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Ville du futur, Ville sûre

Un vent nouveau souffle sur le littoral

Publié le 26/02/2020 • Par La Rédaction • dans :

Camping des Moutiers-en-Retz suite à la tempête Xynthia de 2010.
Camping des Moutiers-en-Retz suite à la tempête Xynthia de 2010. Cerema
Dix ans après Xynthia, des projets expérimentaux accompagnent la montée des eaux. Une vision qui tarde à se traduire en politique nationale.

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Laurent Miguet

journaliste, Le Moniteur

Cet article fait partie du dossier

Ville du futur, ville sûre : la résilience

A l’angoisse des catastrophes succède l’accompagnement des processus naturels. Dix ans après la tempête Xynthia, qui a atteint son pic le 28 février 2010 sur les côtes charentaises et vendéennes, la question de l’aménagement du littoral a changé de registre. L’heure n’est plus à la protection coûte que coûte mais à l’anticipation des relocalisations. La ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne l’a confirmé lors du conseil de défense écologique du 12 février, en annonçant le déplacement de 5 000 à 50 000 habitations d’ici à 2100.

Autre symbole récent d’une nouvelle vision, la proposition du député vendéen Stéphane Buchou de rebaptiser l’instance qu’il préside : le Comité national de l’aménagement littoral succéderait au Comité national de suivi et de gestion du trait de côte, créé en 2011, un an après la tempête. Du trait à la bande, l’élargissement révèle l’esprit du rapport qu’il a remis en octobre à la ministre, dans l’espoir que ses 15 recommandations servent de socle à une nouvelle politique nationale. La clé financière reposerait sur une taxe additionnelle prélevée sur les acquisitions foncières, dans le périmètre des collectivités intercommunales riveraines des plages, promises à un boom démographique. A condition que leur aménagement soit revu.

Solutions douces. Parmi les opérations préfiguratrices d’une nouvelle approche, celle réalisée autour du lido du Petit et du Grand-Travers, de Carnon à La Grande-Motte (Hérault), figure parmi les plus abouties : en deux tranches totalisant 14 km réalisées entre 2000 et 2014 pour 12 M€, les travaux ont éloigné ou supprimé la route côtière, pour rendre la dune à la nature. « Ce projet rappelle que la fuite en avant dans les infrastructures n’est plus supportable, ni nécessaire », commente son concepteur, le paysagiste Alfred Peter. L’opération, associant le bureau d’études Ingérop, n’a pas freiné la fréquentation, et la dune s’est naturellement regarnie en sable : chère à Alfred Peter, l’idée d’une « écologie festive » prend corps. En juin prochain, elle s’épanouira dans l’exposition Rivages que le Conservatoire du littoral présentera dans les 10 sites expérimentaux du programme Life Adapto qu’il coordonne pour l’Union européenne jusqu’en 2021.

Cet exemple illustre une idée-force de Stéphane Buchou : « Face aux menaces, les moyens doux font leur preuve. » Cette orientation accorde une place majeure aux paysagistes. « Trop souvent, une formalisation trop rapide escamote les questions préalables. Que veut-on faire vivre au visiteur ? Les solutions en découlent », estime Alain Freytet, professeur à l’école du paysage de Versailles. Après un premier guide méthodologique en six étapes publié en 2016 par le Conservatoire du littoral, il en prépare un second pour l’été prochain, sur le processus d’élaboration du schéma d’intention.

Dans la même démarche, le programme Digues (acronyme de Digues, interactions, gestion, usage, environnement et scénarios) mobilise les sciences humaines dans la recherche sur l’aménagement du littoral. Pour accompagner les territoires vers l’anticipation des mutations à venir, un appel à manifestations d’intérêt (AMI) sur la gestion intégrée du littoral aboutira à la mi-juin à une sélection de collectivités volontaires. « Les 40 dossiers examinés le 24 janvier par le comité de pilotage émanent de l’ensemble des façades maritimes métropolitaines et ultramarines : c’est un succès, se réjouit Joël L’Her, directeur du département environnement et risques au Centre d’études et d’expertise sur les risques, la mobilité et l’aménagement (Cerema), copilote de l’Ami aux côtés de l’Association nationale des élus du littoral (Anel). Seules des études à petite échelle permettront d’anticiper les phénomènes locaux. » L’appui de l’ingénierie d’Etat donnera aux collectivités lauréates l’accès à une expertise nationale et internationale, comme en témoigne le guide international des digues (International Levee Handbook), récemment traduit par le Cerema. Joël L’Her résume l’évolution de l’état de l’art : « La digue a cessé d’être une fin en soi. Elle se repositionne dans une vision globale du management des risques. » Sur le plan réglementaire, l’approche systémique s’est traduite dans le décret digue du 12 mai 2015, qualifié de « fondateur » par Joël L’Her. Ce texte consacre le passage d’une priorité aux ouvrages à une logique systémique.

