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SOCIAL
Pauvreté : encore une vague qu’il faudra affronter
Isabelle Raynaud, Romain Gaspar | A la une | France | Publié le 08/01/2021

Alors que la crise sanitaire n’est pas terminée, les collectivités doivent commencer à gérer la crise sociale. Avec l’augmentation du nombre de chômeurs, ce sont de plus en plus de personnes qui toquent à la porte des CCAS et viennent demander le RSA

Group of volunteers in community donation center, food bank and

Le seuil symbolique, et jusqu’ici jamais atteint, de 2 millions d’allocataires du RSA a été franchi. En juin déjà, la Caisse nationale d’allocations familiales, qui verse les aides, dénombrait 1,99 million de bénéficiaires (voir graphique ci-dessous) et le chiffre a continué à croître depuis. Selon les observateurs, il pourrait poursuivre son augmentation jusqu’en 2022. Au-delà du minima social, tous les voyants de la pauvreté sont au rouge, alertent depuis le printemps les associations. Selon la présidente du Secours catholique, Véronique Fayet, interrogée en novembre, « la France franchira la barre des 10 millions de pauvres en 2020 ». Partout, les files d’attente pour l’aide alimentaire se sont allongées en raison des nouvelles demandes. Et les publics émergents sont des jeunes ou des travailleurs précaires.

Allocataires RSA

« Un jeune, une solution »

Jusqu’au confinement, ces personnes, si elles n’avaient pas de travail stable, s’en sortaient grâce à l’intérim ou à des contrats courts – emplois qui ont disparu les premiers lors du confinement du mois de mars. « Comme les associations, les CCAS ont vu arriver de nouveaux publics qui ne se tournaient pas spontanément vers nous auparavant. Le CCAS de Lourdes [Hautes-Pyrénées] a ainsi connu une situation compliquée, avec beaucoup de saisonniers qui n’ont pas trouvé de travail cette année », explique Hélène-Sophie Mesnage, DGA de l’Unccas.

La présentation du plan de relance, en septembre, a, dans ce contexte, plus qu’agacé les associations qui aident les précaires. « Sur les 100 milliards du plan de relance, avec les mesures ponctuelles ajoutées par Jean Castex, on arrive à 3 % pour les plus défavorisés », a calculé Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre. « C’est un sujet d’inquiétude majeur », ajoute-t-il. Alors que les allocataires du RSA et des aides personnelles au logement ont touché 150 euros en plus fin novembre, il regrette le manque de plan d’ensemble : « Toute aide est utile, mais on n’est toujours pas sur une réponse structurelle pour donner un revenu minimum décent, ni combler les trous dans la raquette. » L’incohérence la plus criante, selon lui : les moins de 25 ans qui ne peuvent demander le RSA.

CHIFFRES CLES

  • 10 millions de personnes vivraient désormais sous le seuil de pauvreté en France. C’est l’estimation du Secours catholique, mais le chiffre n’est contesté par aucun acteur du secteur de l’insertion. Cela représente, sur une année, une augmentation de près de 8 %. (Source : Secours catholique.)
  • 1 Md€ par mois sont consacrés au RSA, en raison de l’augmentation du nombre de bénéficiaires. (Source : ADF.)
  • + 15 % sont estimés pour le coût du RSA sur l’année 2021 par rapport à 2020, déjà une année de forte hausse de la dépense. (Source : Odas.)


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