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Santé mentale

Marseille, un toit d’abord pour les personnes en souffrance psychique

Publié le 23/11/2017 • Par Géraldine Langlois • dans : Dossier Santé Social

Logement-UNE
Thitaree Sarmkasat
Vivre dans la rue favorise l’apparition de troubles mentaux et complique la prise en charge. À Marseille, des professionnels travaillent au sein d’un groupement de coopération sanitaire et médico-social à insérer et maintenir les personnes dans leur propre logement.

Le service « Un chez soi d’abord » permet à une centaine de personnes atteintes de troubles mentaux et qui ont été SDF de vivre dans des appartements ordinaires à Marseille (Bouches-du-Rhône). L’association Habitat alternatif solidaire (HAS), l’Assistance publique-­Hôpitaux de Marseille (AP-HM) et le bailleur social Soliha (ex-Pact 13) portent ce projet depuis son expérimentation (1).

« Le décret du 28 décembre 2016 a pérennisé ce dispositif et les trois partenaires ont constitué un groupement de coopération sanitaire et médico-social (GCSMS) », explique Sylvie Katchadourian, directrice du pôle santé de HAS (2). Il est financé à 50 % par l’ARS Provence-Alpes-Côte d’Azur et à 50 % par la DRJSCS, et répond à l’un des points de l’article 69 de la loi de modernisation du système de santé.

Accompagnement intensif

L’équipe pluridisciplinaire compte des professionnels de tous les horizons : médecins psychiatres, infirmiers, médiateurs santé, éducateurs spécialisés, assistant social et psychologue (11 équivalents-temps plein), salariés par les trois partenaires.

Tous les matins à 9 heures, ils examinent ensemble les rencontres prévues dans la journée avec les personnes accompagnées. « Il faut les accompagner dans une démarche médicale ou administrative, aller voir comment ils vont – nous les voyons tous au moins une fois par semaine – faire un petit bricolage ou des courses avec eux pour qu’ils investissent davantage leur quartier ou bien les accompagner vers l’emploi ou pour retisser des relations familiales », poursuit la coordinatrice du projet.

En fonction de la « mission » et des compétences qu’elle nécessite, les professionnels composent des binômes, et se mettent en route à 10 heures. Dans cette démarche d’accompagnement intensif orientée vers le rétablissement des personnes, aucune n’a de référent attitré. Il s’agit à 80 % d’hommes et leur moyenne d’âge est d’environ 34 ans.

Longue haleine

Pour être incluses dans ce dispositif, les personnes doivent être atteintes d’une pathologie psychiatrique, schizophrénie ou bipolarité, et avoir été sans abri pendant les semaines précédentes. Cumulant de lourdes difficultés, elles ont de fait souvent « épuisé » plusieurs services d’aide… Les candidatures sont examinées chaque trimestre par des partenaires en contact avec ce type de public.

Les professionnels de HAS cherchent alors un logement selon les souhaits de la personne, s’occupent de sa gestion locative (en location ou sous-location) et mettent en place l’accompagnement suivant les besoins qu’elle exprime. Un travail de longue haleine car les personnes n’ont pas ou plus l’habitude de vivre « à l’intérieur ». Chaque trimestre, un comité de suivi réunit les partenaires institutionnels et financiers du projet, avec qui les relations se sont approfondies avec le temps. Pour la coordinatrice, « cela permet de rester toujours en lien, collectivement ».

Sylvie Katchadourian, directrice du pôle santé d’Habitat alternatif solidaire

« On apprend en permanence du métier de l’un et de l’autre »

« Notre fonctionnement offre un contexte très favorable pour que les membres de l’équipe travaillent hors de leurs habitudes professionnelles. Une fois, j’ai descendu avec un psychiatre un frigo très sale de l’appartement d’un monsieur qui ne supportait plus son bruit. Il avait en fait des hallucinations auditives. Le médecin a pu aborder ce problème avec lui et lui proposer de le revoir plus tard… Travailler en binôme permet de disposer de la « boîte à outils » la plus complète pour rendre le service dont la personne a besoin à l’instant T. Cela favorise une triangulation de la relation, qui laisse à la personne le pouvoir sur sa trajectoire. Pour les professionnels, travailler en binôme – jamais le même – est un enrichissement. On apprend en permanence du métier de l’un et de l’autre. Nous ne sommes référents de personne en particulier et nous mettons tout en œuvre pour partager les informations. Comme ce cadre de travail est atypique, l’équipe est composée de personnes très motivées pour expérimenter. »

Notes

Note 01 Partenaires : HAS, AP-HM, Soliha, ARS, la DDCS, ville de Marseille, conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Conseil d’orientation en santé mentale de la ville. Retour au texte

Note 02 Contact : Sylvie Katchadourian, 04 96 10 19 41, contact@has.asso.fr Retour au texte

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Commentaires

Marseille, un toit d’abord pour les personnes en souffrance psychique

Votre e-mail ne sera pas publié

CACI

09/04/2018 05h03

Bonjour,
je suis sdf et schizophrène en région grenobloise je cherche un lieu de vie non médicalisé…… j’offre mon travail contre le gîte et le couvert. merci
je n’ai pas internet 06 44 06 12 22

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