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[VU D'AILLEURS] ANALYSE DES BESOINS SOCIAUX
Au Luxembourg, un rapport social pour des plans d’action communaux
Laure Martin | Dossier Santé Social | Publié le 28/04/2015

Esch-sur-Alzette, au Luxembourg, mène depuis une quinzaine d’années une étude sur la situation sociale de la ville. Un travail qui se précise d’année en année, permettant ainsi aux politiques d’adapter leurs décisions.

C’est à l’initiative de l’adjoint au maire délégué aux affaires sociales que cette commune de 33.000 habitants a commencé à réaliser dans les années 2000, sur la base du recensement général de la population, une étude de la situation sociale de son territoire. « Elle a sollicité l’université du Luxembourg et le Centre d’études de populations, de pauvreté et de politiques socio-économiques, pour mener une étude sur la situation sociale de la ville », explique Emmanuel Cornelius, chef de service du développement social à la commune d’Esch-sur-Alzette.

Les résultats de l’enquête ont révélé un découpage de la ville en deux, avec au Nord une population davantage en difficulté qu’au Sud. « Nous avons réagi en permettant à la population d’avoir accès gratuitement à l’apprentissage de l’informatique et à l’internet », souligne-t-il. Ce rapport a également conclu à la nécessité de créer un poste au sein de l’administration communale, dédié à la coordination des politiques sociales destinées à différents publics. « J’ai commencé en 2004 et nous avons remarqué qu’il fallait suivre l’évolution de notre population avec ses problèmes spécifiques et sa répartition sur le territoire de la ville », rapporte Emmanuel Cornelius.

Base de discussion

Lors d’une formation dispensée à Paris par l’Observatoire décentralisé de l’action sociale, Emmanuel Cornelius découvre un outil du Compas, « Babord », et décide de l’intégrer au travail mené par sa commune afin de recueillir, parallèlement au recensement qui a lieu tous les dix ans, des données annuelles permettant de suivre la situation de la population. Ce travail a révélé le besoin d’instaurer des plans d’action communaux destinés aux jeunes et de mieux intégrer les personnes âgées immigrées avec des clubs seniors. « Ce travail sur les données renforce le suivi de l’évolution de la population. Nous les utilisons comme base de discussions avec nos partenaires », se félicite Emmanuel Cornelius.

La commune a décidé, il y a un an, d’aller plus loin et de mener un travail plus approfondi associé au recensement général et à l’outil du Compas, en faisant intervenir au sein de groupes de discussion, des professionnels et des personnes touchées par certaines problématiques. « On a décidé également de rassembler des partenaires externes et internes à la commune pour réfléchir à des moyens d’action », précise-t-il. Ce rapport social est réalisé par une collaboratrice scientifique de l’université du Luxembourg (lire ci-dessous) qui devrait rendre son travail en février 2017.

 

« J’observe les signes d’avantages sociaux ou d’exclusion »

Clarissa Dahmen, collaboratrice scientifique à l’université du Luxembourg

L’université du Luxembourg a mandaté depuis l’été 2014 la sociologue Clarissa Dahmen pour la rédaction du rapport social de la ville d’Esch-sur-Alzette. « J’apporte une analyse qualitative et quantitative à partir des banques de données des grandes institutions comme l’Agence pour le développement de l’emploi (Adem), la sécurité sociale ou encore le ministère de l’Éducation. » Pour mener ce travail à bien, elle réalise également des entretiens avec les personnes de terrain, les citoyens, des experts scientifiques ou encore des politiciens. Et d’ajouter : « J’observe les signes d’avantages sociaux ou d’exclusion de la population. En analysant les problèmes et les ressources disponibles, on peut obtenir une première approche de la situation sociale à Esch-sur-Alzette, et les politiciens peuvent ensuite mener des actions adaptées. » L’analyse réalisée par Clarissa Dahmen ne vise pas à donner des recommandations. Mais « les politiques sont très engagés dans cette commune, et on peut facilement discuter des résultats », conclut-elle.