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Aménagement

Les quartiers culturels créatifs, un concentré de développement urbain

Publié le 30/09/2021 • Par Sophie Le Renard • dans : Actualité Culture, France, Innovations et Territoires

Rouen_MdBA Velvet CC BY SA 4.0
Musée des beaux-arts de Rouen © Velvet CC BY SA 4.O
Le ministère de la Culture lance un appel à projets ouvert aux collectivités de toute taille pour développer les quartiers culturels créatifs. Outils de transformation urbaine, ces quartiers sont aussi considérés comme des vecteurs de revalorisation des territoires urbains et de développement économique.

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Le quartier des pectacles, à Montréal, celui des musées, à Vienne, ceux de la création et des Olivettes, à Nantes, la Cité du design à Saint-Etienne… Tous peuvent être qualifiés de « quartiers culturels et créatifs ». Dans des secteurs de la ville bien identifiés, ces clusters sont souvent structurés par de grandes institutions culturelles (musées, théâtres, opéras). A proximité se développent différents lieux d’exposition, des ateliers d’artistes, mais aussi des espaces de coworking et autres falabs. Devenus attractifs, ils séduisent des promoteurs immobiliers, des commerces, des bars, des restaurants, des cinémas…

Outils de transformation urbaine

Ces types de quartiers, qui existent depuis une vingtaine d’années, se sont plutôt développés dans les métropoles. Issus de dynamiques émergentes plutôt informelles et spontanées à leurs débuts, ils sont peu à peu devenus des outils de transformation urbaine, de revalorisation de l’image d’un territoire, mais aussi de développement économique de la filière des industries culturelles et créatives. Les espaces publics, largement transformés, végétalisés et dotés d’art urbain, sont devenus des lieux de vie et de culture. Les anciens sites industriels, tels que les halles Alstom, à Nantes, ou la manufacture d’armes, à Saint-Etienne, ont souvent été le point de départ de leur création.

Aujourd’hui, les quartiers culturels créatifs reviennent sur le devant de la scène, à la faveur d’un appel à projets lancé par le ministère de la Culture, dans le cadre du plan de relance. En 2019, l’ancien ministre de la Culture, Franck Riester, avait annoncé ce dispositif ouvert aux villes moyennes du programme Action cœur de ville (ACV). Près de deux ans plus tard, la mécanique semble enclenchée : 3 millions d’euros sont mobilisés en 2021 et 2022 pour participer au financement de projets à venir ou en cours de développement.

L’enveloppe annuelle est une subvention plafonnée à 150 000 euros par projet, ce qui permettrait d’accompagner entre 20 et 30 projets sur ces deux années. Lors de la première vague de l’appel à projets, au mois de juin, 75 structures ont été candidates, et trois nouvelles sessions sont programmées d’ici à la fin 2022. Par ces aides, le ministère souhaite soutenir la coopération entre les acteurs culturels, la revitalisation des territoires par la culture, la promotion de son offre dans les territoires et le renouveau d’espaces de sociabilité autour d’activités culturelles.

Quartier culturel créatif ou tiers lieux ?

Ouvert aux acteurs publics ou privés, cet appel à projets doit permettre d’aider les entreprises culturelles (commerces, artisans, artistes, indépendants, galeries, librairies…) à mieux se structurer et à se développer au sein de ces quartiers, aussi qualifiés de tiers-lieux. « Dans cet appel à projets, la définition donnée est très floue. En effet, les tiers-lieux culturels évoqués ne sont pas à la même échelle qu’un quartier culturel », déplore Basile Michel, géographe et maître de conférence à Cergy Paris Université, qui a travaillé sur ces problématiques tant à Nantes qu’en Chine (lire ci-contre).

De son côté, l’Agence nationale de la cohésion des territoires, qui pilote le programme ACV, semble peu impliquée, mais aussi largement dubitative sur les enjeux de cet appel à projets. « Les sommes engagées sont modestes et les délais très courts. Cela va juste permettre de donner quelques financements à des tiers-lieux existants. Nous allons relayer auprès des villes du programme ACV, dont plus de 20 % développent des initiatives culturelles. Nous portons l’espoir de projets plus ambitieux », dit avec conviction Jean Guiony, directeur adjoint du programme ACV. Il prône le soutien de différents services de l’Etat rattachés au ministère de la Culture, à l’image de l’implication de l’établissement public de La Villette pour les « microfolies ».

Risque de sur-concentration culturelle

A Rouen (111 400 hab.), le projet Beauvoisine est en cours d’élaboration, après une longue concertation. Situé dans le secteur géographique du nouveau quartier des Musées, il « a été pensé dans l’état d’esprit de l’appel à projets du ministère de la Culture, note Laurence Renou, vice-présidente de la métropole Rouen Normandie. L’idée est qu’un écosystème créatif avec des ateliers d’artistes, des galeries d’art et d’autres entreprises culturelles puisse s’implanter ». Mais, après cette période de pandémie, le quartier des Musées a surtout bénéficié aux agences immobilières, aux chambres d’hôtes et autres locations de type Airbnb.

