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HAUTE FONCTION PUBLIQUE

Les futurs hauts fonctionnaires veulent verdir leur formation

Publié le 17/09/2021 • Par Gaëlle Ginibrière • dans : A la une, A la Une RH, France, Toute l'actu RH

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F. KOBI/MAXPPP
Saisissant l'opportunité de la refonte de l'ENA, les élèves des grandes écoles des services publics entendent peser sur l'élaboration de leur cursus en y introduisant davantage de modules relatifs à la transition écologique.

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Ils sont 138 élèves d’AgroParisTech – École des ponts et chaussée, de l’École des hautes études en santé publique, de l’ENA, de l’Institut national des études territoriales (Inet), des Mines ParisTech, de l’École nationale de la magistrature ou encore de l’École nationale de la statistique et de l’administration économique à avoir interpellé les pouvoirs publics, le 21 juin, dans les colonnes du journal « Le Monde ». Leurs revendications ? Profiter de la création de l’Institut national des services publics (INSP, amené à remplacer l’ENA, et qui va animer un tronc de formation commun à quatorze écoles), pour demander à être formés de façon plus approfondie aux questions de transition écologique.

Polytechnicien élève de l’école des Mines et membre de l’association « Pour un réveil écologique », qui œuvre à intégrer la transition dans les formations et les entreprises, Angel Prieto a mobilisé les référents des groupes de réflexion sur l’environnement au sein de ces écoles, des responsables d’association et des personnes engagées à titre individuel pour former un collectif, qui a planché sur cette tribune. « Une démarche salutaire, qui vient poser cet effrayant constat : les hauts fonctionnaires en poste – mais c’est aussi le cas des élus, des chefs d’entreprise, etc. – n’ont, pour la plupart, jamais été formés à ces questions, alors qu’il reste quelques années à peine pour faire bifurquer les trajectoires », juge Sébastien Maire, délégué général de France Ville durable.

Un rôle à jouer

Les élèves signataires (ils étaient 184 au 8 septembre) déplorent, eux, le contraste entre la volonté de changements qu’ils portent et leurs connaissances à l’entrée dans leurs écoles. « C’est d’autant plus vrai à l’Inet, où une grande partie de la promotion sort de cursus généralistes, notamment des instituts d’études politiques, qui permettent d’avoir une conscience des enjeux, mais peu d’outils pour mettre en œuvre des solutions », observe Renaud Schroer, élève administrateur territorial à l’Inet.

Ils n’ont rien de ZADistes, mais aspirent à jouer un rôle pour éviter une catastrophe climatique dont ils ne doutent pas. Et ils entendent, en tant que futurs hauts fonctionnaires, être solidement armés pour relever ce défi, trouver des solutions et convaincre les élus. Sorti du cursus d’administrateur territorial de l’Inet en juin, Jean-Baptiste Caridroit note que sa promotion est la première à avoir suivi deux modules sur les transitions : « Mais je regrette que les questions environnementales ne soient pas un prérequis au concours, car le temps passé à se mettre à niveau à l’école ne permet pas d’approfondir le sujet. Et il m’a manqué des cas concrets, comme des retours d’expérience sur les stages de mes camarades. »

Ce besoin de partage de bonnes pratiques et de méthodes est au cœur de leurs attentes. « Il existe énormément de leviers pour infléchir les politiques publiques dans le sens de la transition : il serait pratique de connaître les dispositifs à notre disposition en fonction du champ de compétences de la collectivité dans laquelle on travaille. D’autres outils, par exemple financiers, sont à construire, qui permettraient d’arbitrer les politiques publiques à l’aune de leur impact écologique », avance Stéphanie Bailo, élève ingénieure territoriale en chef à l’Inet.

Une temporalité longue

Le contenu de l’axe « transition écologique » du tronc commun, tel qu’il vient d’être conçu, semble satisfaire les signataires de la tribune, mais en tant que premier pas. « Vingt heures, c’est juste un peu en dessous de ce qui serait nécessaire, mais la qualité est au rendez-vous. Ce serait encore mieux de traiter aussi le sujet de manière transversale dans les autres axes du tronc commun, et de les décliner dans les cursus propres à chaque école », analyse Angel Prieto.

Concernant l’Inet, son directeur, Franck Périnet, devrait échanger avec les élèves à ce sujet fin septembre. « De façon à étayer la production des politiques publiques, il est aussi souhaitable de rapprocher nos formations du monde de la recherche, car les connaissances évoluent très rapidement dans ce domaine », complète Stéphanie Bailo. De son côté, Renaud Schroer reste attaché à l’autonomie accordée aux élèves administrateurs de l’Inet pour construire eux-mêmes certains modules et aimerait la voir retenue dans le tronc commun. « Selon les personnalités que les élèves choisissent d’inviter, il y a matière à créer un véritable débat », avance-t-il. « Il existe aussi un vrai potentiel inter-filières dans le futur INSP, qui pourrait accélérer les partages d’expérience entre différentes écoles et nous donner le réflexe de travailler ensemble », poursuit Elsa Cler, élève administratrice territoriale à l’Inet. Car ils en sont convaincus : l’inflexion des politiques publiques passe par la concertation entre acteurs.

