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Aménagement du territoire

Recherche ville à taille humaine

Publié le 10/06/2021 • Par Delphine Gerbeau • dans : France

ville
M. Zlochin / AdobeStock
La crise sanitaire a mis en lumière les conditions de logement dégradées, les temps de transport à rallonge des métropolitains, et le développement du télétravail a ouvert le champ des possibles concernant les lieux de vie. Certaines collectivités et agences d’attractivité ont, dès le lendemain du premier confinement, tenté de miser sur ce ras-le-bol métropolitain. Mais les territoires périphériques sont-ils prêts, au risque de dégrader leurs atouts ?

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Cet article fait partie du dossier

Ces territoires en déclin qui ne se résignent pas

Le territoire du ­Grand ­Figeac (92 communes, 43 500 hab., ­Lot et Aveyron) n’a presque plus aucun bien à louer, notamment sur le segment classique de la maison avec jardin et deux ou trois chambres. Dans le Lot, on note une forte hausse des transactions immobilières, dont 60 % des acquéreurs viennent d’­Ile-de-France. L’­Allier voit son stock de biens à vendre quasiment épuisé et, dans les collèges de l’Orne, les effectifs sont en hausse de 150 élèves pour la prochaine rentrée, alors qu’en septembre 2020 on attendait 370 élèves en moins…

Le grand déménagement des ­Français, traumatisés par les confinements, aurait-il commencé ? Quels indicateurs suivre pour l’affirmer ? « Les données, c’est le nerf de la guerre, résume ­Pierre ­Pistre, maître de conférences en géographie à l’université ­Paris-Diderot. Les chiffres de l’Insee sur les mobilités résidentielles, tirés du recensement de la population, ne permettront de réaliser de premières analyses qu’à partir de 2022. Les seules données vraiment utilisables actuellement sont immobilières, or les notaires de France ont montré dans leur bilan annuel qu’il n’y a pas eu de mouvement massif des populations en 2020. » Des sondages réalisés par des professionnels du secteur, comme celui du site « seloger.com », qui montre qu’en mars dernier 48 % des recherches immobilières concernent des villes de moins de 20 000 habitants, corroborent cependant le ressenti des élus locaux : Paris et les grandes villes n’ont plus la cote !

Les déserteurs se tournent vers le Centre - Val de Loire, la Bourgogne - Franche-Comté et la Normandie, selon le même sondage. C’est d’ailleurs cette dernière qui se place en tête des recherches globales en 2020. Reste à voir si elles se transformeront en actes. Selon ­Bastien ­Régnier, directeur général de l’association Villes de France, « les villes qui attirent le plus sont celles qui sont le mieux connectées aux métropoles. La mobilité est un gros enjeu, mais la qualité de l’éducation, des formations l’est aussi, tant pour les habitants que pour les entreprises ».

Des métropoles invivables

Le mouvement était cependant lancé avant la crise sanitaire, rappelle ­Pierre ­Pistre : « Depuis les années 70-80, il y a une trajectoire de dynamisme démographique dans certains de ces ­territoires. Elle s’est d’abord orientée vers les espaces péri­urbains, puis, dans les années 2000, une majorité des espaces ruraux plus isolés a gagné en population. La crise de 2008 a ensuite provoqué des inflexions en raison de moindres installations, mais, depuis quelques années, nous avons noté des signes de reprise de la croissance démographique. Nous n’en sommes toute­fois pas à parler d’un exode urbain. » ­

Hélène ­Millet, qui coordonne une enquête lancée par la plateforme d’observation des projets et stratégies urbaines (Popsu), en lien avec le Réseau rural français sur l’exode urbain, estime que « ce que l’on ressent est moins un exode urbain qu’un exode métropolitain, c’est-à-dire la volonté de quitter la ville dense et des métropoles vécues comme ­invivables ».
Après la vague de la métropolisation, les politiques publiques ont d’ailleurs été réorientées petit à petit vers un soutien au maillage des villes moyennes et petites, d’abord avec le plan Action cœur de ville et aujourd’hui avec le plan Petites villes de demain. « Des politiques pour l’accueil de nouvelles populations dans ces territoires existaient de longue date, souvent portées par les régions, par exemple en Auvergne ou dans le Limousin. Ce qui tend à changer aujourd’hui, c’est que l’on met davantage l’accent sur le développement des ressources du territoire que sur l’accompagnement au cas par cas des projets individuels », analyse Pierre Pistre.

