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Prévention

Les collectivités montent au front contre le harcèlement scolaire

Publié le 06/10/2021 • Par Michèle Foin • dans : A la Une Education et Vie scolaire, Actu expert Education et Vie scolaire, France

harcelement sur internet
iStock Photo
Trop souvent les collectivités considèrent que la prévention du harcèlement relève de l’Education nationale. Or elle peut se faire sur tous les temps de l’enfant. Cela passe par la sensibilisation des enfants, la formation des agents qui sont à leur contact et la communication auprès des parents, et doit s’inscrire dans un temps long.

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En cette rentrée, le hashtag #anti2010, pour désigner les élèves de sixième nés en 2010, essaime dans les cours des collèges, symbole d’un risque de harcèlement scolaire de masse. Plus largement, 41 % des Français de 15 ans et plus déclarent avoir subi du harcèlement entre pairs dans un cadre scolaire ou périscolaire. Ce chiffre est issu de l’enquête miroir – qui met en parallèle les réponses du grand public et des enseignants – de l’Ifop menée en janvier pour l’association Marion la main tendue (1) et la région Ile-de-France.

« Il n’y a jamais eu d’étude aussi large », pointe Farida Adlani, vice-présidente chargée des solidarités, de la santé et de la famille à la région, qui a financé ce sondage auprès du grand public et des enseignants. « Dans cette enquête miroir, 83 % des enseignants admettent qu’il s’agit d’un fait d’ampleur, mais 29 % seulement que leur établissement est concerné, relève Nora Fraisse, présidente de l’association Marion la main tendue. Comme ils ne savent pas détecter les signaux faibles, la plupart passent à côté des cas de harcèlement, quand d’autres considèrent encore qu’il s’agit de chamailleries. »

De fait, 65 % des enseignants se disent démunis face à ce phénomène et 53 %, en manque de formation. De son côté, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, a annoncé, en mai, la généralisation pour cette rentrée du Programme de lutte contre le harcèlement à l’école, qui prévoit des ambassadeurs dans chaque établissement, et la constitution d’une équipe pluri-catégorielle dans les écoles et établissements, formée à la prise en charge du harcèlement.

Mais les agents territoriaux n’en font pas partie. « Une erreur » selon Thierry Vasse, directeur général adjoint (DGA) chargé de l’éducation, de l’enfance et de la jeunesse à Orvault (26 900 hab., Loire-Atlantique). « Le sujet est beaucoup trop scolarocentré. Si les enfants sont harcelés en classe, cela continue à la cantine, en centre de loisirs, dans le bus scolaire… C’est l’ensemble des temps de l’enfant qui sont impactés », insiste-t-il.

Conférence-débat, entretiens, vidéos…

Les collectivités ont donc un vrai rôle à jouer dans la prévention. « Trop souvent, elles se cachent derrière leur petit doigt en pensant que c’est du ressort de l’Education nationale ! » s’insurge Nora Fraisse, qui prône des actions de prévention dès l’école primaire. Pour elle, les territoriaux doivent être formés. « Le personnel de cantine, d’entretien, le gardien, le chauffeur de bus, etc., ne sont pas considérés comme des adultes référents d’autorité par les harceleurs. Ils peuvent donc être témoins, mais ils n’osent pas agir », indique-t-elle.

Former les agents, c’est précisément l’une des actions phares de la stratégie de prévention d’Orvault, lancée en 2018. Après une conférence-débat avec une pédopsychiatre afin d’apprendre à décrypter le harcèlement, les agents ont été initiés à la méthode de la « préoccupation partagée », qui consiste en une série d’entretiens individuels avec la victime et les harceleurs. « Pour éviter que le soufflé ne retombe, nous avons ensuite formé des référents harcèlement. Des personnes ressources qui font vivre le sujet dans la durée », ajoute le DGA.

Pour les enfants, des ateliers éducatifs ont été organisés dans le cadre des activités périscolaires, donnant lieu à la réalisation de vidéos présentées lors du concours national Non au harcèlement. Au bout de quatre ans, l’action porte ses fruits. « Nous avons su très vite arrêter des situations qui auraient pu s’enkyster, et les demandes de changement d’école se font rares », constate Thierry Vasse.

Médiation par les pairs

A Saint-Quentin (53 900 hab., Aisne), dès 2008, le maire mise sur la médiation sociale et culturelle dans sa ville et crée un service dédié. En 2015 est lancée une initiative de médiation par les pairs. « Nous voulions intervenir sur le climat scolaire et former nos jeunes à devenir des citoyens attentionnés envers leurs camarades », raconte Jimmy Fakourou, le chef du service.

La médiation par les pairs est d’abord inscrite dans le projet d’établissement ou d’école. « Les enseignants doivent prendre part au projet », appuie-t-il. Un référent est alors désigné parmi eux. Puis les élèves volontaires (à partir du CM1) sont formés à la médiation, à raison de cinq modules d’une heure pour les initier aux techniques de gestion de microconflits. Les jeunes sont ensuite organisés en binômes, et interviennent selon un planning géré par le référent. « Aujourd’hui, dix écoles sur quinze, tous les collèges et deux lycées participent », détaille-t-il.

