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Numérique

Les grandes collectivités, locomotives de l’open data

Publié le 20/08/2021 • Par Alexandre Léchenet • dans : A la une, actus experts technique, France

Open data-UNE
D.R.
Vue il y a dix ans comme créatrice de croissance économique et de transparence, la donnée publique s’est affirmée comme un levier pour mieux piloter et fluidifier l’action publique. Mais les plus petites collectivités restent loin derrière les objectifs.

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Ouvertes, mais pas encore pleinement accessibles : tel est le constat que l’on peut dresser sur les données publiques, si l’on en croit les derniers chiffres du baromètre numérique 2021 réalisé par le Credoc. Si 27 % des Français interrogés déclarent avoir déjà consulté des données publiques, 42 % ne savent pas de quoi il s’agit. Dix ans après la création d’Etalab et l’ouverture du portail « data.gouv.fr« , et cinq ans après l’adoption de la loi pour une République numérique instaurant l’ouverture, par principe, des données, l’open data n’est pas encore identifiée dans le quotidien des Français. Ni dans les collectivités les plus petites.

Pourtant, du chemin a été parcouru en dix ans : en juin 2021, selon un décompte de l’Observatoire open data des territoires, l’intégralité des régions, deux tiers des départements et plus de la moitié des communes et intercos de plus de 100 000 habitants avaient ouvert leurs données. Un taux qui tombe sous les 10 % pour les autres collectivités concernées, de taille inférieure.

Nombre de collectivités ayant ouvert leurs données depuis 2016

Un rôle de tiers de confiance

Mais 50,3 % de la population française peut accéder à des données locales, toutes collectivités confondues. La vision de Simon Chignard et de Charles Nepote, deux acteurs de l’ouverture des données publiques, est encore plus optimiste dans leur bilan de dix années d’open data rédigé pour la Fing, think tank sur les transformations numériques. En prenant en compte « les nombreux jeux de données fournis par l’Etat à la maille communale ou infracommunale », mais également « les données communautaires », telles celles d’OpenStreetMap, « aucune partie du territoire métropolitain français n’est dépourvue de données ouvertes », écrivent-ils. Seule inégalité, selon eux : la densité de données proposées, qui diffère entre le « cœur d’une métropole » et un « territoire rural excentré ». « Nous sommes souvent tiraillés entre deux sujets, confirme Jean-Marie Bourgogne, délégué général d’OpenDataFrance, entre ceux qui ouvrent la voie et ceux qui font le service. Il faut réussir à ce que la fracture ne se creuse pas. »

Part des collectivités ayant ouvert leurs données en 2021, par strate

Dans cette optique, des régions et des métropoles envisagent leur rôle plus largement. La métropole de Rennes (43 communes, 451 800 hab.) travaille à une plateforme de territoire rassemblant un écosystème d’acteurs privés et publics. « Elle concernerait les collectivités de la métropole, mais aussi nos partenaires, comme Keolis ou l’association des Trans Musicales. L’objectif est de créer un catalogue commun, au service de l’intérêt public », détaille Ben Lister, chargé de mission « open data » à la métropole. Les collectivités les plus grosses se voient désormais comme des « tiers de confiance » pour faciliter l’ouverture et l’accès aux données sur le territoire.

Les grandes accompagnent les petites

« Nous avons une approche très globale : nous accompagnons les acteurs, publics comme privés, indique Nathalie Vernus-Prost, administratrice générale des données à la métropole de Lyon (59 communes, 1,4 million d’hab.). Nous travaillons sur une offre de service pour toutes les communes : c’est le rôle des plus grandes collectivités d’accompagner, dans la dynamique territoriale, les plus petites. » Une expérimentation a déjà permis à plusieurs communes du Grand Lyon d’ouvrir leurs données, facilitée par la création de schémas de données au niveau de la métropole. En effet, les standards se multiplient et facilitent le travail d’ouverture.

Ces schémas expliquent comment doivent être présentées les données, sous quelle forme et avec quel niveau de détail. Ils permettent ainsi de faciliter les réutilisations et de faire des économies d’échelle, chez les éditeurs, comme chez les réutilisateurs. Associées au sein d’OpenDataFrance, plusieurs collectivités élaborent des accords et des outils pour mettre en œuvre, le plus rapidement possible, ces standards.

