC et aux ZUP pour mieux tracer mes chemins noirs dans l’archipel français. »

 « L’histoire de France est une affaire Dreyfus en permanence »

« Sur les chemins noirs, les lieux dits s’appellent Notre-Dame-des-Près, Notre-Dame-des-Neiges, Notre-Dame-des-Champs, Notre-Dame-des-Falaises, Notre-Dame-des-Torrents… Ils ramènent sans cesse aux racines chrétiennes de la France. Heureusement que les comités de laïcité qui s’acharnent avec des pieds de biche à déboulonner les traces d’une certaine histoire ne s’adonnent pas à la marche. Sinon, ils auraient des attaques d’apoplexie idéologique ! Durant ces quatre mois de marche, j’ai vu toute cette marqueterie, ce manteau d’Arlequin décrit par Fernand Braudel dans « L’identité de la France », ce pays qui conjugue la cigogne et la flamand rose, le saxifrage boréal et le mimosa, le calcaire urgonien des Calanques et le schiste des Vosges. Et dire, qu’en plus, nous autres français, avons un goût pour la discorde… Nous en avons même fait une esthétique et une métaphysique… Julien Benda écrit : « L’histoire de France est une affaire Dreyfus en permanence. » Comment, dans ces conditions, avons-nous pu nous faire notre unité avec 80 rois, 5 républiques et un empire ? Cela tient du miracle. Michelet le dit : l’idée, c’est-à-dire l’Etat, a triomphé du réel. »

« Chaque arpent de ce pays a été béni par un écrivain »

« Notre pays est une spécificité à lui tout seul. On ne trouve pas le mot terroir en anglais, en allemand ou en ouzbek oriental. C’est la conversation virgilienne entre le ciel et la terre. Péguy écrit à propos de la Beauce : « 2 000 ans de labeur ont fait de cette terre un réservoir sans fin pour les âges nouveaux. » Chaque arpent de ce pays a été béni, formulé et adoubé par un écrivain. Quand on ouvre une carte de Vidal de La Blache, on voit d’abord une carte de la littérature. Il n’y a pas un arbre dans cet hexagone bizarre, qui n’ait été l’objet d’un roman. C’est Giono en Provence, Maupassant en Normandie, Chateaubriand en Bretagne, Aymé à Poligny, Chardonne en Charente… Tous ont permis aux régions d’avoir une vie littéraire. La culture régionale n’est pas un régionalisme. Il n’y a rien de plus universel. »

« L’Etat, c’est Gargantua »

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