Pour accélérer la transformation des formations, il faut arriver avec des solutions clés en main pour les directions. Expérimentée avec succès à l’école des Mines il y a deux ans, cette méthode doit pouvoir être transposée aux autres écoles des services publics.

Angel Prieto, élève de l’école des Mines

« Dans mon expérience, les meilleures idées émergent autour d’un bon tour de table de personnes qui se font confiance », note Stéphanie Bailo. Les élèves voient également plus loin que les douze à dix-huit mois (en ce qui concerne l’Inet) de leur scolarité. Ils espèrent notamment que la transition écologique figure également dans les attendus de leurs futures fiches de poste. « Il y a aussi un enjeu presque éthique de prendre en compte la temporalité longue des projets environnementaux, qui ne coïncide pas avec les cycles électoraux », pointe Elsa Clerc.

Une logique systémique

Et ils ont déjà en ligne de mire la formation continue, pour les accompagner tout au long de leur carrière et acculturer leurs aînés. Sur ce plan, l’Inet et le CNFPT annoncent pour novembre la première promotion de son cycle supérieur de la transition, construit avec l’ADT-Inet. « Un mélange de connaissances théoriques, des modes de faire et des dispositifs à connaître, ainsi que des bonnes pratiques », résume Bruno Paulmier, président de l’ADT-Inet (lire encadré).

De son côté, France Ville durable proposera, en 2022, un programme à l’adresse d’abord de ses adhérents, mais qu’elle serait heureuse de déployer auprès d’autres publics. Celui-ci inclura l’Anthropocène, de façon à réaliser que la situation est grave sans tomber dans la collapsologie, mais aussi les causes de la situation et, surtout, les outils et méthodes pour engager concrètement la transition dans une logique systémique. « Nous nous appuierons sur des cas de réalisations, car il n’est plus temps d’expérimenter des innovations qui seraient massifiables dans dix ans, ce serait trop tard. Il faut désormais passer à la loupe les exemples réussis, tout en se basant davantage sur les processus que sur les solutions, restant propres à chaque territoire », décrit Sébastien Maire.

Tout juste sorti de l’Inet, Jean-Baptiste Caridroit, qui avait déjà monté, lors d’un stage, un atelier sur les principaux chiffres à avoir en tête en matière d’enjeux environnementaux, animera un atelier à ce sujet lors du congrès annuel de l’Association des administrateurs territoriaux de France, fin septembre. La nouvelle génération prend décidément la main.

« S’approprier des compétences très diverses », Bruno Paulmier, président de l’association ADT-Inet

Bruno-PaulmierLe renforcement du bagage scientifique des hauts fonctionnaires territoriaux est indispensable pour mener la transition des politiques publiques. Et je pense aussi bien aux sciences dures qu’aux sciences molles, par exemple la sociologie qui a un très grand rôle à jouer. On l’a vu avec le mouvement des « gilets jaunes » : la décision d’augmenter la taxe sur les carburants, annoncée froidement, a été mal accueillie par des gens aux revenus modestes qui ont pensé que cette hausse pèserait uniquement sur eux. Mener la transition écologique suppose de savoir toucher les acteurs concernés, de mettre en jeu les parents ou les usagers du territoire qui sont derrière chaque citoyen. Les hauts fonctionnaires vont devoir s’approprier des compétences très diverses : développer des argumentaires pour permettre aux élus de tenir leur feuille de route, intégrer dans ces processus la participation des citoyens, mobiliser les agents en travaillant sur les représentations qu’ils ont de l’état de l’art dans leur domaine, communiquer sur l’évolution des politiques publiques auprès des citoyens… Ce sont toutes ces dimensions que la formation à la transition doit prendre en compte. »

 

 Les élèves diversement associés à l’élaboration du tronc commun
Cinq groupes de travail ont planché sur la définition du contenu du tronc commun à l’INSP et treize autres écoles de service public. Ils correspondent aux cinq axes du tronc commun : valeurs de la République, transition écologique, numérique, pauvreté, rapport à la science. Selon les thématiques qu’elles traitent, les écoles ont été associées à l’un ou l’autre. Partie prenante de la réflexion sur la transition écologique, la direction de l’école des Mines a proposé à l’un de ses étudiants d’y participer. Angel Prieto a ainsi pris part à l’élaboration du contenu des vingt heures de cours dédiées à la transition écologique. Le bilan est toutefois plus mitigé pour les élèves d’autres écoles, comme l’ENA ou l’Inet. « L’ENA devait être intégrée au groupe de travail sur les valeurs républicaines, mais les élèves n’y ont pas participé. Depuis la tribune [dans « Le Monde » du 21 juin, ndlr], nous sommes en revanche en contact avec le cabinet de la ministre de la Transformation et de la fonction publiques », indique Quentin Dubuis, qui vient de sortir de l’ENA, où il a animé le groupe de réflexion sur l’écologie.

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