Une certaine idée de la campagne

Selon ­Gérard ­Lombardi, coordinateur « Cner expertise » au sein du Cner, la fédération des agences de développement économique, « on voit des grands courants et des sondages qui montrent que les urbains veulent quitter les villes. Mais ils restent tributaires des opportunités de travail, des logements disponibles et de la présence de services. Finalement, la pandémie n’a pas été créatrice de tendance, mais accélératrice de réflexion ». Une impulsion semble partagée, celle des foyers retraités à se replier sur leurs résidences secondaires, dans ces territoires plus sereins.
Si les mouvements de populations s’annoncent ­progressifs, les villes « intermédiaires » vont devoir les anticiper. « On veut attirer les gens, mais le territoire n’est pas forcément prêt. Le logement est un exemple : si l’on promet aux gens de venir s’installer mais qu’il n’y a pas de maisons pour eux… ils ne viendront pas, constate ­Olivier ­Chartrain, responsable du pôle “attractivité et hospitalité” de la Manche. C’est notre mission d’informer les élus. Derrière l’attractivité, il n’y a pas juste de belles images. »

Au Grand Figeac, ­Vincent ­Labarthe, le président (PS), a fait inscrire à l’ordre du jour de la prochaine réunion ­relative au plan local d’urbanisme intercommunal un nouveau point. « Nous allons réinterroger notre diagnostic au vu de l’attractivité qui s’annonce, ressentie dans toutes les communes, juge-t-il. Notre Scot [schéma de cohérence territoriale], élaboré avant la crise sanitaire, a posé des contraintes au développement dont nous devons tenir compte. Nous sommes tenus de garantir la place de l’agriculture, des forêts, tout en accueillant des urbains qui ont une certaine idée de la campagne. »
Cette importance de soutenir le réseau des villes moyennes, qui elles-mêmes permettront le développement des bourgs-centres, pourrait être un point fort des programmes de campagne pour les élections départementales et régionales. ­Et Hervé ­Morin, ­président (LC) de la région ­Normandie et candidat à sa réelection, de déclarer : « Il faut travailler sur les ­services, mais aussi sur l’imaginaire, dans ces villes qui n’en ont pas l’habitude. »

Questions à Cécile Maisonneuve,  présidente de La Fabrique de la cité

Vous avez organisé les premières rencontres des villes moyennes en décembre. Quel bilan en est-il ressorti ?

Le discours politique et médiatique à leur égard a changé. Nous sommes passés de la nécessité de secourir les centres-villes en déclin à réactiver les centralités des villes moyennes, une vision plus positive. L’intérêt ­médiatique porte davantage sur la capacité de rebond de ces villes.
Nous avons, à cette occasion, présenté les résultats d’un sondage réalisé par les instituts ­Kantar et ­Potloc. Les villes moyennes sont perçues par les ­Français comme des lieux dynamiques, attractifs, ­offrant un bon équilibre entre fonctions de centralité, mixité ­sociale et cadre de vie agréable et proche de la nature. Le sondage montre que plus l’agglomération est petite, plus les ­Français souhaiteraient y vivre, avec des zones ­rurales très attractives (56 %) et une région parisienne ­clairement répulsive (14 %).

Quels sont désormais les enjeux pour ces villes ?

Pour stabiliser leur trajectoire ascendante, elles doivent s’adapter au vieillissement, attirer les jeunes et faire qu’ils aient envie de rester. Le second enjeu est de travailler à la bonne échelle – pas que sur le centre, mais à l’échelle de l’aire urbaine. Le troisième enjeu est celui du mur des investissements : ces territoires ont un besoin d’innovation, ce qui pose la question des moyens. Ces villes ont presque toujours des friches à valoriser, de l’habitat à requalifier, mais qui sont les investisseurs dans ces territoires ? Il y a un business model à créer, différent de celui des grandes villes.

Se pose aussi la question de l’ingénierie…

Effectivement, la plupart des maires ont une vision claire de ce qu’ils veulent faire, mais manquent d’accompagnement. Après une intervention verticale de l’Etat, on rentre dans une logique multiacteur.

Cet article fait partie du Dossier

Ces territoires en déclin qui ne se résignent pas

Sommaire du dossier

  1. Recherche ville à taille humaine
  2. Communication territoriale : la chasse aux Parisiens est ouverte !
  3. Action Coeur de ville : passer des études aux réalisations
  4. Les centre-villes commerçants les plus dynamiques mis en lumière
  5. La difficile reconnaissance du phénomène des villes en décroissance
  6. Les lauréats du plan Action Coeur de ville partagent leurs bonnes recettes
  7. Les villes moyennes se construisent un avenir
  8. Action coeur de ville : Les acteurs privés, attendus et dans l’attente
  9. Les ministres en campagne pour Action Cœur de ville
  10. Action coeur de ville : un vaste programme à 5 milliards d’euros sur cinq ans
  11. Le plan Action Cœur de ville met le turbo
  12. Action coeur de ville : « Le risque est que ce plan produise des projets gadgets »
  13. Les heureux bénéficiaires du plan « Cœur de ville » dévoilés
  14. L’extraordinaire histoire de la communauté de communes du val d’Alzette
  15. Territoires en déclin : un besoin de dispositifs spécifiques pour les villes qui « rétrécissent »
  16. Revitalisation des centres anciens, l’urgence d’une « cause nationale »
  17. Réforme de la carte militaire : il y a une vie après la caserne
  18. Quand le centre-ville redevient un lieu de commerce attractif
  19. « L’Etat cherche avant tout à créer de grandes métropoles de niveau européen ! »
  20. A Saulnières, les vestiges de la grande usine se fondent en un jardin paysager et des logements
  21. Centres-villes en déclin : la malédiction des villes moyennes
  22. Le développement des villes durables passe par les friches industrielles
  23. Territoires en déclin : l’art de la reconquête des friches industrielles et agricoles
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