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[Opinion] Bibliothèques

« Quelle indépendance pour les bibliothécaires ? »

Publié le 25/05/2021 • Par Auteur associé • dans : Actualité Culture, France, Opinions

bibliotheque-retrait-livres-Tyler Olson-AdobeStock
© tyler-olson-adobestock
Les membres du comité d'éthique de l'Association des bibliothécaires de France (ABF) expliquent ce que signifie le pluralisme en matière de constitution des fonds documentaires et quels sont les principes qui guident leurs choix. La charte de la politique documentaire, dont toute collectivité devrait se doter, et le code de déontologie de l'ABF sont leurs deux boussoles.

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Le comité d’éthique de l’Association des bibliothécaires de France.

L’indépendance des bibliothécaires dans la gestion des fonds et l’acquisition de nouveaux ouvrages est parfois mise en cause par des élus, de leur propre chef ou poussés par des usagers. Il suffit parfois d’un titre de presse, d’un livre pour déclencher une demande de retrait, une interdiction, ou plus grave la volonté de mettre en place un dispositif de contrôle préalable, voire de présélection.

En réagissant à ces – rares – interventions, les bibliothécaires ne demandent pas aux élus « de ne pas se mêler de leur métier », comme il a pu être écrit. Ils demandent simplement que les principes qui sont à la base de leurs choix –  pluralisme, neutralité, laïcité – ne soient pas remis en cause par des décisions partisanes, qu’elles soient politiques, idéologiques ou religieuses. Ils proposent un dialogue sur les principes, l’exercice d’une confiance, voire d’une protection.

Métier complexe

Les bibliothécaires de lecture publique exercent un métier complexe, essentiellement consacré à proposer des réponses aux besoins et aux attentes de publics très divers : variété des âges, des professions, des situations sociales, des pratiques culturelles, des convictions politiques, philosophiques ou religieuses  religieuses…

Ils ont la charge de constituer des ensembles de ressources documentaires – physiques ou numériques – d’une grande diversité. Le plus rigoureux pluralisme est nécessaire. Il est donc indispensable que la plus grande tolérance soit manifestée de la part des élus comme des usagers qui seraient opposés à tel ou tel mouvement d’idées, religion ou parti politique. Ils doivent respecter ce principe de base de la démocratie, qui veut que toutes les idées puissent être exprimées et publiées. La seule réserve est celle posée par la loi.

Les bibliothécaires qui travaillent à la constitution de ces ensembles de ressources raisonnent dans la durée. Ils savent que dans une démocratie, la construction d’une pensée libre nécessite des allers-retours entre présent et passé, entre analyses différentes ou opposées. Ils doivent relativiser les effets de mode, proposer des outils pour combattre les opinions toutes faites, inciter à la prise de distance. Les ressources doivent offrir ainsi à tous les éléments divers et, de manière féconde, souvent contradictoires, de compréhension de l’actualité, des phénomènes sociaux, des sciences, des philosophies ou des croyances. Ils préservent autant que possible les témoignages de l’évolution des cultures, des sciences, des littératures, des arts, des sociétés.

Les bibliothécaires s’efforcent de travailler collectivement, dans un dialogue permanent avec les usagers. Ils développent des méthodes précises pour déterminer leurs choix, qui doivent être publiques. Ils se dotent de plusieurs guides.

Charte de la politique documentaire

Il s’agit d’abord d’un document local explicitant le cadre des acquisitions. Cette « Charte de la politique documentaire » établie par les bibliothécaires fait l’objet d’un dialogue avec les élus, et devrait déboucher sur sa validation commune. Il est nécessaire d’y associer les citoyens : non pour leur proposer d’exprimer leurs choix particuliers, mais pour une bonne compréhension des contraintes du pluralisme et de la tolérance. La définition d’une politique documentaire est déterminée par tout un ensemble de données, et tout d’abord par une analyse sociologique, démographique de la collectivité, et une prise en compte des besoins des usagers potentiels. Elle est donc nécessairement évolutive. La population est-elle très jeune ? Quelle est la carte scolaire ? Où sont hébergées les personnes âgées ? Quel est le tissu économique, le taux de chômage ? Quelles actions municipales, quels services publics demandent à être accompagnés ? Quel est l’état des collections, que faut-il « rajeunir », diminuer, augmenter ?

Cette charte explicite donc les critères sociologiques, démographiques, éducatifs, et précise les principes des choix, selon les publics prioritaires. Elle précise les notions de laïcité, de pluralisme, de neutralité et de tolérance dans la constitution des collections. En aucun cas elle ne priorise des axes religieux, idéologiques ou politiques, mais définit le degré de leur prise en compte. A travers la lecture et l’acceptation de cette charte, élus et usagers renoncent à toute intervention de sélection préalable, de censure ou de choix imposé. Celles-ci existent, mais sont très rares, malgré quelques exemples récents.

Code de déontologie

Le Code de déontologie, adopté et publié par l’Association des Bibliothécaires de France, doit servir de document de référence. Il a été formalisé pour la première fois en 2003. Le comité d’éthique, collectif permanent constitué de professionnels des bibliothèques retraités, désignés par leurs pairs, vient d’en proposer une mise à jour qui a été débattue et adoptée. Ce code est destiné à être adopté par les professionnels, si possible approuvé par les élus, et publié.

Il faut rappeler que le « réservoir » des acquisitions est et doit rester la totalité de la production éditoriale. Il n’y a pas d’autre interdiction possible que celle décidée par la justice, et aucun cas les élus, des groupements ou des personnes ne doivent s’ériger en juges et demander la censure de tel ou tel document, au nom d’une justice qui ne se serait pas encore prononcée.

Les publications pour la jeunesse sont soumise à la loi de 1949, modifiée en 2011, qui précise : « Les publications mentionnées à l’article 1er ne doivent comporter aucun contenu présentant un danger pour la jeunesse en raison de son caractère pornographique ou lorsqu’il est susceptible d’inciter à la discrimination ou à la haine contre une personne déterminée ou un groupe de personnes, aux atteintes à la dignité humaine, à l’usage, à la détention ou au trafic de stupéfiants ou de substances psychotropes, à la violence ou à tous actes qualifiés de crimes ou de délits ou de nature à nuire à l’épanouissement physique, mental ou moral de l’enfance ou la jeunesse. Elles ne doivent comporter aucune publicité ou annonce pour des publications de nature à démoraliser l’enfance ou la jeunesse. » Cette loi impose un dépôt des publications auprès d’une commission spécialisée, mais pas une autorisation préalable. Seule une décision de retrait de la publication par la justice est recevable.

Il n’y a pas d’objectivité totale possible, les choix peuvent être difficiles. Mais le bibliothécaire s’attache à toujours pouvoir expliquer publiquement les raisons de ses acquisitions, tant au sein de son équipe que publiquement.

Enfin, il n’existe pas, actuellement, de protection légale de l’indépendance des bibliothécaires en matière d’acquisitions. N‘est donc possible que le consensus. Le Code de déontologie, le recours possible aux associations professionnelles et au comité d’éthique, la publicité de la charte de politique documentaire garantissent le pluralisme, sous contrôle si besoin de l’Inspection générale de l’Education, des sports et de la recherche.

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