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HANDICAP et sexualité

Handicap : comment prendre en compte la sexualité en institution ?

Publié le 11/02/2015 • Par Emilie Lay • dans : Dossier Santé Social

Le tabou de la vie affective et sexuelle des personnes handicapées s’effrite dans les établissements médicosociaux. Mais faute de cadre à l’échelle nationale, professionnels et institutions restent isolés. Certains n’hésitent pas à braver la loi pour la faire évoluer.

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Ni anges, ni bêtes, les personnes en situation de handicap, mental ou moteur, revendiquent l’accès à une vie affective et sexuelle. « Pas uniquement objets de soins, nous devons les considérer comme des sujets désirables et désirants », insiste François Crochon, chef de mission du Centre ressources handicaps et sexualités (Cerhes).

De fait, la résidence en institution empêche une liberté totale. Mais depuis la loi de 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, la reconnaissance de la sexualité dans les établissements médicosociaux fait des progrès.

Permettre à chacun de l’exercer de manière épanouie, dans le respect de son intimité et de sa vie privée, exige des conditions interdépendantes : « supprimer tout obstacle des projets d’établissement, sensibiliser les équipes, prévoir une information sur place ou une orientation chez un sexologue et un gynécologue, acquérir des sex-toys adaptés », détaille François Crochon. Les déficients intellectuels requièrent, en outre, un accompagnement garantissant leur consentement libre et éclairé à toute relation.

 

Freins structurels et personnels

Encore faut-il pouvoir faire des rencontres. « Si vous n’aviez le choix de coucher qu’avec vos voisins d’immeuble, que diriez-vous ? », interpelle Jean-Luc Letellier, président fondateur du Credavis (Centre de recherche et d’étude pour le droit à la vie sexuelle dans le secteur social et médicosocial). Or, ces impératifs se heurtent à des freins structurels – les chambres s’ouvrent sur un couloir central –, et personnels.

« On ne peut accueillir l’autre dans son authenticité, si l’on ne s’est pas confronté à ses propres tabous. » En France, des formations sont proposées par le Credavis, le Cerhes, etc. « Et toute l’institution doit s’y atteler, en respectant la clause de conscience des professionnels. Les abus surviennent lorsqu’on laisse les gens seuls », considère Laurent Sochard, psychosociologue, par ailleurs membre du Comité national des avis déontologiques et éthiques (Cnade) pour les pratiques sociales.

Cependant, comment accompagner une personne incapable de bouger ou un couple qui ne peut accéder seul à des rapports sexuels ? « Déontologiquement, les professionnels ne peuvent pas intervenir directement », tranche Pascal Prayez (1), psychologue, ex-aidant sexuel et formateur.

Chargé, en 2012, de se prononcer sur l’assistance sexuelle, le conseil consultatif national d’éthique s’est refusé à la tenir pour une obligation sociétale, tout en admettant la nécessité de former les professionnels pour « faciliter le contact des personnes handicapées physiques. » « Jusqu’où ? Cela n’est pas précisé. Positionner un couple ne suffit pas : il faut tourner les corps l’un vers l’autre, placer le préservatif, etc. Là, c’est de l’assistance sexuelle », précise Pascal Prayez.

Faute de cadre clair, établissements et professionnels restent démunis. Ces derniers prodiguent parfois une aide sexuelle, tenaillés « entre principe de réalité et culpabilité. Réalisées par compassion, ces pratiques sont tues et relèvent d’une négociation interindividuelle », déplore Laurent Sochard.

Enfin, la législation française interdit quasiment l’assistance sexuelle, maintenant sans solution les personnes tétraplégiques par exemple : l’article 225-6 du code pénal assimile à des proxénètes tous ceux qui feraient office d’intermédiaires entre les prostituées et leurs clients.

 

Droit à l’assistance sexuelle

Face à ces impasses, l’association CH(s)OSE, créée à l’initiative du Collectif Handicaps et sexualités (CHS), et « Faire face », le magazine spécialisé sur le handicap, ont lancé, en 2011, un appel conjoint clamant le droit à l’assistance sexuelle.

