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[Interview] Crise sanitaire

« On a du mal à faire passer le message sur les capteurs de CO2 »

Publié le 29/09/2021 • Par Olivier Schneid • dans : A la Une Education et Vie scolaire, Actu expert Education et Vie scolaire, France

Hélène-Rossinot
DR
Alors que le Conseil scientifique Covid-19 insiste sur la transmission du virus par aérosols en lieux clos, donc sur l’importance d’une aération régulière des locaux et d’une surveillance de la qualité de l’air par l’usage de capteurs de CO2, les collectivités hésitent encore à en équiper les établissements scolaires dont elles ont la responsabilité. Médecin de santé publique, engagée dans le collectif Du côté de la science, Hélène Rossinot s’étonne de leurs réticences et reproche à l’Etat sa retenue.

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Nombre de collectivités s’interrogent sur la pertinence de doter leurs écoles, collèges et lycées de capteurs de CO2, d’autant que le coût n’est pas négligeable. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Je me mets à la place des collectivités. Le ministère de l’Education nationale (MEN) a longtemps ignoré ce sujet, bien que cela fasse plus d’un an que nous réclamons des capteurs de CO2 dans les établissements scolaires. On l’a vu opérer une légère inflexion dans le protocole de rentrée. Mais il faudrait qu’il fasse de la pédagogie, notamment vis-à-vis des élus. Avec aussi peu de communication, je trouve qu’on a déjà de la chance que certaines collectivités décident de s’engager dans cette voie…

Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, rappelle régulièrement que le déploiement de capteurs de CO2 relève d’une « compétence des collectivités locales »…

Tout le monde se renvoie la balle. Mais s’il avait organisé une information ferme et claire sur les dangers de l’aérosolisation, donc, la nécessité d’acquérir des capteurs de CO2 pour mesurer régulièrement la qualité de l’air, je pense qu’à la rentrée, les collectivités auraient été mieux équipées.

Menez-vous des actions pour les en convaincre ?

On fait ce qu’on peut, par exemple en publiant des tribunes pour alerter l’opinion, donc aussi les élus, mais on n’a bien sûr pas le poids du MEN, et Jean-Michel Blanquer ne nous écoute pas particulièrement… Le collectif Du côté de la science et le site nousaerons.fr publient des informations et des fiches pratiques sur la contamination par aérosols, la ventilation, le choix d’un détecteur de CO2, etc. Des syndicats d’enseignants nous ont posé des questions pratiques sur la façon d’aérer et de créer des courants d’air, selon l’organisation de la salle et le type de fenêtres. On a beaucoup de mal à faire passer le message sur le phénomène d’aérosolisation. J’ai l’impression qu’on en est encore au gel hydro-alcoolique et à la désinfection des tables et des chaises comme outils de lutte contre la circulation du virus.

Comment expliquez-vous cette discrétion du gouvernement ?

C’est un gros point d’interrogation pour moi. La Société française de pédiatrie (SFP), à rebours du consensus scientifique international, n’a pas aidé à force de dire que les enfants ne se contaminaient pas à l’école, ce qui est aussi la rhétorique de Jean-Michel Blanquer (le ministre considère la SFP comme une « boussole », ndlr). Je pars du principe que tout ce qui contribue à empêcher la circulation du virus est bon à prendre. En particulier quand c’est aussi simple que cela, car les mesures à prendre ne sont pas extrêmement contraignantes et le coût n’est pas démesuré.

Les collectivités invoquent pourtant le coût comme étant un obstacle, alors que la crise sanitaire a déjà engendré des dépenses importantes pour elles…

Si chacune achète des capteurs de CO2 de son côté, ça coûtera forcément plus cher qu’une commande groupée. Et c’est là que le MEN pourrait intervenir… On peut aussi les confectionner. Certes, dans le primaire, les élèves sont trop petits, mais faire participer des collégiens, par exemple, en cours de technologie, à la fabrication de capteurs aurait une vertu pédagogique. Pour eux-mêmes, et ensuite pour leurs parents, à qui ils expliqueront ce qu’est l’aérosolisation.

Afin de limiter les coûts, les collectivités sont plus enclines à acquérir des capteurs mobiles que fixes, car il en faudrait alors un nombre plus important. Qu’en pensez-vous ?

Si le budget est un problème, c’est très bien ainsi, car on peut utiliser le capteur mobile pour étalonner. Si vous avez toujours le même nombre d’élèves dans la pièce, que la configuration de la salle ne bouge pas, vous aurez au bout, disons, d’une semaine une bonne idée de la fréquence nécessaire d’aération. Si, par exemple, le capteur vous dit qu’il faut aérer tous les quarts d’heure, vous pourrez partir de ce principe. 

Et le purificateur d’air ?

C’est le plan B. Le plan A, c’est l’aération et les capteurs de CO2. Mais des écoles ont des classes disposant de peu de fenêtres ou n’ouvrant qu’en format oscillo-battant, ce qui est insuffisant pour une bonne aération. Dans de tels cas, le purificateur d’air est intéressant… mais seulement avec un filtre Hepa. Par ailleurs, outre le fait qu’il est plus cher, il peut être bruyant et doit être adapté à la taille de la pièce. Ce ne sera pas le même appareil si on veut purifier l’air d’une salle de trente élèves ou d’une cantine. Il vaut donc mieux aérer, mais si on ne peut pas, ou d’une manière insuffisamment efficace, cet outil est intéressant.

La ventilation naturelle va se compliquer à l’approche de l’hiver…

La question de l’aération se pose tout le temps mais, c’est vrai, elle va devenir plus sensible à mesure que les températures extérieures vont baisser. Autant il est encore envisageable actuellement de garder les fenêtres ouvertes toute la journée, autant cela deviendra plus difficile d’ici quelques semaines, rendant par conséquent d’autant nécessaire le suivi de la qualité de l’air.

Cela dit, le capteur de CO2, ça ne vaut pas seulement dans le cadre de la lutte contre le Covid. La qualité de l’air intérieur est un problème de santé publique qui a été sous-estimé jusqu’à maintenant. Les mairies sont d’ailleurs censées travailler sur cette question. Et le capteur le permet justement. Quand on fait des tests, on peut voir le niveau de CO2 monter de manière assez surprenante et souvent très rapidement.

 

« Jeu de ping-pong »

 D’un côté, le ministre de l’Education nationale souligne que l’acquisition de capteurs de CO2 « relève de la compétence des collectivités locales » ; de l’autre, les associations d’élus mettent en avant les dépenses lourdes imposées par la crise sanitaire pour justifier leur réticence à consentir à cet investissement supplémentaire. Alors, le premier a, le 19 août, promis un « appui » de l’Etat, car le financement « ne doit pas être un frein à l’équipement », et il a annoncé la publication d’une circulaire pour en fonder le déploiement. Mais le texte tarde à venir. « On assiste à un jeu de ping-pong entre les deux parties », déplore la porte-parole du syndicat d’enseignants SNUipp-FSU, Guislaine David. Très actif sur les réseaux sociaux, le collectif Ecole et Familles oubliées, un « groupe de parents pour une école en sécurité face au Covid-19 » a, samedi 25 septembre, interpellé l’Association des maires de France (AMF) en lui demandant de faire preuve de « bon sens face à l’irresponsabilité des décisions gouvernementales »

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