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[Tribune] Management

Comment accompagner l’évolution du travail social dans les collectivités territoriales quand on est en situation managériale

Publié le 28/11/2014 • Par Auteur Associé • dans : A la Une santé social

Pour Alain Ananos, « il est temps de sortir des routines pour mettre en œuvre une méthode de réflexion collective et individuelle dans le respect des singularités de chacun, des faits et des idées ».

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Tribune d’Alain Ananos, administrateur territorial,  DGAS de la ville de Pantin (Seine-Saint-Denis) en charge du développement de la personne et de la citoyenneté, membre du conseil d’administration de l’Inet.

Cette République à laquelle nous croyons ne peut être le centre de l’union que si elle prend à bras le corps la question sociale avec audace et innovation.  Il est temps de répondre à cette exigence formulée dès 1790 par La Rochefoucauld-Liancourt « de faire valoir les droits de l’homme pauvre sur la société. La bienfaisance publique n’est pas une vertu compatissante, elle est un devoir, elle est la justice. Là où existe une classe d’homme sans subsistance, là existe une violation des droits de l’humanité. » Il est  temps de sortir des routines pour mettre en œuvre une méthode de réflexion collective et individuelle dans le respect des singularités de chacun, des faits et des idées, il est temps car le big bang civilisationnel est important.

La question de la refondation du contrat social est posée

Ayons en mémoire qu’à chaque bouleversement, à chaque révolution correspond son monde d’inquiétude. Lors du passage de l’oral à l’écrit Socrate ne craignait-il pas une perte d’usage de la mémoire ? Pourtant avec l’écrit arriveront la gnose, la géométrie, la démocratie. Lors du passage de l’écrit à l’imprimé, nouvelles inquiétudes. Et pourtant il en résultera un élargissement des échanges de savoirs, l’émergence de l’humanisme, de nouveaux progrès dans tous les domaines. Aujourd’hui avec le passage de l’imprimé au numérique, nous assistons à l’émergence de l’ère du maintenant. Toutes nos institutions sont à repenser.

La question de la refondation du contrat social qui relie de nouveau les individus à la solidarité nationale est posée. Comment faire face à ces enjeux et accompagner l’évolution du travail social dans nos collectivités lorsque l’on est en situation managériale (1) ?

Le mandat du travail social était, pour reprendre l’expression de Robert Castel, la réduction de « l’écart qui sépare certaines populations de la dynamique du progrès social », ce mandat a évolué afin de parer aux situations d’exclusion sociale et doit de nouveau évoluer pour passer d’un rapport de soumission à un rapport d’émancipation. Le tout dans une recomposition territoriale dont le véritable enjeu est celui de la participation des habitants. La refondation du contrat social doit s’ouvrir à la manière dont les habitants peuvent prendre en main leur destin collectif local.  Cette revendication peut s’opposer au savoir « sachant » qui de l’extérieur s’arroge la compétence à savoir ce qui est bon à telle personne, à tel espace de vie.

Le travail social est-il un investissement ou un coût ?

Cette tension invite les travailleurs sociaux à investir une fonction médiatrice pour permettre l’émergence du sens et de la perspective pour et par les habitants eux-mêmes. Bien évidemment ce travail interroge le manager sur le travail social (2) : ce dernier est-il un investissement où un coût ?

Ceux qui considèrent le travail social comme un investissement pensent le social dans la continuité de son histoire, de la construction du lien social ce qui suppose des temps longs, la recherche de solutions, des innovations et du risque de l’erreur. Ceux qui considèrent l’action sociale comme un coût s’inscrivent dans la réalité d’une gestion pour laquelle si le social n’a pas de prix il a un coût et il convient de rechercher l’équilibre entre les fonds investis et les résultats obtenus. Il faut alors définir des indicateurs de performance afin d’évaluer cet écart. Dans ce cadre la pratique professionnelle tendra à se réduire à des interventions courtes, séquencées renvoyant l’usager à sa demande, à son individualité, à sa solitude.

Il faut repolitiser la question sociale

Comment permettre aux travailleurs sociaux  de pouvoir combiner au quotidien leur travail entre un travail social d’intervention court-termiste et un travail social qui s’inscrit dans une perspective de changement de la société et des personnes qui y vivent. Cette tension est d’ordre politique. Il s’agit de repolitiser la question sociale en intégrant la dimension citoyenne des professionnels du social, ce qui d’un point de vue managérial imposerait de :

  • Laisser du temps au temps et ne pas imposer l’urgence et la réactivité comme mode de faire (le fameux Asap (As Soon As Possible), aussi vite que possible). En action sociale, le temps, à l’inverse, est facteur de résolution des problèmes. Le temps laissé à l’autre pour répondre, pour construire une solution, pour trouver une issue, est indispensable. C’est l’absence de temps qui est toxique, qui prive de l’interstice nécessaire pour laisser émerger quelque chose de possible. L’immédiat confisque la réponse.
  • Mesurer la performance autrement. C’est l’injonction des temps présents ! La performance est l’alfa et l’oméga de la production. Si on peut, à la limite, comprendre ce concept dans un contexte lucratif de concurrence en matière de création de biens matériels, il est plus difficile d’en saisir la pertinence en matière d’action sociale et médico-sociale.
  • Développer le bien-être au travail et combattre l’idée qu’un peu de tension ne nuit pas. Pour le travail social, relation à autrui, il ne peut  se construire et se réaliser que dans l’altérité, la rencontre humaine avec un autre. Ce n’est pas l’anxiété mais la sécurité qui conditionne alors l’efficience professionnelle. 
  • Prendre le risque de l’humain. Si une action n’a pas de retour, c’est-à-dire de rentabilité au regard du but poursuivi, elle ne vaut rien. Ce concept est parfaitement incompatible avec l’objet même de l’action sociale. La relation d’aide est un investissement dont seul le bénéficiaire pourra évaluer le retour. Personne ne peut être juge du parti que l’usager tirera du travail qui a été mené à ses côtés. C’est son affaire, c’est le prix de sa liberté.
  • Co-construire avec plutôt que contrôler, exiger des formalisations bureaucratiques répétées, des batteries d’indicateurs, des tableaux qui envahissent les espaces de travail. Même si chacun sait que dans la culture orale des métiers du social, un peu plus de formalisation est indispensable, y compris pour se prémunir du risque judiciaire. Par exemple rétablir avec l’usager, au travers de la co-construction, le contrat de ce que l’intervenant et l’usager décident de faire ensemble.
  • Recréer du collectif et admettre que le travail social a besoin de temps pour déployer des pratiques inventives. Le court-termisme est incompatible avec le temps de construction des professionnels avec les usagers, avec le temps de la transformation.

Résister à l’idéologie de la défiance

Résister comme travailleur social, comme manager au Nouveau management public est difficile car le double langage est de rigueur : autonomie, responsabilité, décentralisation, nous dit-on ; alors qu’en réalité c’est contrôle autoritaire, tatillon, mise en concurrence généralisée. Résister ce n’est pas résister dans le sens d’un refus de l’adaptation nécessaire mais c’est surtout résister face à une idéologie de la défiance et de la concurrence qui met à mal  le pacte républicain et affirmer qu’un autre modèle est possible, celui fondé sur l’intérêt général et la confiance.

Notes

Note 01 «L’horreur managériale, gérer, instrumentaliser, détruire», Etienne Rodin, éd l’échappée Retour au texte

Note 02 Le néo management est-il soluble dans les ESSMS, Roland Janvier, consultable sur le site :  www.roland janvier.org Retour au texte

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