Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement
Club Santé Social

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

icon Club Santé Social

Risques psychosociaux

Soignants en souffrance : comment mieux les accompagner

Publié le 05/01/2021 • Par Auteur Associé • dans : A la Une santé social, Métier et carrière santé social

burn-out épuisement soignant personnel de santé
©contrastwerkstatt - stock.adobe.com
La santé mentale des professionnels de santé est mise à l’épreuve depuis le début de l’épidémie. Une période qui accentue des vulnérabilités déjà observées.

Ma Gazette

Sélectionnez ce thème et créez votre newsletter personnalisée

Par Judith Chetrit

Avec l’arrivée de la seconde vague et l’affluence de patients Covid-19, les signes d’épuisement physique et psychologique des professionnels sur-sollicités n’ont pas tardé à apparaître. « Même après l’été, la pression n’était pas vraiment retombée. Il y a aussi eu un grand nombre d’arrêts de maladie et de départs », rapporte Gladys Mondière, psychologue à Lille et coprésidente de la fédération professionnelle, qui reçoit depuis l’automne des soignants pour un suivi. « Il y a un décalage habituel entre le temps de l’action et le temps du soin. »

Soutien psychologique

Après le pic du mois d’avril, les services ­Covid-19 ont connu une relative accalmie et laissé place aux autres soins qui avaient été déprogrammés. Dès le printemps, Gladys ­Mondière et d’autres praticiens salariés ou libéraux s’étaient rapidement mobilisés pour proposer bénévolement un soutien psychologique par le biais de consultations en présentiel ou à distance, par téléphone ou en visio. Ces actions locales et nationales se sont ajoutées à d’autres numéros d’appel internes ainsi qu’à la présence courante et plus installée de psychologues hospitaliers dans les services de réanimation, d’oncologie ou de soins palliatifs, qui épaulent les patients, leurs proches et les professionnels dans leurs échanges face aux orientations de soins.

Les cellules départementales d’urgences médico-psychologiques – plutôt spécialisées en cas d’accident collectif et sur un laps de temps plus court – ont également été activées jusqu’au début de l’été. « L’inquiétude et l’incertitude constituent déjà le terreau des premiers troubles avant l’apparition de l’anxiété, des symptômes de dépression, de stress intense et de fatigue exacerbée. Il y a aussi l’augmentation des décès et la peur de contaminer des proches », met en avant Wissam El-Hage, responsable du centre régional de psychotraumatologie au CHU de Tours, qui a lancé fin novembre une seconde enquête auprès de 3 000 professionnels de santé exposés en première ligne au Covid-19.

Au-delà des affiches dans les couloirs rappelant les conseils sur le besoin de sommeil et l’usage du café et des psychotropes, certains dispositifs ont connu des pics d’appels. C’est le cas du numéro vert de l’association Soins aux professionnels de la santé (SPS), joignable jour, nuit et week-end pour avoir accès à des psychologues. « Nous avons cumulé 9 500 appels depuis la fin 2016, dont 5 000 depuis le début du Covid-19. Nous ne connaissons pas encore de rebond d’appels avec cette seconde vague, mais nous lançons une nouvelle campagne de communication, notamment mieux ciblée auprès des étudiants en santé qui font également appel à SOS Internes. Les directeurs d’établissement nous appellent aussi pour prendre des renseignements et communiquer auprès de leurs équipes », informe Éric Henry, médecin généraliste et président de l’association. Parmi les appelants figurent surtout des infirmiers et des aides-soignants, qui peuvent être ensuite orientés vers le réseau national du risque psychosocial où plus d’un millier de praticiens ont été formés par Marie Pezé, psychanalyste spécialisée dans la souffrance au travail. Les deux premières consultations sont offertes par l’association. Peu de médecins passent le premier cap de l’appel. C’est un public plus difficile à toucher, reconnaissent plusieurs spécialistes. « Il n’est pas facile de les convaincre d’aller consulter. Lorsqu’ils appellent, la souffrance est graduée entre 1 (anxiété) et 5 (risque élevé de suicide) », ajoute-t-il.

Des tâches hors du champ des compétences

Lors de la première vague du Covid-19, une enquête de l’association SPS auprès des professionnels de santé montrait qu’ils se disaient anxieux (41 %), épuisés (27 %), en manque de soutien (26 %) ou impuissants (25 %). Selon l’Ordre des infirmiers, 30 % des infirmiers « exercent des tâches qui sortent de leur champ de compétences réglementaire » en raison du surcroît d’activité lié au Covid-19. Cent mille postes seraient vacants dans les établissements publics et privés d’après la Fédération de l’hospitalisation privée.

