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Grand âge

Points de vue : la loi « autonomie » suffirait-elle ?

Publié le 15/05/2014 • Par Emilie Lay • dans : Dossier Santé Social

Malgré le remaniement ministériel, il reste un espoir que soit adopté, cette année, le projet de loi sur l'adaptation de la société au vieillissement. Ses dispositions, et notamment celles du Plan pour les métiers de l'autonomie qui l'accompagnerait, parviendraient-elles à revaloriser ces métiers du grand âge en mal d'attractivité ? La Gazette Santé-Social a sollicité séparément, début avril, l'avis de deux spécialistes.

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Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA)

« Il faut créer la « prestation autonomie » que l’on nous promet depuis des années. Nous devons donner aux personnes âgées les moyens de choisir entre la vie en établissement ou à domicile. »

Christophe Piteux, délégué général adjoint chargé des services aux adhérents de l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (Unccas)

« Depuis quelques années, les conseils généraux ne récompensent plus la qualification. Certains vont jusqu’à nous dire qu’il n’est pas la peine de former les aides à domicile, le tarif ne pouvant plus évoluer. »

Le projet de loi sur l’adaptation de la société au vieillissement contient plusieurs mesures destinées à attirer les candidats vers les métiers de l’autonomie. Qu’en espérez-vous ?

Pascal Champvert : L’Etat fait les bonnes analyses ; cela ne fait même plus débat. Mais la question est de savoir quand va-t-il mettre en application des réponses. La loi sur l’adaptation de la -société au vieillissement, à elle seule, ne suffira évidemment pas. Tout le monde s’accorde là-dessus. Si l’Etat se contente d’opérations de communication et de petites améliorations, mais que, d’un autre côté, les équipes sont en sous-effectif dans les établissements, il sera difficile de motiver les candidats pour travailler dans ce secteur. L’Association des directeurs au service des personnes âgées est partenaire de l’Etat pour la promotion du Plan pour les métiers de l’autonomie, à condition que l’Etat aille plus loin. La loi constitue un premier pas utile. Elle enclenche de bonnes choses, mais elle devra être complétée rapidement. Il faut mettre en œuvre les propositions contenues dans l’avis voté, il y a trois ans, par le Conseil économique, social et environnemental (Cese) (1). Enfin, si nous nous engageons à créer des emplois, nous voulons faire partie du Pacte de responsabilité et bénéficier des baisses de charges correspondantes. Dans le secteur de l’aide à domicile, 80 % des budgets sont consacrés aux dépenses de personnel.

Christophe Piteux :Tout d’abord, l’âge avancé des professionnels- notamment dans l’aide à domicile -, les risques psychosociaux… tous ces constats ne sont pas contestés. Et nous savons depuis longtemps que ces métiers ne séduisent pas les jeunes. Mais des plans pour les métiers ont déjà été présentés dans le passé et ils ne sont pas allés au bout de leurs objectifs. Les gestionnaires ont été déçus : ils ont du mal à s’enthousiasmer. Ensuite, le projet de loi a été porté à bras-le-corps par Michèle -Delaunay (ex-ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de l’autonomie, ndlr). Celle-ci ayant quitté le gouvernement, nous craignons que tout ne soit abandonné. Enfin, le texte ne comporte presque aucune mesure concernant les problèmes de personnel. Tout repose sur le Plan pour les métiers de l’autonomie et sur l’accord d’engagement pour le développement de l’emploi et des compétences pour l’autonomie. Hélas ! nous ne sommes pas signataires de cet accord. C’est un rendez-vous raté. Nous avons été rattachés au projet trois semaines avant sa signature. Le délai était trop court pour en modifier le contenu. Or le reclassement s’avère complexe dans la fonction publique territoriale. Certains métiers, comme ceux d’aide-soignant ou d’assistant de service social, pâtissent d’une double peine : en plus du diplôme d’Etat, les professionnels doivent passer un concours de la fonction publique. Enfin, la revalorisation des salaires est indispensable.

Justement, le Plan pour les métiers de l’autonomie met l’accent sur les parcours qualifiants. Mais comment tirer les salaires vers le haut, dans un secteur de l’aide à domicile en crise ? Les moyens alloués aux conseils généraux vous semblent-ils suffisants ?

