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INCLUSION NUMÉRIQUE
Covid-19 : quand le numérique complique l’accès à la vaccination des publics prioritaires
Laura Fernandez Rodriguez | A la une | Actu expert santé social | France | Publié le 12/04/2021

En dépit d'un partenariat signé entre l’Etat, Doctolib, Maiia et Keldoc, les prises de rendez-vous pour se faire vacciner contre le Covid relèvent pour certaines personnes du parcours du combattant. Les CCAS et les médiateurs numériques s’organisent, tandis que l'Etat déploie des mesures spécifiques pour toucher les publics prioritaires et encore non vaccinés.

senior vaccination [1]

« C’est dramatique ce qui se passe par rapport à l’accès à la vaccination, c’est un vrai casse-tête », raconte Régine Roué, chargée de mission « numérique » au sein de la Ligue de l’enseignement, qui gère l’espace multimédia d’un centre social dans un quartier de la politique de la ville à Brest. Elle constate que « les créneaux de réservation en ligne ne sont pas accessibles pour les personnes éloignées du numérique ».

« Nous sommes plusieurs centres sociaux à devoir établir des listes de personnes, à nous connecter tôt le matin ou tard le soir pour trouver un créneau disponible, à faire la démarche à leur place puis à les rappeler pour les prévenir », détaille-t-elle.

Un système D qui ne s’est pas mis en place tout de suite, puisqu’« au départ, les gens ne pensaient pas qu’on pouvait les aider pour ça. Puis le bouche-à-oreille a joué, et on s’est mis à recevoir des demandes ». Régine Roué estime avoir déjà aidé une cinquantaine de personnes à s’inscrire pour se faire vacciner.

« Un problème de méthode »

Un partenariat a été signé entre l’Etat et Doctolib, Maiia et Keldoc pour organiser les prises de rendez-vous pour se faire vacciner contre le Covid-19, et, depuis le 18 janvier, la vaccination est prioritaire pour les personnes âgées de 75 ans et plus. Mais plus d’une sur deux n’a pas accès à internet à domicile, selon les derniers chiffres de l’Insee [2].

« Il y a donc d’emblée un problème de méthode de demander aux gens de prendre rendez-vous sur internet », regrette Loïc Gervais, formateur en inclusion numérique, qui a dénombré pas moins de « huit manipulations informatiques pour pouvoir s’inscrire en ligne. Or, plus vous ajoutez de manipulations, plus vous prenez le risque que certaines personnes n’aillent pas au bout ».

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