Sites Seveso

« Moins de 10 % des logements à risque ont été traités »

| Mis à jour le 27/09/2021
Par • Club : Club Techni.Cités, Club Prévention-Sécurité

Amaris

Où en est-on 20 ans après la catastrophe d’AZF ? L’Association nationale des collectivités pour la maîtrise des risques technologiques majeurs (Amaris) a dressé le bilan des politiques de prévention et de gestion des risques mises en œuvre.  Pour Alban Bruneau, son président, la sécurité des riverains des sites Seveso reste un point noir.

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Gestion de crise : une culture du risque à développer et entretenir

Est-ce que le risque industriel s’est réduit ?

Oui, c’est indéniable. Suite au choc provoqué par la catastrophe d’AZF, une loi a été adoptée en 2003, dite loi Bachelot, qui a permis de réduire le risque à la source au sein des sites. La majorité des industriels ont fait le nécessaire : ils ont fait des investissements pour modifier leurs process, leurs conditions de stockage, l’abandon de produits toxiques, notamment. Toutefois, on est allé dans le mauvais sens avec la suppression des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, les CHST (depuis le 1er janvier 2020, Ndlr). Les salariés dans les usines sont les premiers concernés par la sécurité, à détecter des problèmes et à alerter. Or souvent, on s’aperçoit que les catastrophes industrielles résultent d’une succession de petits dysfonctionnements.

Bref le risque zéro n’existe pas. C’est la raison pour laquelle la loi Bachelot a aussi mis en place des dispositifs de maîtrise de l’urbanisation à travers les plans de prévention des risques technologiques, les fameux PPRT. Sur les 389 prescrits depuis 2003, 385 ont été approuvés.

Ces PPRT comptent des mesures censées réduire les risques auxquels sont exposés les habitants, les activités économiques, et les établissements recevant du public, installés près d’un des 731 sites Seveso seuil haut. Où en sommes-nous ?

En effet, les PPRT prévoient de réduire la vulnérabilité des bâtiments qui se situent à proximité de sites à risque. Sur ce plan, le bilan est nuancé. Il reste beaucoup à faire.  Sur les 16 000 logements concernés par des travaux de sécurisation, seuls 1500 ont été traités. Il s’agit essentiellement de réduire le risque de suppression et de renforcer les menuiseries pour éviter que les vitres ne volent en éclats comme cela s’est produit lors de la catastrophe d’AZF.  Ils restent des freins à lever et notamment financiers. Ces travaux sont coûteux, ils peuvent représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros. La loi prévoit qu’ils soient pris en charge à 90 %. Il reste donc 10 % à la charge des propriétaires. Et surtout la loi prévoit que sur les 90 %, 40 % soient financés en crédit d’impôt. Donc les gens sont remboursés un an après. Pour une facture de 20 000 euros par exemple, ils ont 8000 euros à avancer. Des expériences sont conduites ici ou là pour lever cet obstacle. Sur ma commune, nous avons réussi à se mettre d’accord avec les industriels, l’intercommunalité pour prendre en charge les 10 % restants et la ville avance le montant du crédit d’impôt.

Qu’en est-il de la baisse du nombre d’inspecteurs des installations classées ?

Après la catastrophe de Lubrizol le 26 septembre 2019, l’Etat a décidé de renforcer les effectifs de contrôle. 50 postes ont été annoncés pour la France entière. Ce n’est pas suffisant. Il faut que les directions régionales de l’environnement et du logement (Dreal) aient les moyens de travailler correctement. Je suis maire (PCF) de Gonfreville-l’Orcher (10 000 hab, Seine-Maritime, Ndlr), située dans l’agglomération havraise qui compte 16 sites Seveso seuil haut dont la moitié sur le territoire de ma commune. Sur mon département, ces renforts représentent à peine un poste.

 Quels sont les futurs chantiers d’Amaris ?

On réfléchit à travailler sur les impacts sanitaires et environnementaux des activités industrielles et notamment sur la question de la pollution des sols. Plusieurs collectivités adhérentes sont concernées. Elles se retrouvent avec des sites pollués, ou l’urbanisation est verrouillée. Comme le foncier devient rare, d’autant plus que l’on va vers le zéro artificialisation nette, c’est un enjeu important. Il faudrait dépolluer, mais cela a un coût

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