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Travail social

« Quand ils sont associés aux changements, les travailleurs sociaux expriment une forte créativité » – Annick Gresset Veys, coordinatrice du Cnade

Publié le 16/01/2015 • Par Stéphanie Marseille • dans : Dossier Santé Social

Le Cnade a été créé à la fin des années 1990 pour répondre aux inquiétudes des travailleurs sociaux en manque de repères. Il rend des avis sur des questions concrètes (huit par an environ) qui lui sont soumises par les acteurs sociaux sans porter de jugement mais en aidant les professionnels à trouver la réponse par eux-mêmes. Les questions reçues montrent que les travailleurs sociaux sont bousculés par le partage d’informations avec des non-travailleurs sociaux mais aussi de plus en plus par la montée du contrôle social, des préoccupations sécuritaires, la peur de voir le travail social instrumentalisé en fonction des politiques du moment.

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Qu’est-ce qui a motivé la création du Cnade ?

L’origine du Cnad remonte à Claude Évin et Jean Pierre Rosenczveig en 1993-1994, suite aux inquiétudes manifestées par les travailleurs sociaux en manque de repères, du fait de la judiciarisation de certaines affaires. Certains travailleurs sociaux se retrouvaient mis en examen pour violation du secret professionnel et d’autres pour le contraire, sur fond de maltraitance institutionnelle larvée. Un comité de pilotage, réuni à l’initiative de l’ANCE (Association nationale des communautés éducatives), sous la présidence de Jean-Pierre Rosenczveig, a alors travaillé à la rédaction d’un texte de références déontologiques pour les pratiques sociales en appuyant sa réflexion sur différents groupes de travail mis en place dans les régions. Lors de journées nationales d’étude à Carcassonne en 1999, ce texte a été soumis au débat de plus de 1.000 travailleurs sociaux, représentants d’associations, syndicats. Il a été adopté à l’issue du congrès. Au cours de ces travaux, les travailleurs sociaux ont cependant estimé qu’un texte ne suffisait pas à répondre à leurs interrogations. Il fallait créer une instance capable de mettre le texte à l’épreuve des pratiques : le Cnad, qui s’est transformé en Cnade. Parallèlement, pour permettre à cette instance de fonctionner matériellement tout en garantissant son indépendance, a été créé le CNRD (Comité national des références déontologiques) auquel adhèrent et cotisent un certain nombre d’associations nationales.

Qui compose le Cnade et comment fonctionne-t-il ?

Le Cnade est composé de sept à neuf membres qui siègent de façon individuelle, bénévole et indépendante. Nous tenons à une pluralité des représentations : on peut ainsi trouver parmi ses membres, un docteur en sciences de l’éducation, un philosophe, un médecin pédiatre, un juriste avocat, une psychologue, un sociologue. Le mandat est de deux ans, renouvelable. La mission du Cnade est de rendre des avis sur des questions concrètes qui lui sont soumises par les acteurs sociaux. Il a ainsi un rôle bien spécifique qui ne s’apparente pas à l’élaboration d’un « guide des bonnes pratiques ». Les professionnels qui le constituent, après avoir fait œuvre d’information – éventuellement de rappel des règles et des risques encourus – invitent au contraire la personne qui a souhaité les interroger à une réflexion distanciée et à une prise de responsabilité pour décider elle-même de la conduite à tenir en meilleure connaissance de cause, mais en toute liberté. Nous recevons, en moyenne, huit questions par an : j’anonymise la question, qui est diffusée aux membres du Cnade. Le premier « round » consiste en une réaction à chaud. Nous dégageons petit à petit les premières pistes de réflexion, qui se réduisent rarement à une seule problématique. Les questions reflètent souvent la solitude du travailleur social. À la suite de ce premier échange, virtuel, nous organisons une première rencontre physique pour tenir un débat sur le fond, qui explore toutes les hypothèses. Nous décidons alors d’une orientation pour l’avis à rendre et des arguments pour étayer la réponse. Un rédacteur et un corédacteur rédigent alors un texte martyr qui circule entre les membres, pour débat. Il est ensuite validé lors d’une nouvelle réunion.

Quels types de questionnements sont adressés au Cnade ?

Jusqu’à la loi n° 2002-02, les professionnels s’interrogeaient beaucoup sur ce qu’il fallait faire, dire, à qui et comment. De nombreuses questions avaient trait à la méconnaissance des textes juridiques. Mais depuis, de nombreuses lois ont établi un cadre juridique difficile à ignorer. La loi de réforme de la protection de l’enfance en 2005, celle concernant la prévention de la délinquance par exemple. Les questions que nous recevons montrent que les travailleurs sociaux sont bousculés par le partage d’informations avec des non-travailleurs sociaux, surtout dans le domaine de la protection de l’enfance. Dès que l’accompagnement suppose un partenariat, que cela soit dans le domaine de la protection de l’enfance, de l’insertion professionnelle, de la réussite éducative, de la collaboration avec des lycées ou des collèges, ne rien partager devient impossible. Ce qui exige une maîtrise de ce que l’on partage, une reconnaissance des missions spécifiques des uns et des autres, une maîtrise de ce qu’il est utile de partager ou pas. C’est un exercice sur le fil du rasoir et les professionnels n’y sont pas assez bien formés.