Injonction héroïque

Selon Éric Henry, il n’y a pas que la charge de travail importante qui est pointée mais aussi, plus que jamais, un « malaise sur les valeurs » induit par les questions de tri, de qualité et de conditions d’exercice des soins. « L’injonction héroïque du travail pour sauver des vies s’est déployée dans un environnement professionnel qui continuait d’être dégradé », rebondit Marie Pezé, exposant « un manque de temps, de compétences et de perspectives sur la durée de cet investissement ». Et l’alerte auprès des services de santé au travail n’est pas toujours aisée, par peur de la direction.

À l’hôpital de Strasbourg, trois salles de détente et d’activités se sont organisées, animées par des kinésithérapeutes et des ostéopathes, pour créer une sorte de bulle qui facilite un premier contact, a fortiori pour des personnes qui passeraient hors des radars. « C’est la volumétrie qui est différente et un nombre important de personnes qui expriment des doutes sur leur métier et leur engagement. Il y a une pression particulière sur le temps des soins, et certains ont été mis à contribution dans des services et des fonctions qu’ils ne connaissaient pas », décrit le psychiatre Pierre Vidailhet.

À Saint-Denis – où trois psychologues hospitaliers supplémentaires doivent être prochainement recrutés –, ce sont aussi les personnels de la morgue et les équipes de ménage, qui ont pu bénéficier d’un soutien psychologique.

La période, loin d’être terminée, remet au goût du jour ou fait naître de nouvelles modalités pour mieux évaluer leur mal-être, leurs ressources individuelles et les risques psychosociaux qui y sont associés. Le premier constat est autant un manque de moyens que des dispositifs parfois trop épars, sous-utilisés et peu coordonnés. La cellule d’écoute lancée début avril par le ministère de la Santé s’est arrêtée au début de l’été, faute d’un nombre suffisant d’appels. Dans les établissements de santé, « il a souvent fallu bricoler », juge Sara Piazza, psychologue à l’hôpital Delafontaine. La prise en compte de la santé mentale des soignants nécessite une « importante ingénierie », selon Marie Pezé, pour lever les freins, fonctionner, mailler suffisamment un territoire et faciliter la mise en relation avec d’autres professionnels, y compris un conseil juridique ou d’autres traitements non médicamenteux.

Dans le cadre de son étude de cohorte, le professeur Wissam El-Hage prévoit ainsi d’évaluer l’efficacité de douze séances de thérapie EMDR (eye movement desensitization and reprocessing, ou intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires) auprès de participants qui auront d’importants symptômes psychologiques.

Gladys Mondière, coprésidente de la Fédération française des psychologues et de psychologie

« L’attention actuelle portée sur les risques psychosociaux des soignants relève du jamais-vu »

« S’il existe un historique de l’épuisement professionnel parmi les soignants, l’attention actuelle portée sur les risques psychosociaux relève du jamais-vu. Elle a été possible grâce aux collaborations de plusieurs catégories de professionnels. Avec ce second confinement, l’organisation est forcément différente, car beaucoup de professionnels disponibles au printemps continuent leurs activités et sont moins mobilisables. Or les soignants peuvent être réticents à prendre un rendez-vous, qui plus est non remboursé, sur leur temps personnel. L’appel à l’aide est encore loin d’être un réflexe malgré la multiplication des dispositifs. Un appel individuel peut être encore considéré comme une faiblesse personnelle. C’est pourquoi le fait d’aller au plus près des unités a bien fonctionné dans des services hospitaliers, car cela permet un temps collectif d’échange, qui va au-delà de la lassitude et de la colère exprimées. Il y avait, certes, l’inquiétude sur le risque de contamination à voir deux nouvelles personnes aller à la rencontre des soignants dans les services hospitaliers. Mais passé cette crainte, les équipes mobiles, composées d’un binôme formé par un psychologue (ou psychiatre) et un infirmier, ont permis de repérer les personnes en besoin d’aide et de suivi grâce à l’observation et à des échanges informels. « Il faut d’abord se faire identifier par les soignants comme des intervenants distincts de la médecine du travail et de l’administration. On y allait ensuite parfois tous les quinze jours », raconte Pierre Vidailhet, le responsable du service de psychiatrie d’urgence des hôpitaux universitaires de Strasbourg. Sans qu’elles veuillent ou puissent vraiment pérenniser leurs actions, ces équipes ont souvent repris leurs maraudes en octobre, à la demande des cadres de santé. »

Thèmes abordés

Réagir à cet article

Nos offres d'emploi

Plus de 1000 offres d'emploi !

TOUTES LES OFFRES D'EMPLOI
marche online

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

Soignants en souffrance : comment mieux les accompagner

Votre e-mail ne sera pas publié

Club Santé Social

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement