logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/721134/donnons-de-lambition-a-la-politique-publique-de-la-donnee/

[OPINION] NUMÉRIQUE
Donnons de l’ambition à la politique publique de la donnée !
Auteur associé | France | Opinions | Publié le 15/02/2021 | Mis à jour le 09/02/2021

Le gouvernement vient de présenter le plan d’accélération de la transformation numérique de l’Etat et des territoires, dans le cadre du plan France Relance. L’objectif est de faciliter le quotidien des Français grâce au digital, et de réduire la fracture numérique.

Fotolia_79114804_XS

Le gouvernement vient de présenter le plan d’accélération de la transformation numérique de l’Etat et des territoires, dans le cadre du plan France Relance. L’objectif est de faciliter le quotidien des Français grâce au digital, et de réduire la fracture numérique. Au-delà de la technologie et de la formation numérique, la donnée doit être au cœur de cette transformation. Plus qu’une simple source d’information, elle devient un actif stratégique pour les acteurs publics. Les organismes publics disposent d’un patrimoine de données d’une grande richesse, dont la valorisation est devenue un enjeu prioritaire.

Ouverture des données

La loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique, dite loi « Lemaire », favorise l’ouverture des données qui présentent un intérêt économique, social, sanitaire ou environnemental. Ambition et cadre réglementaire sont louables, mais doivent s’accompagner d’une mise en application concrète.

Le rapport sur la politique publique de la donnée, remis le 23 décembre 2020 par la mission présidée par le député (LREM) Eric Bothorel, montre que le potentiel d’innovation de l’open data peine à être perçu. Il est donc essentiel que la donnée soit au centre des préoccupations, qu’elle soit mise en contexte au-delà d’une simple mise à disposition. Il faut saluer l’initiative de l’IGN, qui a mis en accès libre et gratuit toutes ses données publiques pour contribuer au plan de relance de l’économie.

Le partage et l’utilisation des données en open data doit néanmoins prendre en compte plusieurs défis. La création de nouveaux services est vouée à l’échec si les données sont de mauvaise qualité. Dans les secteurs très réglementés comme la santé, la confidentialité des données partagées est essentielle. L’ambition « open data » ne sera un succès que si l’on arrive à concilier démocratisation des données et impératifs de qualité, de sécurité, ainsi que de contextualisation et de finalité.

Renforcer la confiance dans l’action publique

Les citoyens attendent de l’Etat, des administrations publiques et des collectivités le même niveau de services que celui des organisations privées. A l’heure où l’Etat encourage la multimodalité et les mobilités douces, il est indispensable que l’ensemble des échelons, comme les départements d’une même entreprise, partagent leurs informations et s’appuient sur le même référentiel de données.

Comment, sinon, harmoniser, par exemple, la gestion des subventions au vélo électrique ? L’absence de référentiel unique et de partage fluide des données entre les collectivités (ville, intercommunalité, région…) entraîne des délais, des coûts et une expérience insatisfaisante pour les citoyens. Le bon fonctionnement de ce type de projet impose aux collectivités d’automatiser le traitement des données dans le respect de la gouvernance, c’est-à-dire selon les réglementations en vigueur, avec un soin apporté à la qualité, à la traçabilité, etc. Un service efficace aux citoyens n’est possible qu’avec une bonne gouvernance des données. Elle doit également intégrer l’harmonisation des référentiels et l’automatisation du traitement des données. C’est à ce prix que l’Etat, les administrations publiques et les collectivités pourront renforcer la confiance dans l’action publique, au plus proche des réalités du terrain.

POUR ALLER PLUS LOIN