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Ville du futur, Ville sûre

L’architecte, un nouveau thérapeute ?

Publié le 16/10/2019 • Par La Rédaction • dans :

Ville-futur-sure-sante
La Gazette
Dans sa dernière note thématique "Bâtiment responsable et santé", le groupe de travail « Réflexion Bâtiment responsable 2020-2050 » du Plan Bâtiment Durable souligne le rôle de l'architecte dans la qualité de vie et la prévention des maladies.

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Marie-Noëlle Frison

journaliste, Le Moniteur

Cet article fait partie du dossier

Ville du futur, ville sûre : la santé

Et si les bâtiments pouvaient contribuer à la bonne santé de leurs utilisateurs ? Le groupe de travail « Réflexion Bâtiment responsable 2020-2050 » du Plan Bâtiment Durable, qui vient de publier une note thématique « Bâtiment responsable et santé », en est convaincu.

Rédigé par Suzanne Déoux, docteur en médecine et Florence Péronnau, conseil en stratégie immobilière des entreprises, toutes membres du groupe RBR 2020-2050, le document s’appuie sur de nombreuses études scientifiques qui ont démontré les effets positifs du bâti sur la prévention des maladies et l’amélioration de la qualité de vie.
Des études californiennes ont même chiffré les économies réalisées en diminuant les conséquences d’exposition à des agents pathogènes dans les bâtiments. Résultat : « l’amélioration de la productivité, l’éviction des grippes et des rhumes, la diminution des troubles allergiques et des symptômes du syndrome des bâtiments malsains obtenues par de meilleurs environnements bâtis apporteraient aux Etats-Unis, pour les seuls bâtiments tertiaires, un bénéfice annuel de 17 à 48 milliards de dollars », relève la note du Plan Bâtiment Durable.

Trois familles de besoins

Le document détaille trois familles de besoins à prendre en compte par le bâtiment :

  • les besoins physiologiques (respirer, manger, boire, dormir, se mouvoir, etc.). Dans le bâtiment, cela se traduira par la prise en compte de la qualité de l’air intérieur mais aussi de l’impact du bruit ou de la luminosité sur le sommeil.
  • les besoins liés à notre sensorialité et à notre sensibilité générale (voir, entendre, sentir, toucher, resssentir le chaud, le froid, l’humidité, l’espace, etc.) ;
  • les besoins psycho-sociaux (sécurité, protection, épanouissement, biophilie, convivialité, etc.). Cela appelle à une conception adaptée pour permettre aux utilisateurs des bâtiments tout à la fois de créer des liens sociaux, de préserver leur intimité et de se connecter à la nature. Par exemple, une vue sur l’extérieur, notamment sur de la végétation, offre un repère temporel, saisonnier et météorologique et procure un sentiment de bien-être.

L’architecture comme réponse « thérapeutique »

Pour répondre aux besoins des occupants et de leurs différents besoins, l’architecture apparaît comme une réponse « thérapeutique », intervenant dans le soin porté aux habitants par la prise en compte de la santé physique, psychique et sociale dans l’acte de conception.

Pour cela, l’architecte peut jouer sur plusieurs leviers : choix des matériaux, approche passive du confort d’été, « design actif », concept d’origine canadienne qui vise à penser les bâtiments comme des « parcours santé » visant à prévenir les maladies cardiovasculaires et à lutter contre la sédentarité.

Mieux prendre en compte la santé dans l’acte de construire

Cette note a pour objectif de « donner à l’ensemble de la profession une hiérarchisation des priorités et de dresser un constat entre l’état de l’art à ce jour et les objectifs à atteindre pour mettre en œuvre les réponses à la prévention des maladies.
Parmi ses prochains chantiers, le groupe de travail pourrait contribuer à une redéfinition des missions de maîtrise d’œuvre et des Avis techniques afin que ces documents intègrent la dimension santé dans l’acte de construire. Par ailleurs, la mise en place d’un système de qualification de la qualité du cadre bâti et de son environnement, unique et partagé, est une autre piste envisagée par le groupe pour la prise en compte de la préoccupation santé-bâtiment.
Même si certains organismes (Certivéa, Leed…) ont créé des extensions de leurs certificats originaux tels qu’OsmoZ ou WELL qui ont vocation à prendre en compte la santé et le bien-être », « la place de la santé dans les certifications existantes est encore variable selon les certificats visés », relève la note.

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