« La fuite en avant dans les infrastructures n’est plus supportable » Alfred Peter, paysagiste

Freins à débloquer. Les pas de géant accomplis depuis dix ans, dans la connaissance et l’anticipation des risques, suffiront-ils à lever les freins vers la généralisation des expériences pilote ? « Autant il est facile, en petit comité, de reconnaître que l’augmentation prévisible du niveau de la mer oblige à changer les mentalités ; autant le discours public peine à traduire cette prise de conscience en préconisations et en projets, face aux usagers et aux électeurs », concède Patrick Moquay, directeur du Larep et ancien président de la communauté de communes de l’Ile d’Oléron jusqu’en 2014. Dans le génie civil aussi, les vieux réflexes ont la vie dure : « Les ingénieurs ne savent pas toujours bien dimensionner les défenses de second rang », note Patrick Bazin, directeur de la gestion patrimoniale au conservatoire du Littoral.

Les freins politiques et techniques s’ajoutent à l’inadaptation des cadres réglementaire et budgétaire : « Le législateur a pensé la compétence de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations en fonction des bassins fluviaux, ce qui ne correspond pas toujours à nos enjeux », constate Florian Bouthors, directeur de l’aménagement du syndicat mixte baie de Somme-Grand littoral picard. Egalement identifiée dans le rapport Buchou, la gestion du temps constituerait selon lui l’une des clés de la transition : « Entre aujourd’hui et 2100, il y a de la place pour un urbanisme évolutif et temporaire », plaide le directeur de l’aménagement de la baie de Somme.

« L’analyse coûts/avantages permet de renoncer à protéger des sites » Nicolas Castay, directeur du groupement d’intérêt public (GIP) littoral en Nouvelle-Aquitaine

Né en 2006, le GIP Littoral réunissant 22 membres (1) a permis de créer une culture commune sur l’érosion. Comment avez-vous fait ?

Dès 2010, le GIP s’empare des données disponibles, affine les diagnostics et commande une étude prospective sur l’érosion, afin de définir les enjeux, d’identifier les menaces et de faire émerger une sensibilité régionale. L’établissement d’une liste des territoires touchés a précédé l’engagement d’un travail de terrain. Les collectivités ont ainsi pu élaborer une stratégie de la bande côtière et des plans d’actions. Le dispositif régional s’appuie sur une écoute attentive des services de l’Etat, un accompagnement technique du GIP, et des financements de la région, de l’Europe, ainsi que des départements.

Mais sur le terrain, les réalités sont différentes…

En aval d’une méthode commune, il n’y a pas d’approche dogmatique dans la définition des actions. Tous les territoires ont l’obligation de : traiter la question à l’échelle d’une cellule hydrosédimentaire, en prenant en compte le phénomène physique indépendamment des limites administratives ; d’envisager le scénario du recul sans ouvrages, en effaçant les actions de lutte ; et de s’interroger sur la relocalisation.

Il s’agit d’en chiffrer le coût et de le comparer à celui de la protection. Cette approche par analyse coûts/ avantages mixe les modes de gestion et impose le scénario de la relocalisation. Cela a peut-être permis d’aller plus loin qu’ailleurs sur les plans d’action.

Et d’entrer plus vite en phase opérationnelle ?

Pas forcément, mais dans beaucoup de secteurs, son premier mérite a été de renoncer à protéger des sites car cela aurait créé un effet domino et accéléré l’érosion. La toute première avancée a été de décider de ne pas protéger le Signal, à Soulac, en Gironde. Si on l’avait fait, on aurait accéléré l’érosion sur le front de mer.

(1) Les services de l’Etat, le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, les conseils départementaux de Charente-Maritime, Gironde, des Landes et des Pyrénées-Atlantiques, la totalité des communautés d’agglomération et des communautés de communes du littoral de ces départements.

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