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Minima sociaux

A Grande-Synthe, le minimum social garanti propose un nouvel accompagnement social

Publié le 22/01/2020 • Par Rouja Lazarova • dans : A la Une santé social, Dossier Santé Social

minima sociaux logement couple mère enfant
©Monet - stock.adobe.com
L’instauration en avril 2019 à Grande-Synthe d’un revenu de base a bouleversé l’accompagnement social et les pratiques professionnelles. La ville veut désormais élargir les partenaires.

«Le processus de réflexion remonte à notre analyse des besoins sociaux (ABS) de 2014 qui révélait que 31 % de la population vivaient en dessous du seuil de pauvreté à 60 % du revenu médian, à l’époque de 1 010 euros par mois. Le taux de chômage était d’environ 28 %, nettement supérieur à celui du Nord (18 %). Par ailleurs, notre ville compte 60 % de logements sociaux », explique Manuel Del Pozo, directeur du CCAS qui gère le dispositif (1).

Minimum social garanti

La municipalité conduit alors une étude sur la possibilité d’instaurer un revenu de base. « Nous sommes partis d’une réflexion sur le reste à vivre raisonnable par unité de consommation selon l’Insee », se souvient Manuel Del Pozo. Au bout du compte, le montant du minimum social garanti (MSG) a été fixé à 855 euros mensuel correspondant au seuil de pauvreté à 50 % du revenu médian. En amont, le CCAS a envoyé un courrier à environ 800 foyers qui avaient reçu des aides facultatives, soit 1 500 unités de consommation. Depuis le mois d’avril, il délivre le MSG sous condition de ressources. « Nous prenons en compte toutes les ressources du ménage », précise Manuel Del Pozo.

À ce jour, 549 demandes ont été validées pour environ 450 ménages bénéficiaires. L’engagement budgétaire est de 720 591 euros pour un budget prévisionnel annuel de 2,26 millions d’euros si le dispositif touche les deux premiers déciles des seuils de pauvreté, soit 1 500 foyers fiscaux. Le MSG étant dégressif, le CCAS consacre 122 euros mensuel par unité de consommation. Jusqu’à présent, les dépenses sont financées en partie par des économies sur l’éclairage public, en partie par les anciennes aides facultatives. « L’idée est d’agir sur les charges fixes », explique Manuel Del Pozo. En effet, les allocataires du MSG doivent dépenser l’argent dans des domaines bien précis – la scolarité, la mobilité professionnelle, le logement, l’énergie, – et conserver les justificatifs pendant cinq ans. « On assure une pérennité des ressources, mais on responsabilise sur les dépenses », commente le directeur du CCAS.

Changement de paradigme

C’est tout l’accompagnement social – auquel est conditionné le MSG – qui est bouleversé. « Il y a eu un changement de paradigme. Avant, les gens venaient quand ils avaient un problème, une rupture de ressources », témoigne le directeur et le CCAS traitait l’urgence au travers de l’aide alimentaire. Aujourd’hui, les travailleurs sociaux n’ont plus de relation pécuniaire avec les allocataires du MSG.

« On a changé de modèle d’accompagnement social. Les pratiques professionnelles se transforment. Les travailleurs sociaux ont plus de temps pour évoquer des questions comme l’éducation des enfants ou la santé ». Dans les évolutions à venir, Manuel Del Pozo voit la création et l’intensification des partenariats avec les associations, les bailleurs sociaux, Pôle emploi, les fournisseurs d’énergie… « Afin d’approfondir l’accompagnement social », conclut-il.

Meriem Bouali, assistante sociale au centre communal d’action sociale de Grande-Synthe

« Avant on évaluait… Aujourd’hui, on accompagne »

« C’est un revenu moins stigmatisant. Avant, on donnait des tickets d’aide alimentaire que les personnes ne pouvaient dépenser que dans un seul commerce. Maintenant, elles ont la liberté de choix et paient avec de l’argent, comme tout le monde. L’accompagnement social change aussi. Avant, on évaluait juste la situation financière. Aujourd’hui, on accompagne les familles. Par exemple, nous travaillons avec un couple dont l’enfant de 16 ans est déscolarisé. Nous avons pris contact avec la Mission locale pour qu’il soit accueilli et orienté vers l’emploi ou la formation. Une grande partie de notre public n’a pas de diplôme. Alors, on engage des bilans de compétences pour orienter les personnes vers une formation professionnelle. Je leur propose également des activités bénévoles dans des associations. Les familles disent retrouver une dignité. L’allocation est versée vers le 20 du mois, elles trouvent la date judicieuse, c’est là qu’elles ont le plus de difficultés. Les retours sont plutôt positifs. »

Notes

Note 01 Contact : CCAS, 03 28 62 77 68. Retour au texte

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