Les éditeurs, parties prenantes

Aujourd’hui, chaque base de données composant le socle commun des données locales dispose de son standard. « Quand nous avons des organismes comme OpenDataFrance ou Etalab qui viennent imposer un standard, ça nous rassure vis-à-vis des éditeurs », relate Marc-Antoine Bouzigues, responsable « aménagement numérique et territoire intelligent » à La Roche-sur-Yon (54 800 hab., Vendée), avant de souligner les problèmes encore existants : « Malgré les clauses “open data” dans les contrats, le réflexe d’ouverture n’est pas bien entré dans la mentalité des éditeurs. »

Plus de cinq ans après l’obligation légale, il est toujours compliqué d’exporter facilement des données depuis certains logiciels. Signe d’espoir : l’adoption récente, sous l’égide d’OpenDataFrance, d’un standard pour les menus des cantines et la composition des plats est en cours de déploiement par les éditeurs. « C’est important de montrer qu’ils sont parties prenantes de ces dispositifs », se félicite Jean-Marie Bourgogne.

Un vrai objet politique

Autre espoir : la crise sanitaire aura révélé des atouts de l’open data en France. Pour se tenir informés de l’avancée de l’épidémie, de nombreux citoyens ont consulté l’outil CovidTracker, alimenté par les données ouvertes de Santé publique France ou du ministère de la Santé. Ces utilisations rappellent la philosophie première de l’open data : la transparence de l’action publique. Les périodes de confinement ont aussi poussé des collectivités à créer des plateformes référençant les commerces ouverts et indiquant s’ils livraient ou proposaient le retrait des commandes en ligne. Des plateformes alimentées grâce à d’autres acteurs qui donnent une vision de certains jeux de données et dont l’avenir est construit autour d’une communauté assurant leur mise à jour et réutilisation.

Ces initiatives encourageantes apportent des éléments de réponse à l’un des freins identifiés par Simon Chignard et Charles Nepote : l’absence de mouvement collectif en faveur de l’open data en tant que telle. En outre, comme le résume Jean-Marie Bourgogne, « au-delà des questions de transparence ou de levier économique, là où l’open data a été la plus utile, c’est pour améliorer l’efficacité des acteurs publics ».

Dans la métropole de Rennes, une petite commune a ouvert un fichier des subventions aux associations, permettant à des services de travailler sur un même référentiel, quand, auparavant, existaient, d’un côté, la liste des subventions, de l’autre, l’annuaire des associations. A Lyon, un document en ligne recense des « maisons de la métropole », fruit du travail de plusieurs services œuvrant également, avant, chacun dans leur coin. L’archivage des documents des marchés publics peut être facilité grâce à leur publication simplifiée, permettant d’identifier un nom de marché, une date…

Les défis restent nombreux : intégrer les coûts écologiques de ces données, améliorer la culture de la donnée dans les services, se poser la question de leur souveraineté. « Il faut offrir aux acteurs publics un accès aux données qui leur permette de piloter le territoire et de garantir le cadre de vie, espère Nathalie Vernus-Prost. Nous sommes passés d’une donnée comme brique technique à un vrai objet politique. »

« On démontre l’intérêt de l’ouverture par l’usage »

Simon ChignardSimon Chignard, spécialiste de l’open data et ancien conseiller stratégique chez Etalab

« La crise sanitaire a agi tel un révélateur, à la fois des limites des systèmes d’information existants, du manque de partage et de circulation de la donnée, ainsi que du potentiel de réutilisation, comme en témoigne le succès populaire de CovidTracker. C’est aussi la démonstration de la capacité de mobilisation de la société civile. Depuis dix ans, l’open data a mis le sujet de la donnée, au sens large, à l’agenda des décideurs locaux. On constate également qu’elle n’échappe pas aux fractures et aux inégalités territoriales. Les dynamiques de réutilisation ne sont pas les mêmes partout en France.

Pour améliorer la culture de la donnée dans les collectivités, il faut s’intéresser d’abord aux usages. C’est par l’usage que l’on démontre l’intérêt de l’ouverture. Et on sait en outre qu’une collectivité qui exploite déjà des données sera en bien meilleure posture pour les partager et les ouvrir.
Autre évidence : il faut adapter les actions selon la collectivité, ses moyens, ses compétences internes. Tout le monde ne deviendra pas “data scientist”, mais cela pourrait être utile que chacun sache déjà chercher une donnée sur le site de l’Insee, par exemple. »

 

Quelques dates clés de l’open data en France

7 octobre 2016 : la loi pour une République numérique ouvre « par principe » les données publiques, notamment pour les collectivités de plus de 3 500 habitants.
5 décembre 2011 : le portail « data.gouv.fr » est ouvert. Il accueille aujourd’hui plus de 37 000 jeux de données d’administrations, de collectivités, mais aussi d’acteurs privés.
21 février 2011 : le décret créant Etalab est publié au « Journal officiel ». Les équipes ont travaillé sur la construction d’une licence commune et l’ouverture de plusieurs jeux de données.

