Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement
Club Santé Social

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

icon Club Santé Social

[POINTS DE VUE] LAÏCITÉ

Le travail social, un atout maître pour la laïcité ?

Publié le 16/11/2015 • Par Nathalie Levray • dans : Dossier Santé Social

Le lien entre action sociale et laïcité relève de l’évidence pour Faïza Guélamine, comme pour Maryvonne Lyazid. L’une exhorte à travailler les pratiques professionnelles, l’autre prône un concept clarifié et l’apport de connaissances. Toutes deux plaident pour la pédagogie.

Ma Gazette

Sélectionnez vos thèmes et créez votre newsletter personnalisée

Quel est l’enjeu du débat actuel sur la laïcité pour la société française ?

Faïza Guélamine : Il faut faire coexister la liberté de conscience, l’égalité de traitement et le vivre ensemble à une époque où le religieux se donne à voir. La soustraction de la société française à l’emprise religieuse semblait acquise. Une partie des descendants des migrants issus des migrations postcoloniales, et d’autres, se réfèrent aujourd’hui à une religion historiquement perçue comme étrangère à la France. Un des défis auxquels les professionnels du travail social sont confrontés concerne des jeunes soumis à des discriminations, à des échecs à répétition dans un certain nombre de cas. Certains d’entre eux trouvent dans les ressources religieuses ou spirituelles, les moyens de se donner une identité valorisante d’abord à leurs propres yeux. Mais les précarités économique et identitaire, d’autres facteurs liés à des histoires familiales, personnelles, etc. engendrent aussi parfois des dangers, le repli sur cette seule référence. On est là face à une question sociale, de lutte contre la marginalisation, et non, comme on le présente de manière galvaudée, face à un problème de laïcité.

Faïza Guélamine, auteure de « Faits religieux et laïcité : le travail social à l’épreuve », ouvrage sorti en octobre 2014, est sociologue et responsable de formation à l’Association nationale des cadres du social (Andesi).

Maryvonne Lyazid : L’enjeu du débat est posé par la diversité actuelle de la population française, des croyances et des religions. Ces diversités engendrent une certaine difficulté à retrouver la colonne vertébrale du pacte social qui nous unit, ce qu’on appelle le vivre ensemble. Comme en 1905, nous sommes dans une période historique. Aujourd’hui, dans notre société sécularisée, d’affirmation des droits fondamentaux et de revendication de droits individuels, l’irruption de positions extrémistes interroge la place du divin et l’appartenance à une communauté. La laïcité n’est pas une option. Le débat est sain parce qu’il peut nous aider à apporter une clarification conceptuelle d’un principe constitutionnel, intangible, de notre société.

Maryvonne Lyazid, consultante, est l’ancienne adjointe du Défenseur des droits, vice-présidente du collège chargé, auprès de lui, de la lutte contre les discriminations et de la promotion de l’égalité.

Quel rôle l’action sociale a-t-elle à jouer pour la laïcité ?

FG : L’action sociale et la laïcité s’inscrivent dans la même synergie. La laïcité donne des outils qui permettent de voir quels aménagements et quelles règles poser pour un vivre ensemble qui tienne compte de la diversité de la population. L’action sociale n’est pas dissociable du lien social que travaillent les intervenants sociaux au quotidien. Il faut donner aux professionnels les moyens de s’interroger sur le sens que cela représente pour les personnes de s’affirmer différemment. Ils doivent le comprendre et se placer sur un registre éducatif et citoyen. L’action sociale fait forcément référence à une pédagogie de la laïcité.

ML : Les champs professionnels doivent s’emparer de la question laïque pour la soustraire à un accaparement politique et polémique et à l’instrumentalisation. L’action sociale a des atouts, car elle ne s’inscrit ni dans le prêt-à-penser, ni dans le dogmatique. Les acteurs du champ social et médicosocial ont l’habitude et la capacité professionnelle de gérer des situations complexes. Ils doivent avoir les idées claires sur le sujet pour adopter un positionnement clair : ni le déni, ni l’évitement, ni la complaisance. Ils ont besoin de repères conceptuels pour savoir réagir aux situations individuelles revendicatrices, ce qui revient à préciser les invariants de la laïcité. L’attitude managériale est importante à cet égard. Il faut impérativement se mettre au travail et ce travail doit se faire au niveau de la représentation institutionnelle et des cadres.