Des aidants sexuels français rémunérés, formés par l’association suisse Corps solidaires, cofondée par Pascal Prayez, s’apprêtent désormais à intervenir dans un établissement pour adultes de la région parisienne.

Et l’Association pour la promotion de l’accompagnement sexuel (Appas) organisera une formation dès mars prochain, à Erstein (Bas-Rhin). « Comme autrefois pour la contraception et l’interruption volontaire de grossesse, des individus et des mouvements sociaux se placent dans l’illégalité pour faire changer la loi », observe François Crochon.

Références

  • L’article L.311-3 du code de l’action sociale et des familles stipule que « l’exercice des droits et libertés individuels est garanti à toute personne prise en charge par des établissements et services sociaux et médicosociaux. Dans le respect […] de sa dignité, de son intégrité, de sa vie privée, de son intimité et de sa sécurité ».
  • L’article 459-2 du code civil précise que la personne majeure protégée « entretient librement des relations personnelles avec tout tiers, parent ou non. Elle a le droit d’être visitée et, le cas échéant, hébergée par ceux-ci ».

Thèmes abordés

Notes

Note 01 Auteur de « Non-assistance sexuelle à personne en danger », Éditions L’Harmattan, 2013. Retour au texte

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Sur le même sujet

  • Films :

    • « The sessions », de Ben Lewin, 2012, est inspiré du récit fait par Mark O’Brien, poète américain handicapé, de son expérience avec Cheryl Cohen Greene, « sex surrogate » aux États-Unis.
    • « Hasta la vista », de Geoffrey Enthoven, 2009, narre les aventures de trois jeunes handicapés (dont deux en fauteuil roulant) qui entreprennent un voyage pour perdre leur virginité dans un bordel espagnol.
    • « Indésirables », de Philippe Barassat, 2013 (sortie en mars 2015) : Aldo, jeune infirmier, devient assistant sexuel pour personnes handicapées. Sa nouvelle activité le plonge dans d’étranges expériences dont il sortira profondément transformé.

     

    Livres :

    • « Accompagnement érotique et handicaps : au désir des corps, réponses sensuelles et sexuelles avec cœur », de Catherine Agthe-Diserens et Françoise Vatré, Éditions La Chronique sociale, 2006. Appuyé sur des expériences transdisciplinaires, cet ouvrage analyse les questionnements éthiques, propose des réponses respectueuses adaptées aux personnes en situation de handicap.
    • « Leur sexualité n’est pas un handicap », de Jean-Luc Letellier, Éditions Érès, 2014. Fruit d’un long travail de terrain et d’une réflexion théorique, ce livre expose les entraves au libre exercice de la sexualité en institution et expose les solutions pratiques, méthodologiques et éthiques.
    • « Comprendre la sexualité de la personne handicapée mentale. État des lieux et perspectives », de Denis Vaginay, Éditions La Chronique sociale, 2003. Analysant la sexualité des déficients intellectuels, l’auteur détaille la singularité des accompagnements possibles, en fonction des situations et des personnes.
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Commentaires

Handicap : comment prendre en compte la sexualité en institution ?

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27/10/2017 05h24

Je suis future professionnelle(AES) du médico social et je suis très surprise et à la fois très contente de savoir qu’il est possible de s’appuyer sur des vécus, des personnes qui se sont mobilisées , et d’autres aspects de notre société que je n’aurais pas cru encore capable de se plonger dans ce que devrait être un droit inaliénable à savoir la sexualité en institution.Confrontée à des situations complexes en stage je suis heureuse de voir que les choses évoluent mais encore pas assez alors que nous avons un texte de loi qui est très clair: le droit à l’exercice d’une pleine participation et une pleine citoyenneté pour les personnes souffrant d’un handicap quelqu’un soit.A partir de la pour moi tout est possible si nous y mettons de la conviction et du respect pour les droits et les libertés de chacun et chacune.

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