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POLITIQUE DE LA VILLE
Comment les banlieues se préparent à l’été
Nathalie Perrier | A la une | Actu Education et Vie scolaire | Actu prévention sécurité | France | Publié le 07/07/2021

Comme en 2020, les ministères de l'Intérieur, de l'Education nationale et de la Ville vont déployer cet été un plan national dans les 1 514 quartiers prioritaires français. Objectif : permettre à tous de profiter des vacances.

Sport dans les quartiers [1]

C’est à Honfleur que la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, a lancé, lundi 4 juillet, l’opération « Quartiers d’été », décidée en conseil des ministres le 12 mai. Alors que la crise continue de frapper de plein fouet les quartiers et qu’un enfant sur quatre ne devrait pas partir en vacances cet été, le gouvernement a décidé de renouveler cette opération déployée pour la première fois en juillet et en août 2020 suite à la pandémie de la Covid-19. L’an dernier, ce dispositif porté par les ministères de l’Intérieur, de l’Education nationale et de la Ville avait permis à 580 000 jeunes âgés de 6 à 24 ans, issus des 1 514 quartiers prioritaires, d’avoir accès à une multitude d’activités festives, culturelles et éducatives. Ils devraient être au moins autant cet été.

Cette année, l’opération « Quartiers d’été » a vu sa dotation augmenter à 180 millions d’euros, contre 110 millions l’année passée. Le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation participe pour sa part à hauteur de 2 millions d’euros, ce qui correspond à la mise en place de 400 actions envers 13 000 jeunes des « Quartiers de reconquête républicaine », dans 41 départements.

Apaiser les tensions

L’objectif est clair : « Amener les vacances au cœur de nos quartiers et apporter un soutien au plus grand nombre », explique Nadia Hai, ministre chargée de la Ville. Et le ministère de préciser : « La crise sanitaire a durement touché les habitants, en particulier dans les quartiers. Les nombreuses activités sportives et culturelles vont apporter un temps de respiration aux habitants, et d’autres activités éducatives ou d’insertion professionnelle vont permettre de préparer d’ores et déjà la rentrée. »

Le gouvernement entend, avec l’appui de l’ANCT, inciter les collectivités et les associations à mener des actions fortes sur le terrain. « C’est au plus près du terrain que les budgets seront attribués, afin que les activités proposées correspondent aux attentes des habitants », précise Nadia Hai. Si, comme l’an dernier, le gouvernement veut d’abord « offrir un temps de divertissement, de découverte », il s’est fixé de nouvelles priorités. « Nous allons mettre l’accent sur les petites filles et les femmes, pour qu’elles occupent davantage l’espace public, précise Anne Beauchesne, directrice de la mission Grande équipe de la réussite républicaine à l’ANCT. Nous allons aussi proposer plus d’actions le soir et le week-end. »

La ministre ne s’en cache pas : l’opération a aussi pour objectif d’apaiser les tensions. « Le désœuvrement est bien trop souvent à l’origine de violences, d’incivilités ou de dégradations. Et c’est d’autant plus le cas l’été, constate Nadia Hai. Proposer des activités variées, proches de chez soi, c’est une façon de rompre cet isolement. »

Colos apprenantes et animation en pied d’immeuble

En sus de ces activités propres à « Quartiers d’été », de nombreuses collectivités proposent des « colos apprenantes » pour permettre aux enfants de 3 à 17 ans de partir quelques jours, sans débourser un centime. En 2020, 80 % du coût de ces vacances était pris en charge par l’Etat, avec un plafonnement de 400 euros par mineur et par semaine. Les élus attendent de connaître le montant pour 2021.

Conscientes des enjeux et bien décidées à tout faire pour éviter les barbecues sauvages, rodéos et autres dérives, les mairies multiplient les initiatives. Le maire d’Allonnes (Sarthe), Gilles Leproust, également vice-président de l’association Villes et banlieues, a ainsi décidé, cet été, d’augmenter encore le nombre de séjours proposés. Il a également mis en place un dispositif local « activ’été » avec les associations de sa commune pour inciter les jeunes à pratiquer une activité culturelle ou sportive. Pour que « les habitants retrouvent le plaisir de partager des moments festifs », il va également multiplier les rencontres en bas d’immeuble avec la compagnie de théâtre en résidence, organiser des soirées cinéma une fois par semaine, baisser le prix d’entrée de la piscine à 1 euro… « La crise a fortement impacté les habitants des quartiers, rappelle le maire PC. Nous, élus, avons une forte inquiétude sociale. Nous nous devons de tout faire pour offrir des vacances à ceux qui ne partent pas tout en les aidant à préparer la rentrée. Le droit aux vacances est pour nous un vrai défi. »

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