Numérique

5G : l’Anses demande de nouvelles études

| Mis à jour le 21/04/2021
Par • Club : Club Techni.Cités

5G antennas and GSM transmitters. Concept for high speed 5G internet.

©Deyan Georgiev - stock.adobe.com

L’ANSES a dévoilé ce 20 avril son rapport sur la 5G. Sans grande surprise, l’agence ne considère pas que ce déploiement comporte des « risques nouveaux pour la santé ». Mais elle souligne le manque de données scientifiques sur les effets de ces nouvelles fréquences, en particulier sur la bande des 26 GHz, et demandent de nouvelles études et des campagnes de mesures.

Ma Gazette

Sélectionnez vos thèmes et créez votre newsletter personnalisée

cet article fait partie du dossier

5G : les réseaux de la colère

 

En réalité, il n’existe pas une seule 5G, mais trois. Car trois bandes de fréquences différentes ont été attribuées à cette technologie : autour de 700 MHz, de 3,5 GHz et de 26 GHz. Les effets sur le vivant sont bien différents, avec une pénétration dans la peau de quelques centimètres à seulement quelques millimètres. Plus la fréquence augmente et moins les ondes pénètrent la peau.

Ces effets biologiques ont-ils un effet sur la santé ? C’est la question que s’est posée le groupe de travail « Technologies 5G » de l’ANSES, présidé par Alicia Torriglia.

La bande de 700 MHz est la plus connue, car déjà utilisée par les générations précédentes (3G, 4G). « A priori, les niveaux d’exposition devraient peu varier », estime l’ANSES.

Pour la bande de 3,5 GHz, l’agence a pris en compte des études réalisées dans les pays où la 5G est déjà déployée comme le Royaume-Uni et la Corée du Sud, mais reconnait manquer de données. L’ANSES est donc plus réservée : « il paraît difficile d’adapter les résultats des études scientifiques (…) pour conclure sur les effets sanitaires ». Le groupe de travail a considéré qu’il est « peu vraisemblable » qu’il constitue un risque nouveau.

Manque crucial de données scientifiques

Quant à la bande des 26 GHz, c’est le flou total. « A l’heure actuelle, les données ne sont pas suffisantes pour conclure à l’existence ou non d’effets sanitaires », conclut le rapport.

L’ANSES recommande de « procéder à des mesures d’exposition en situation d’usage réel » et d’ « évaluer les situations d’exposition maximale », en particulier lors de nouvelles implantations. Elle demande aussi de réaliser des « campagnes de mesure pour chiffrer l’augmentation des niveaux de champs électromagnétiques », avec une vigilance particulière pour les zones densément peuplées où les utilisations simultanées sont nombreuses. Enfin, l’agence demande de mettre en place un programme de surveillance de l’exposition aux champs électromagnétiques « actuels et futurs ». « C’est donc une expérimentation de grande ampleur sur la population qui se met en place, sans aucune zone blanche en outre », s’alarme Anne Vienney, conseillère municipale à Fontenay-sous-Bois, première commune à avoir pris un arrêté anti-5G.

Les coexpositions, c’est-à-dire les expositions en cascade à de multiples risques environnementaux, inquiètent l’ANSES. « Il y a très peu d’études sur ce sujet. Les experts demandent que des recherches soient lancées sur les coexpositions. Mais le temps de la technologie n’est pas celui de la recherche », souligne Anne Pereira, présidente du groupe « agents physiques et nouvelles technologies ». Autre sujet d’inquiétude : les effets sur l’œil. « Aucune étude non plus sur ce sujet, il va falloir s’y consacrer », estime Alicia Torriglia. « Des conclusions qui ne disent rien, si ce n’est le besoin de faire des études complémentaires. Tout cela est politiquement correct pour ne pas mettre en porte-à-faux la décision de déployer la 5G. Ce qui n’apporte aucune réponse aux élus qui attendaient ce rapport pour y voir plus clair », a tweeté, Michèle Rivasi, députée européenne (EELV).

32 000 antennes déjà déployées

En conclusion, l’ANSES encourage la « réalisation d’études et d’évaluations préalablement au déploiement de nouvelles technologies »… Un peu tard, puisque 32 000 antennes 5G sont déjà installées, selon les associations Priartem et Agir pour l’environnement. « Comment peut-on affirmer qu’il n’y a pas de risques en l’absence de données disponibles ? » s’interroge Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement, qui s’apprête à mettre en ligne la cartographie de ces antennes.

« Pas de risques nouveaux pour la santé ne signifie pas « pas de risques pour la santé ». De nombreuses études vont d’ores et déjà dans le sens d’une toxicité des ondes », souligne Anne Vienney. Ainsi, un groupe d’experts de l’Anses travaille actuellement à réévaluer la cancérogénicité des ondes au vu d’études internationales récentes. Ce rapport est prévu pour 2022.

Consultation et opposition

La consultation publique est désormais ouverte à tous jusqu’au 1er juin. « La mise en consultation publique du rapport n’est qu’un simulacre d’exercice de démocratie sanitaire et de sciences citoyennes. En réalité, les décisions ont déjà été prises », a encore tweeté Michèle Rivasi.

Pour rappel, une soixantaine de maires avaient signé une tribune s’opposant à la 5G en septembre dernier. Après Fontenay, Ingersheim dans le Haut Rhin, Ramonville-Saint-Agne en Haute-Garonne et Noisy-Le-Sec en Seine-Saint-Denis ont également pris un arrêté anti 5G.

Dossier
Commentaires

0  |  réagir

Ajouter un commentaire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - Antony Parc 2, 10 place du Général de Gaulle, La Croix de Berny – BP 20156, 92 186 Antony Cedex ou en cliquant ici.

L'actu Technique

Offre découverte 30 jours gratuits !

Formations

Evènements

services

Thèmes abordés

Prochain Webinaire

PLFSS 2022 : qu’est-ce qui change pour les collectivités ?

--
jours
--
heures
--
minutes

menu menu

Club Techni.Cités : l'information pour les techniciens de la FP