Cet article fait partie du Dossier

Open Data et réutilisation des données publiques : des promesses vertigineuses

Sommaire du dossier

  1. Les grandes collectivités, locomotives de l’open data
  2. Contrôler l’hébergement et les conditions de stockage des données
  3. Gouvernance des données : les analyses de Schéhérazade Abboub
  4. Une circulaire pour une meilleure circulation des données
  5. Garantir la souveraineté de la collectivité sur ses données
  6. Garantir la transparence et l’ouverture des données publiques
  7. Protéger les données à caractère personnel
  8. Des idées de nouveaux services foisonnent grâce à l’open data
  9. Ce qu’il faut retenir du projet de loi pour une République numérique
  10. Rennes métropole dresse un bilan nuancé de son service public de la donnée
  11. Open data et collectivités : qui fait quoi, et comment ?
  12. Open data : « Le mouvement qui s’enclenche est inéluctable » – Axelle Lemaire
  13. « L’opendata est avant tout un projet organisationnel » – Laurence Comparat
  14. Mobilité : l’échange de données est-il gagnant-gagnant ?
  15. Les alléchantes données d’Uber aiguisent l’appétit des collectivités
  16. « Voir les données comme une infrastructure est un enjeu majeur de souveraineté » – Henri Verdier
  17. Une interco pionnière dans l’ouverture des données
  18. “L’open data par défaut ne pourra pas se faire sans médiation numérique” – Samuel Goëta
  19. Révision à la baisse de l’opendata dans les collectivités locales
  20. Open data, un nouvel élan pour le tourisme
  21. Libre accès aux données publiques : comment mettre en œuvre les nouvelles obligations
  22. Open data : comment réussir l’ouverture de ses données publiques
  23. En Nouvelle Aquitaine, l’observatoire Nafu affûte la connaissance du foncier grâce aux données publiques
  24. « L’open data ne devrait être qu’une des modalités d’ouverture des données publiques »
  25. Open data : l’Occitanie est un territoire-pilote
  26. Rennes construit le « service public métropolitain de la donnée »
  27. Quand les agences d’urbanisme se saisissent de l’open data
  28. Coopération public – privé et données : comment et pourquoi les collectivités doivent reprendre la main
  29. Le décret sur les données de référence, nouvelle pierre pour la généralisation de l’opendata
  30. Projet de loi Valter : un (tout) petit pas pour l’opendata
  31. Réutilisation des données publiques : des promesses vertigineuses
  32. L’open data, atout maître dans la course aux économies ?
  33. L’ouverture des données publiques en France reste perfectible
  34. Mobilités : les collectivités se rapprochent d’Uber, Waze et Blablacar
  35. La métropole, « bonne échelle pour développer le service public local de la donnée »
  36. Le fouillis des licences open data s’éclaircit [Fiche pratique]
  37. “Les données d’autorité restent un instrument de souveraineté”- Pascal Berteaud, DG de l’IGN
  38. Open data : le service public augmenté – Des données ouvertes de plus en plus cadrées
  39. Données publiques : une nouvelle économie des services publics en débat
  40. Les acteurs publics, gros acheteurs des données… publiques
  41. OaklandOpenBudget ou quand les citoyens se saisissent de l’Open Data
  42. Open data : quels coûts pour les collectivités territoriales
  43. Open data : le service public augmenté – 1. Cap sur la réutilisation
  44. Open data : le service public augmenté – 3. Des territoires riches de données
  45. Open data : le service public augmenté – 2. L’atout de la mutualisation
  46. L’open data, véritable voie de modernisation pour les administrations
  47. Open data et tourisme : un potentiel qui reste à transformer
  48. « Les collectivités, premières bénéficiaires de l’open data » – Claire Gallon, LiberTIC
  49. Open data : la transparence démocratique demeure virtuelle
  50. La FING, partenaire et centre de ressources
  51. Une évaluation sans concession mais lucide de l’open data en Loire-Atlantique
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