Et, depuis la rentrée 2019, Vanessa Marcotte, médiatrice sociale, travaille dans les trois quartiers prioritaires de la ville, dans le cadre de la Cité éducative (2). « J’agis dans et hors les murs. J’assure ainsi une présence rassurante à la sortie des établissements, car c’est là que le harcèlement est le plus important », explique-t-elle. Le phénomène a-t-il cessé pour autant ? « Il serait prétentieux de l’affirmer, convient Jimmy Fakourou. En revanche, les situations pour lesquelles nous avons été saisis sont toutes réglées. »

Atelier par la police municipale

La ville de Millau (22 000 hab, Aveyron), elle, s’est associée à la mutuelle MAE pour bâtir son action pédagogique contre le harcèlement. « Trois axes ont été retenus : sensibiliser, prévenir et former », relate Janine Creyssels, directrice du service « éducation ». Ainsi, une demi-journée de formation a été dispensée par la MAE au personnel communal afin de mieux cerner les comportements violents et repérer les enfants en situation de mal-être. En parallèle, la médiathèque a accueilli toutes les classes de grande section pour un travail sur les émotions. « En élémentaire, un travail pédagogique a été mené sur les temps scolaires et périscolaires pour fixer des règles communes pour le mieux vivre-ensemble », complète la directrice.

Certes, le Covid a enrayé beaucoup de projets, mais l’un des freins reste la motivation des enseignants, pas toujours au rendez-vous. A Carcassonne (46 500 hab., Aude), une action de prévention mise en place depuis 2015 par la police municipale pourrait s’arrêter faute d’effectifs suffisants. Chaque année, Peggy Langloys, brigadière-cheffe principale de la police municipale intervient avec un collègue auprès des 29 classes de CM2. Durant quatre heures, le binôme déroule un atelier de prévention à base de films, de débats et de mises en situation. « Les enseignants font ensuite un travail en classe avec les documents que nous leur apportons », plaide l’agent qui espère avoir l’aval du maire pour poursuivre.

Malheureusement, la coopération entre communes, départements et régions n’est pas encore au rendez-vous. « Si nous travaillons avec les chefs d’établissement des collèges, nous ne sommes pas en lien avec le département. Les agents du secondaire ne participent pas à nos formations », souligne Thierry Vasse. La région Ile-de-France et l’agglomération Paris-Saclay soutiennent financièrement la première structure en France dédiée aux jeunes victimes de harcèlement scolaire, « la maison de Marion » inaugurée à Orsay, en Essonne, en novembre 2020. « Cela dépasse le cadre du lycée. Il y a nécessité d’intégrer les départements. Nous leur avons fait un appel du pied pour qu’ils nous suivent », concède Farida Adlani, qui entend développer ces lieux d’accueil.

« Agir dès l’école primaire »

Nora Fraisse, présidente de l’association Marion la main tendue

« Le harcèlement a lieu à l’école dans la cour, à la cantine, sur le chemin de l’école… L’enfant, quand il est harcelé, ne se pose pas la question de savoir si c’est du ressort de la commune, de l’Education nationale ou du département. Pour une meilleure prévention, c’est dès l’école primaire qu’il faut agir, en se positionnant du côté de la personne cible. Les communes doivent s’engager. Elles agissent ainsi sur plusieurs conséquences : les conduites addictives et délictuelles, le décrochage scolaire, la santé mentale, les violences intrafamiliales. Elles favorisent un meilleur climat communal. »

 

« Nous recrutons neuf personnes qui interviendront dans les collèges »

Jean-François Parigi, président du conseil départemental de Seine-et-Marne

PHOTO - 10314730.BR.jpg« Cette année, nous lançons une campagne de sensibilisation au harcèlement sur le thème du collectif comme rempart contre le harcèlement scolaire. Elle est illustrée par un street artist seine-et-marnais. En parallèle, nous recrutons une brigade de neuf personnes, de niveau bac + 2, qui interviendra dans les collèges sur appel du principal pour aider les équipes pédagogiques. L’association Marion la main tendue nous accompagne dans cette démarche. Nous avons signé avec elle une charte et une convention. Mais nous ne sommes ni juges ni psychologues. Nous donnons les moyens au monde associatif de répondre à ses missions, sous forme de subventions, de locaux. »

 

Grande Cause nationale ?

Les sénatrices Sabine Van Heghe et Colette Melot ont présenté les conclusions du rapport de la mission d’information sur le harcèlement scolaire et le cyber harcèlement. Elles proposent notamment que ces deux phénomènes soient déclarés Grande Cause nationale pour la rentrée 2022-2023.

Thèmes abordés

Notes

Note 01 L’objectif de l’association Marion la main tendue est la prévention et la lutte contre les violences et le harcèlement en milieu scolaire, ainsi que les cyberviolences. Retour au texte

Note 02 Approche partenariale qui permet, sur un territoire de la politique de la ville, d’intensifier les prises en charge éducatives Retour au texte

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