P. C. :Aujourd’hui, on promeut des emplois sous-qualifiés à domicile et on spolie les personnes âgées hébergées en établissement, compte tenu de leur reste à charge. Les conseils généraux demandent aux employeurs de l’aide à domicile de se séparer de professionnels qualifiés pour recruter des personnes sous-qualifiées et sous-payées. Ce secteur est le premier employeur de travailleurs pauvres. Pourtant, c’est un secteur d’avenir ! Le système actuel doit être modifié. Ce n’est pas aux conseils généraux de trouver des solutions. Il faut créer la « prestation autonomie » que l’on nous promet depuis des années. Nous devons donner aux personnes âgées les moyens de choisir entre la vie en établissement ou à domicile.

C. P. :Depuis quelques années, les conseils -généraux ne récompensent plus la qualification. Certains vont jusqu’à nous dire qu’il n’est pas la peine de former les aides à domicile, le tarif ne pouvant plus évoluer. Or, dans la fonction publique territoriale, il n’existe pas vraiment de reconnaissance salariale au regard des qualifications. La solution passe par la revalorisation de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). La tarification du conseil général est notoirement insuffisante. Entre 1,50 et 3 euros sont perdus par nos services sur chaque heure travaillée à domicile. Même si, dans les communes, les élus choisissent de maintenir les services aux personnes dans les centres communaux d’action sociale (CCAS), nous connaissons autant de diffi-cultés que les associations. Par ailleurs, le décret entérinant les indemnités complémentaires à verser aux aides-soignants titulaires de la nouvelle qualification d’assistant de soins en gérontologie a été publié pour la fonction publique hospitalière (2) ; de notre côté, nous l’attendons toujours.

La vieillesse et, par ricochet, les métiers du grand âge souffrent de représentations négatives. Le projet de loi sur l’adaptation de la société au vieillissement parviendrait-il à redorer l’image du secteur ?

P. C. :La difficulté fondamentale en Occident, et notamment en France, est que la vieillesse est mal perçue. Le travail auprès des personnes âgées est donc vécu comme quelque chose de négatif. Faire en sorte que les questions autour de la vieillesse soient mieux connues fera forcément évoluer les choses. Mais il est primordial de lutter contre l’« âgisme », cette discrimination liée à la vieillesse. Cela se manifeste, par exemple, lorsque l’on fait remarquer à un médecin gériatre : « Ce n’est pas une spécialité ça ! Il y a tant de belles disciplines, comme la cardiologie, la pédiatrie… » ; ou lorsque l’on véhicule l’idée qu’une bonne infirmière ne va pas travailler auprès des personnes âgées.Cet « âgisme » traverse toute la société. Il faut qu’un gouvernement soit jeune, qu’une idée soit jeune. Nous baignons tellement dedans que nous ne le repérons même plus. Ce n’est pas tolérable ! C’est une discrimination, au même titre que le sexisme, l’homophobie ou le racisme. Celles-ci sont pourtant devenues impossibles légalement puisqu’elles exposent leur auteur à une condamnation.

C. P. :Chacun se projette dans la personne âgée. Se dire que dans 50 ou 60 ans ils seront à la place de cette personne n’incite pas les jeunes à travailler dans le secteur. Ce n’est pas simple sur le plan psychologique. Mais il est vrai qu’une révolution culturelle, portant sur l’image collective de la vieillesse, s’avère nécessaire. Toutes les initiatives proposées autour de l’engagement citoyen de la personne âgée sont intéressantes. Michèle Delaunay a impulsé une dynamique, une volonté de changer de regard sur la vieillesse, et notamment sur les métiers autour du vieillissement. La loi peut fixer un cadre ; l’intention est louable. Cependant, cela implique un changement de société. C’est un travail de longue haleine. En 2005, la loi « handicap » portait la même ambition. Dix ans plus tard, nous constatons que beaucoup reste à faire.

 

Notes

Note 01 « La dépendance des personnes âgées », Monique Weber et Yves Vérollet, juin 2011. Le Cese propose de : réformer la tarification de l'aide à domicile, y développer les métiers de l'encadrement, reconnaître les acquis dans un « passeport professionnel »... Retour au texte

Note 02 Décret n° 2010-681 du 22 juin 2010 portant attribution d'une prime aux aides-soignants et aides médico-psychologiques exerçant les fonctions d'assistant de soins en gérontologie dans la fonction publique hospitalière Retour au texte

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