Aujourd’hui, les malaises persistants au sein des professionnels concernent plutôt la montée du contrôle social, des préoccupations sécuritaires, la peur de voir le travail social instrumentalisé en fonction des politiques du moment, au mépris des missions initiales. Les objectifs affichés par le gouvernement ne sont pas toujours en accord avec le respect du secret professionnel. Il existe aussi une crispation autour du fait religieux, de la laïcité, sans que nul ne soit en capacité d’en donner une définition unique. On reçoit aussi des questions concernant les restrictions budgétaires, qui interrogent les tensions entre une logique clinique, sociale, éducative et une logique gestionnaire. Entre le respect des moyens et celui des principes professionnels, d’obligation de qualité et de principes déontologiques. Sous ces questions pointe également celle du dialogue institutionnel : les gens ont des habitudes de travail et se sentent révoltés quand l’institution leur intime de faire mieux avec moins. Quand ils sont associés aux changements cependant, les travailleurs sociaux expriment une forte créativité.

Les méthodes de management peuvent-elles générer des tensions pour les travailleurs sociaux ?

Certaines méthodes heurtent en effet le sens du travail social, telles que les injonctions par le biais de notes de service. Comme, par exemple, de sommer les travailleurs sociaux de tenir un journal des personnes reçues, ou visitées, avec leurs noms et adresse. La connaissance de l’activité du service n’est pas à confondre avec le flicage des acteurs sociaux.

Le travail social ne relève-t-il, pour vous, que des professions citées dans le code de l’action sociale ?

Au départ, trois professions canoniques portaient seules le travail social. Elles se sont élargies ensuite à quatorze professions, citées dans le code de l’action sociale. Mais nous ne nous restreignons pas à ces professions encadrées. Nous visons une certaine transdisciplinarité. Certes, le fait que l’action sociale ne soit pas portée uniquement par les travailleurs sociaux peut participer de leur malaise. En voyant œuvrer des bénévoles auprès de porteurs de handicap ou dans des actions socioculturelles, certains travailleurs sociaux en viennent à se demander à quoi ils servent et pour quelles raisons ils ont pris la peine de se former. Mais ce n’est pas la cause première de leur malaise aujourd’hui.

Les EGTS font la part belle au pouvoir d’agir des personnes accompagnées. Cela peut-il constituer une source de renouvellement des pratiques professionnelles des travailleurs sociaux ?

Les lois de 2002 ont redéfini la place des personnes accompagnées comme étant des acteurs de leur propre vie, des sujets à part entière qu’il importe de respecter, dans leurs autonomie et liberté. Mais la formation des travailleurs sociaux les amène à une position d’expert, qu’il leur est difficile de bousculer. « Faire avec » les personnes accompagnées implique un changement de paradigme. Cela étant, les écueils des démarches qui placent le bénéficiaire au centre de l’accompagnement sont réels : dire à une personne en vrac, « quel est votre projet de vie ? » peut avoir des effets néfastes. Parfois, la personne a juste besoin d’un toit, de quoi manger et n’est pas en capacité de se projeter dans un projet. L’objectif de redonner à chacun la capacité d’être sujet de sa propre vie et de ses projets, c’est intéressant. Mais si les personnes jouissaient, d’emblée, de leur pouvoir d’agir, elles n’auraient sans doute pas besoin des travailleurs sociaux. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut leur dénier ce pouvoir d’agir, mais cela implique de prendre avec elles le temps nécessaire, temps dont les travailleurs sociaux ne disposent pas toujours. La fonction du travailleur social consiste à promouvoir l’autonomie, la protection des personnes, à prévenir l’exclusion et à favoriser la cohésion sociale.

Une refondation du travail social est-elle nécessaire ?

Refonder, c’est une noble ambition, qui consiste à redonner ses lettres de noblesse au travail social, à le revaloriser. Mais ce qui émerge des questions reçues par le Cnade, c’est un besoin de réaffirmer le sens de l’action et des missions dévolues au travail social. Il faut faire en sorte que ce sens soit respecté par les orientations politiques. Par exemple : avant que la Cnil ne valide le choix d’un logiciel par le Siao, certains responsables locaux ont imposé ledit logiciel aux travailleurs sociaux. Or, il contenait des informations sensibles pour les personnes accueillies, certaines questions étaient interdites par la loi et il n’existait aucune garantie quant à l’utilisation des données. Ou encore, quand les travailleurs sociaux sont sommés par leurs directions de remonter immédiatement toute suspicion de fraude au RSA. Or, la dénonciation n’est pas le rôle du travailleur social, dont la fonction consiste plutôt à inciter le bénéficiaire à régulariser tout seul sa situation. La refondation du travail social n’est pas qu’une question de moyens, c’est également une question de sens, de valeurs, de priorités et d’objectifs. Le code de l’action sociale recense l’essentiel des valeurs du travail social. La question aujourd’hui consiste à savoir comment les décliner dans les pratiques, au vu des évolutions de contexte. Il ne s’agit pas tant de refonder, que de se réapproprier le sens et d’affirmer les limites à ne pas franchir et aussi de revitaliser une dynamique d’engagement et de créativité de tous les acteurs sociaux qui ne peuvent se contenter d’être de simples exécutants de politiques décidées en haut lieu.

Peut-on parler d’une éthique particulière aux travailleurs sociaux ?

L’éthique n’existe pas en soi. Ce n’est ni un dogme, ni une doctrine. Il n’existe aucune recette magique sur la conduite à tenir. C’est un processus de réflexion qui permet d’analyser une situation en tenant compte du sens des missions et de l’impact des différentes options d’interventions sur la personne accompagnée. C’est un processus de questionnements. En cela, l’éthique des travailleurs sociaux ne diffère d’aucune autre profession. Elle s’appuie néanmoins sur de grands principes : la recherche de justice, d’équité, d’autonomie et de liberté des personnes, de bienfaisance. C’est une éthique issue de l’éthique médicale de l’Antiquité.

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