Les quartiers culturels créatifs doivent contribuer à la revalorisation de la ville et sont situés très majoritairement dans les zones centrales ou péri-centrales. Ce qui pose la question de l’accès à la culture pour tout le territoire. Ces quartiers « portent le risque de sur-concentrer les efforts sur une portion spécifique de la ville au détriment des autres. Mais cela a aussi permis une revalorisation de certains quartiers très dégradés », nuance Basile Michel.

Processus de gentrification

Ce fut le cas du quartier des Olivettes, à Nantes (314 100 hab.). Né de l’occupation temporaire de friches industrielles par des artistes, c’est, depuis les années 2000, un lieu d’effervescence dans les milieux de la musique, du théâtre et du graffiti. Moins « underground » aujourd’hui, il comprend de nombreux espaces de coworking privés ainsi que des lieux artistiques. Les acteurs de ces secteurs effectuent un travail de terrain avec les habitants, par le biais de nombreuses activités. Comme pour d’autres quartiers de ce type, les Olivettes, situé en bord de Loire, n’échappe pas à un processus de gentrification, avec la venue d’une population de catégories socioprofessionnelles supérieures. Même si des logements sociaux ont été construits dans ce secteur géographique.

Le changement d’identité des quartiers culturels créatifs, surtout s’il s’accompagne de projets immobiliers de promoteurs privés, est l’un des reproches les plus récurrents pour ce modèle de développement urbain. « A Saint-Etienne, nous essayons d’éviter ce prisme de la gentrification pour la Cité du design. Nous souhaitons mixer les usages, comme pour l’hôtel que nous allons implanter dans le cœur de quartier. Il offrira à la fois une résidence étudiante avec des grands dortoirs et des chambres d’un bon niveau de confort. Nous souhaitons aussi faire venir d’autres profils d’élèves à l’Ecole supérieure d’art et de design en créant une classe préparatoire pour des jeunes en décrochage ou qui n’ont pas les diplômes requis », explique Marc Chassaubéné, adjoint au maire, chargé de la culture.

Cette ville, dont les activités industrielles ont longtemps été en lien avec l’art, a créé, en 2008, une Cité du design sur le site de l’ancienne manufacture d’armes. « Pendant des années, un fossé s’est creusé entre la Cité du design et la population, sans doute par manque de pédagogie. Mais, dix ans après, les choses changent. Un nouvel investissement de 60 millions d’euros donnera une seconde dimension à ce quartier créatif à l’échéance 2025 », observe l’élu, qui tient à renforcer le lien avec les habitants. Au programme : une galerie nationale du design, une cabane pour les enfants, mais aussi des commerces, des bars, des restaurants…

« Les pouvoirs publics intègrent ces initiatives dans leur marketing territorial »

Basile Michel, maître de conférences en géographie à Cergy Paris université

Basile Michel, © Cergy Paris Université

Basile Michel, © Cergy Paris Université

« Je me suis intéressé aux quartiers culturels et créatifs par le biais de dynamiques spontanées initiées par des acteurs locaux associatifs privés et publics plutôt que planifiées. Les pouvoirs publics vont ensuite labelliser ces initiatives, les institutionnaliser puis les intégrer dans leur marketing territorial. Ces quartiers deviennent un élément d’attractivité touristique et de valorisation de l’image d’un territoire. Même de façon spontanée, les activités culturelles et créatives ont un intérêt à se regrouper dans un secteur géographique. Plus visibles, les acteurs peuvent développer des réseaux, mutualiser du matériel, dans un environnement urbain stimulant. »

 

« Nous souhaitons que les musées ne soient plus confinés dans leurs murs »

Laurence Renou, vice-présidente de Métropole Rouen Normandie, chargée de la culture (71 communes, 492 700 hab.)

Laurence Renou © Métropole Rouen Normandie

Laurence Renou © Métropole Rouen Normandie

« Le quartier des Musées, à Rouen, est né de la volonté de donner une identité à ce secteur jusque-là peu accueillant, en reliant cinq musées de la ville aux collections remarquables. Les espaces publics ont été restructurés pour connecter tous les équipements et créer des rues piétonnes, un square et un amphithéâtre. Devenu plus respirable, ce quartier est un lieu de détente et de loisirs, où l’accès aux musées est gratuit. Nous souhaitons que ceux-ci ne soient plus confinés dans leurs murs mais deviennent des acteurs de l’espace public par le déploiement de créations artistiques. Cinéma, concerts, festival de rock, théâtre permettent une appropriation de ce quartier par les habitants. Dans ce même secteur, le pôle muséal Beauvoisine est en cours de conception. Il mixera les collections de deux musées afin de raconter toute l’histoire de ce territoire à travers des prismes contemporains. »

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