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PROTECTION SOCIALE
La couverture sociale, un investissement rentable
Caroline Coq-Chodorge | Actu Santé Social | Publié le 14/02/2014

Quels sont les nouveaux risques sociaux, et comment les prévenir ou les réparer, afin de stimuler la croissance et l’emploi ? Le Conseil économique social et environnemental vient de rendre un rapport dessinant une « stratégie d’investissement social ».

« La protection sociale est un investissement rentable socialement et économiquement. Les pays qui ont le moins investi avant la crise sont ceux qui sont aujourd’hui le plus en difficulté, » selon Bruno Palier, directeur de recherche du CNRS au Centre d’études européennes de Sciences Po. Le 11 février 2014, il a présenté, en tant que rapporteur, une étude du Conseil économique, social et environnemental (Cese) – cette assemblée consultative de la République représentant la société civile – consacrée à la « stratégie d’investissement social ». Cette approche vise à « préparer les individus à faire face à l’évolution des risques sociaux et à bâtir une nouvelle économie, fondée sur le savoir et les qualifications », a-t-il expliqué.

Le rapport commence par faire le constat de l’évolution de la société. Les trajectoires professionnelles ont évolué : elles sont désormais discontinues, marquées par la précarité, interrompues par des périodes de chômage, en particulier au début et à la fin de la carrière. Les femmes sont massivement entrées sur le marché du travail, mais elles y sont plus fragiles, car elles interrompent souvent leurs carrières pour élever leurs enfants ou s’occuper de leurs parents âgés. La famille aussi a évolué, avec un nombre très important de familles monoparentales, où se niche une nouvelle pauvreté : celle des femmes seules chargées de leurs enfants.

Décalage

Face à cette réalité mouvante, notre système de protection sociale, construit pour l’essentiel dans la deuxième moitié du XXe siècle, « a évolué moins vite que la société. On constate un décalage », explique Bruno Palier. Haché entre les différents risques – maladie, vieillesse, chômage -, il ne prend pas suffisamment en compte « les parcours des individus ». De nouveaux investissements sociaux sont donc nécessaires : dans la petite enfance, l’école, auprès des jeunes, dans la formation tout au long de la vie professionnelle, pour la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale, dans la prévention en santé, et pour l’accompagnement des personnes âgées dépendantes, énumère le Cese.

Mais où trouver des financements dans le contexte actuel d’endettement et de crise économique ? Le Cese exclut tout recours à la dette. Mais il retient plusieurs pistes de travail, plus ou moins consensuelles entre ses différents membres qui représentent le patronat, les salariés, le monde associatif, etc. De nécessaires « gains d’efficience » sont à trouver dans le système de santé : économies sur le médicament et les examens médicaux, développement de la coordination des soins, etc. Ont également été évoqués, de manière plus polémique, une refonte du quotient familiale et du quotient conjugal, un réexamen des exemptions et exonérations de cotisations sociales, ou encore une révision des prélèvements obligatoires (TVA, CSG, CRDS).