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Disparition

Vanik Berberian, le maire qui murmurait à l’oreille du président

Publié le 10/03/2021 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : A la une, France

macron-berberian
MAXPPP
Disparu le 9 mars 2021, l’ancien patron de l’Association des maires ruraux de France était directement à l’origine de l’agenda rural macronien. Sommet de convivialité et de malice, Vanik Berberian incarnait la République au village.

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Les 96 heures passés en 2019 par Emmanuel Macron à répondre aux interpellations des édiles, c’était un peu son bébé. Disparu ce 9 mars 2021 à l’âge de 65 ans, le patron (Sans étiquette) de l’Association des maires ruraux de France entre 2008 et 2020 avait évoqué l’idée avec le Président de la République pour sortir par le haut de la crise des gilets jaunes. Une démarche dans le droit fil des cahiers de doléance que Vanik Berberian avait ouvert dans les mairies.

Cheville ouvrière de la réconciliation entre Emmanuel Macron et « les territoires », ce proche de la ministre des Collectivités Jacqueline Gourault avait obtenu son bâton de maréchal à la rentrée 2019 : l’agenda rural. 173 mesures gouvernementales directement inspirées par l’AMRF. Au menu : un plan de 1 000 nouveaux cafés ou une surcompensation des pertes liées à la fin de la taxe d’habitation pour les petites localités.

Vice-président de l’Agence nationale de la cohésion des Territoires, Vanik Berberian savourait à sa juste mesure cette reconnaissance tardive marquée par un grade de chevalier de la légion d’honneur fin 2019.

Le verbe haut

Un sacré retournement de l’histoire pour le leader des maires ruraux, longtemps cantonné au rôle  d’opposant aux diverses réformes territoriales. Cet adversaire acharné de « l’intercommunalité à marche forcée » n’était pas réputé pour mâcher ses mots. Vanik Berberian ne perdait jamais une occasion de s’attaquer aux « mini-Colbert qui regardent l’Etat comme leur fief propre », selon le mot du compagnon de route de l’AMRF, l’écrivain citoyen Alexandre Jardin.

Il fallait le voir, en ce jour d’automne 2014, dans les locaux parisiens de La Gazette des Communes, à deux pas de la place de la Bourse. Face à sa contradictrice, la très libérale directrice de l’IFRAP Agnès Verdier Molinié, partisane d’une France de 5 000 super-communes, il bouillait littéralement.

« Pourquoi 5 000 ? Et pourquoi pas 6 002 ou 10 007 ? Vous pouvez toujours asséner vos chiffres comme sur les plateaux télé mais vous ne nous mettrez pas dans la seringue ! Votre vision systémique ne correspond pas à la réalité des communes rurales. Notre dotation globale de fonctionnement est déjà deux fois moins élevée qu’en milieu urbain. L’aménagement du territoire national est complètement oublié. Résultat, nos populations votent de plus en plus pour le FN », fulminait Vanik Berberian.

La clef des champs

Son village de Gargilesse-Dampierre dans l’Indre, Vanik Berberian l’avait dans la peau. Rien, pourtant, ne prédestinait ce rat des villes, natif de la capitale, à prendre la clef des champs. C’est au cours d’une escapade dans les environs en 1980 qu’il avait découvert la petite patrie de George Sand. Il était tombé immédiatement amoureux de cette localité de 300 âmes au point de s’y implanter peu de temps après. Depuis, il n’avait plus quitté la commune du Berry, membre du club très select des plus beaux villages de France.

Faute de combattants lors des municipales de 1989 à Gargilesse-Dampierre, Vanik Berberian avait pris le fauteuil de maire. Ce mandat avait marqué un tournant dans sa vie professionnelle. Exit, l’éducation populaire. L’ancien animateur s’était reconverti dans le développement local.

Le président de l’Association des maires ruraux de France entre 2008 et 2020 était un esprit aussi fin que cultivé. « Vanik » avait aussi sa part d’ombre. Le martyr de ses ancêtres arméniens le hantait. Ce fils d’un ami du chanteur Charles Aznavour bataillait contre l’impérialisme turc. Frappé de plein fouet par la maladie qui l’a emporté, ce grand bavard avait perdu l’usage de la parole. Mais il n’était pas homme à se plaindre.

Juste quelqu’un de bien

Toujours par monts et par vaux avant sa maladie, le complice du créateur de « Bonjour monsieur le maire », Pierre Bonte, faisait le siège des ministères. Le credo de ce chantre de la République au village ? A côté de la représentation démographique, il fallait donner davantage de place aux critères territoriaux dans l’octroi des subsides de l’Etat. Vanik Berberian voulait que la Constitution aille dans ce sens. Un combat qu’il menait avec jovialité.

Taquin, le président de l’AMRF se plaisait à mordiller les mollets de la puissante Association des maires de France. Cela ne l’empêchait pas d’être proche du président de l’AMF, François Baroin (LR), propriétaire d’une maison de campagne dans le département voisin de la Creuse.

Le patron de l’AMRF connaissait le petit milieu des associations d’élus sur le bout des doigts. Le tutoiement facile, il était un grand pourvoyeur d’« indiscrets » et de bons mots dans les colonnes de La Gazette des Communes. Sa partition ne variait guère. Presque toujours, « Vanik » entonnait le refrain des petits contre les gros.

Cet accro à Twitter avait une bête noire : les professionnels de la profession politique. Rétif à toute forme d’embrigadement, il s’était cependant affilié un temps au MoDem de François Bayrou. Mais, en dépit d’une candidature aux législatives de 2007 et aux sénatoriales de 2014, il n’était pas parvenu à entrer au Parlement.

C’était sans doute mieux ainsi. Vanik Berberian, comme la suite l’a montré lors de la crise des gilets jaunes, était plus fait pour être un lanceur d’alerte que pour se fondre dans les ors de la République.

Emmanuel Macron salue un élu « à portée d’engueulade »

« Petit-fils d’un philosophe qui avait fui le génocide arménien, Vanik Berberian portait en lui l’histoire d’un arrachement. Et c’est peut-être parce que ses aïeux avaient connu l’exil qu’il fut si longtemps à la recherche d’un enracinement perdu », témoigne Emmanuel Macron dans un vibrant hommage à l’édile berrichon. « Les habitants de Gargilesse-Dampierre se souviendront avec émotion d’un homme qui, tous les matins, prenait son café au bistrot du village, parce qu’il aimait cette convivialité et parce qu’il tenait à être un maire à « portée d’engueulade », écrit le chef de l’Etat. L’occasion, aussi pour Emmanuel Macron, de vanter les vertus de l’Association des maires ruraux de France longtemps présidée par Vanik Berberian. Une « confrérie d’irréductibles gaulois » qui lutte contre « l’extension du domaine de la ville ». « A un moment où il n’aurait dû se soucier que de sa santé, il consacra toutes ses forces à son pays », glisse Emmanuel Macron à propos du rôle de Vanik Berberian dans la crise des gilets jaunes, qualifiant au passage le maire de Gargilesse-Dampierre de « grand conciliateur ».

 

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