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DOSSIER : Budgets primitifs 2021 : l'incertitude de la relance économique
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/725245/budget-les-regions-serrent-les-dents/

FINANCES LOCALES
Budget : les régions serrent les dents
Clémence Villedieu | A la Une finances | Actu experts finances | France | Publié le 08/03/2021 | Mis à jour le 08/04/2021

Affectées par la baisse de leurs recettes et engagées dans des dépenses exceptionnelles, les régions ont subi, avec la pandémie, une secousse budgétaire. Elles se doivent de poursuivre leurs investissements tout en tablant sur un retour rapide à la normale.

Face à la crise, les régions (ici, en Bretagne) ont mobilisé leur épargne pour financer des mesures de soutien aux entreprises, aux commerces, en faveur des jeunes, etc.

Face à la crise, les régions (ici, en Bretagne) ont mobilisé leur épargne pour financer des mesures de soutien aux entreprises, aux commerces, en faveur des jeunes, etc.

Quelle que soit leur jauge financière, les régions ont lancé, en 2020, des plans de relance ambitieux déclinant, pour lutter contre la crise, des mesures en matière de formation, d’emploi des jeunes, de soutien aux entreprises, d’investissement public, de santé… L’Ile-de-France a décaissé 90 % d’une enveloppe exceptionnelle de 1,  milliard d’euros pour un budget prévisionnel de 5 milliards. La Bretagne, avec un budget prévisionnel de 1,6 milliard d’euros, a injecté près de 600 millions supplémentaires dans son plan pluriannuel d’investissement. Les Pays de la Loire ont renforcé leur plan pluriannuel d’investissement avec une montée en charge dès 2020 (les dépenses passent de 454 millions d’euros en 2019 à 550 millions en 2020 et autant en 2021).

Des dépenses fléchées sur l’investissement, mais aussi sur le fonctionnement qui, selon Régions de France, subirait une hausse globale de 3 %. « L’enveloppe exceptionnelle de relance de l’Ile-de-France de 1,3 milliard d’euros – soit le plan le plus important après celui de l’Etat –, composée à la fois de crédits de fonctionnement et d’investissement, a été exécutée à 90 % fin 2020. Elle a notamment été financée grâce aux marges dégagées depuis 2016 : 2 milliards d’euros d’économies depuis 2016 en fonctionnement », énonce Paul Bérard, directeur général adjoint chargé des finances.

Matelas d’avance

Les années précédentes, les régions ont accumulé, avec des recettes fiscales dynamiques et des politiques volontaires de maîtrise des dépenses, une croissance de leur épargne brute (+ 19 % en 2019) et un allégement du poids de leur dette (capacité de désendettement moyenne de 4,3 ans). Un matelas qui leur a permis d’atterrir dans de bonnes conditions fin 2020. Car, à la hausse de leurs dépenses s’ajoute une baisse des recettes. La région des Pays de la Loire enregistre une perte de 45,3 millions d’euros de ses recettes fiscales. L’Ile-de-France subit un repli de ses recettes de – 5,7 % par rapport à 2019, voire de – 10,3 %, « si l’on tient compte des recettes exceptionnelles notamment obtenues par une politique immobilière volontariste en 2019 », relève Paul Bérard.

CHIFFRES CLES

Lexique :

  • Capacité de désendettement : rapport entre l’encours de dette à la date de clôture des comptes et l’épargne brute, définie en nombre d’années.
  • Epargne brute et capacité d’autofinancement : recettes réelles de fonctionnement diminuées des dépenses réelles de fonctionnement.


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