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TRIBUNE
Marie-Sophie Desaulle, directrice générale de l’ARS Pays de la Loire : «En matière de prévention, le principe de subsidiarité doit être reconnu»
laredaction | Actu Santé Social | Publié le 19/02/2014

En septembre, le gouvernement promettait, avec la Stratégie nationale de santé, une «refondation du système», notamment en donnant la priorité à «la prévention sur le curatif». Pour 2014, pourtant, les crédits du ministère de la Santé alloués à la prévention sont en baisse de 14%. La Stratégie nationale de santé suffira-t-elle donc à relancer la prévention ? « La Gazette Santé-Social » a ouvert le débat dans son numéro de février. Les échanges se poursuivent sur Internet, avec ce point de vue de Marie-Sophie Desaulle, directrice générale de l'agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire.

«Une politique de prévention s’appuie sur une vision de l’homme en société qui doit être appréhendé comme une personne, c’est-à-dire un sujet actif et responsable de son processus de croissance, avec la communauté dont il fait partie et au gré des changements qui peuvent émailler son parcours de vie.

 En matière de prévention, le principe de subsidiarité doit être reconnu, et l’intervention de l’Etat limitée en partie à des fonctions de suppléance éventuelle, mais surtout de soutien, de promotion et d’appui au développement des initiatives des personnes, qu’elle qu’en soit la forme.

Par ailleurs, la cohésion sociale, la politique familiale, la politique économique, celle de la formation et de l’éducation, de l’habitat, de l’accès aux services publics, de l’environnement… sont autant de domaines dont l’impact sur la santé est reconnu, même s’il reste délicat à mesurer dans la réalité. La santé demeure, dans l’esprit des personnes, une réponse d’ordre curatif, concentrant les moyens, les ressources et les enjeux, alors même que de très nombreux travaux internationaux rendent visible du point de vue médicoéconomique la ”rentabilité” des mesures préventives et sociales pour le système.

Ainsi, le facteur qui protège le mieux la personne âgée d’une chute reste son capital social, et plus particulièrement l’estime de soi, la reconnaissance sociale et la capacité à disposer d’un lien de proximité avec les personnes-ressources (proches, services). Plus largement, l’éducation (savoir lire, écrire, compter) et le développement des compétences psychosociales des plus jeunes sont le meilleur axe de prévention à long terme.

C’est tout l’enjeu de la démarche interministérielle voulue avec la Stratégie nationale de santé et déjà engagée au plan régional par les ARS, avec la commission de coordination des politiques publiques dans les domaines de la prévention, de la santé scolaire, de la santé au travail et de la PMI.

Dans ce cadre, les ARS sont amenées à développer l’intersectorialité entre les financeurs, sur la base d’axes stratégiques clairs et d’objectifs lisibles et atteignables. Les contrats locaux de santé sont de nature à être des outils de coordination et d’intégration des acteurs au niveau local. Leur souplesse doit être maintenue. C’est l’outil de plaidoyer et d’actions concertées dans une approche transversale. C’est le lieu de ”l’intersectorialité opérationnelle”.

Les ARS doivent également s’appuyer sur les opérateurs de santé, et notamment les acteurs de soins primaires, mieux coordonnés pour déployer les démarches de prévention en direction d’une population d’un territoire.

Pour mettre en œuvre cette dynamique, les ARS auront à s’adosser à une évaluation visant les actions probantes et les conditions de transférabilité des actions efficaces.»