Et la laïcité pour l’action sociale ?

FG : La laïcité dans les pratiques professionnelles et dans la vie des établissements peut être une source d’interrogations ou de conflits. Pourtant, il me semble que la prise en compte globale de l’individu dans le travail social s’accorde avec la laïcité. Ce n’est pas le principe qui interroge, mais ses conséquences concrètes, au regard des situations qui donnent à voir du religieux dans le travail social. Il faut appréhender la place à accorder à la religion. Dans le champ professionnel des pratiques sociales, les applications du principe de laïcité sont à clarifier. Ce sont des objets de travail comme les autres pour l’action sociale.

ML : La question de la laïcité peut permettre de recontextualiser, historiquement et professionnellement, les valeurs du travail social. À cet égard, le travail du Cnad est remarquable. Ses avis sont très intéressants pour répondre aux professionnels au quotidien, notamment par la méthode proposée pour coconstruire la réponse en interrogeant le droit, la sociologie, l’éducatif, etc.

La laïcité de 1905 a-t-elle échoué dans sa visée émancipatrice ?

FG : Les processus de la laïcisation de la société française tels qu’ils s’incarnent dans la loi de 1905 se fondaient sur l’idée d’offrir une référence de réflexion autre que celle de la religion. Penser librement hors du dogme religieux représentait un gain énorme en termes de liberté. Comme principe politique, la laïcité est un formidable outil d’émancipation. Les individus restent maîtres de choisir par eux-mêmes, à se référer à ce qui fait sens pour eux. Rien n’est acquis et le risque de rupture existe au regard des manipulations et des emprises mentales. D’où l’importance de la pédagogie.

ML : La loi de 1905 n’est pas une loi contre la religion mais une loi de liberté. Elle est émancipatrice pour l’individu et pour la gestion des cultes. Loi de compromis, elle exclut la théocratie de notre champ politique institutionnel. Les questions de 2015 découlent de l’évolution sociétale depuis 1905. L’apparition de la diversité des individus a conduit à la diversité dans les moyens de se vêtir, de se nourrir, de prier ou de ne pas prier. Et cela interpelle notre quotidien sur les signes extérieurs religieux, la place des religions dans l’espace public, la diversité vestimentaire… Il faut accepter de se laisser interroger dans son intime pour construire une réponse professionnelle.

Une loi sur la laïcité vous paraît-elle une bonne solution pour répondre au débat ?

FG : La référence à la loi ne suffit pas dans bon nombre de situations, et une loi n’évite pas les conflits. Vouloir légiférer de nouveau sur la laïcité est une mauvaise idée, car cela laisse à penser que la laïcité est menacée et la ­République avec elle. Le droit du travail, codifié et jurisprudentiel, fixe un cadre clair et suffisant pour traiter le cas d’un salarié du secteur privé qui définirait son attitude au travail par rapport à ses convictions religieuses. La neutralité de l’agent public est suffisamment affirmée. Il faut travailler sur les pratiques professionnelles et sur les limites possibles à la liberté de conviction.

ML : L’outillage existant suffit amplement. La Constitution, les textes de loi, notamment la loi relative à la lutte contre les discriminations, les travaux du Cese, de l’Observatoire de la laïcité, du Cnad, du Défenseur des droits me paraissent un corpus suffisant pour faire face aux situations, en nombre relativement réduit il faut le souligner, de crispation et de tension sur la question de la laïcité. La réponse à ce débat se situe dans l’apport de connaissances dans les milieux professionnels. Il faut fournir un effort conséquent d’apprentissage et un travail en profondeur de pédagogie à court, moyen et long termes. Ensuite, il faut appliquer une méthode de travail en cas de sollicitation et faire face par des postures de dialogue, d’explication et de médiation.

Thèmes abordés

Réagir à cet article

Nos offres d'emploi

Plus de 1000 offres d'emploi !

TOUTES LES OFFRES D'EMPLOI
marche online

Aujourd'hui sur le Club Santé Social

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

Le travail social, un atout maître pour la laïcité ?

Votre e-mail ne sera pas publié

Club Santé Social

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement