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[Opinion] Ruralité

Enfin une nouvelle définition de la ruralité !

Publié le 09/12/2020 • Par Auteur associé • dans : France, Opinions

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Christophe Maurin, élève administrateur territorial à l’INET, explique en quoi la nouvelle définition de la ruralité présentée le 14 novembre lors du deuxième comité interministériel aux ruralités répond à un besoin, et une réalité.

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Christophe Maurin

élève administrateur territorial à l’INET (promotion Abbé Pierre)

Le 14 novembre dernier avait lieu le deuxième comité interministériel aux ruralités durant lequel ont été présentées plusieurs mesures en faveur des territoires ruraux. Parmi celles-ci, la refonte de la définition de la ruralité. S’il n’a pas été très commenté, ce travail de redéfinition est pourtant essentiel et mérite que l’on s’y arrête. Venant compléter les définitions existantes, il permet de jeter un regard neuf sur la ruralité.
Préalable essentiel à la mise en œuvre des politiques publiques, ce travail de définition aboutit cependant parfois à des représentations partielles et partiales de la réalité…

La définition et la mise en œuvre des politiques publiques nécessitent que l’on dispose d’éléments quantifiables et objectivables : c’est l’état des lieux. Elles nécessitent aussi la construction de grilles de lecture pour comprendre et expliquer les phénomènes.

Ces grilles d’analyse peuvent être simplifiées afin d’être plus opérationnelles. Elles sont cependant parfois réductrices voire erronées. Dans son livre Fractures françaises, le géographe Christophe Guilluy montrait ainsi que pour nombre de décideurs publics, le territoire français s’est longtemps réduit à deux choses, la banlieue et le reste : la diversité des territoires était totalement occultée et la ruralité passait ainsi à la trappe.

Au-delà de ces approches caricaturales du territoires français, des spécialistes ont critiqué ces dernières années les outils d’analyse mis en place pour décrire le territoire : c’est par exemple le cas du géographe Gérard-François Dumont qui n’hésita pas à dire qu’avec le zonage en aires urbaines de 2011, l’INSEE avait commis « un meurtre géographique » (1) et « rayé la ruralité de la carte » (2) – ce qui avait d’ailleurs donné lieu à une discussion intéressante avec les services de l’institut.

Si elles ont pour intérêt de mettre en lumière certaines dynamiques territoriales, la plupart des approches mobilisées jusqu’alors pour décrire le territoire français ont abouti à une sous-estimation de la ruralité, au détriment des personnes qui y vivent.

La première approche classiquement utilisée, dite morphologique, est basée sur le zonage en unités urbaines (continuité du bâti). Selon cette approche, le taux d’urbanisation est de 77,5% – même si 40% des communes urbaines ont moins de 2 000 habitants ! Elle a pu être critiquée pour son caractère « artificiel » et ses critères « discutables ».

L’autre approche classiquement utilisée, développée dans les années 1990 et mise à jour en 2011 (3), dite fonctionnelle, est basée sur le zonage en aires urbaines (4).

Schématiquement, cette définition met l’accent sur les mouvements domicile/travail qui lient certains territoires, les pôles et leurs couronnes périurbaines : très utile, cette approche a pour principal intérêt de mettre en lumière le phénomène croissant de périurbanisation et les interdépendances entre territoires. L’INSEE montrait ainsi dans sa publication de 2011 que « 95% des Français vivent sous l’influence des villes ». Le zonage en aires urbaines a cependant été critiqué par certains spécialistes car il « faisait la part belle aux grandes villes », et se fondait « sur des critères à la fois trop extensifs et cumulatifs » (5).

La nouvelle définition proposée lors du 2e comité interministériel aux ruralités, basée sur une approche par les densités, redonne une réelle visibilité à la ruralité.

Invité cet automne à l’INET par les élèves administrateurs territoriaux de la promotion Abbé Pierre, le professeur Gérard-François Dumont avait planché sur la question « Quelle place pour les territoires ruraux dans l’organisation territoriale de la France », et défendu l’idée selon laquelle il fallait réévaluer la place de la ruralité dans nos représentations et politiques publiques.

C’est en partie chose faite avec la nouvelle définition de la ruralité, présentée lors du dernier comité interministériel aux ruralités par Jacqueline Gourault, et construite par l’INSEE. « La nouvelle définition de la ruralité s’attache au critère de la densité de la population pour mieux rendre compte de la diversité des territoires » (6) explique l’Observatoire des territoires. Les communes sont classées en quatre catégories et les communes rurales sont ainsi celles qui appartiennent aux catégories « peu denses » et « très peu denses ».

Cette nouvelle définition, reprise des travaux d’Eurostat, montre ainsi une réalité et une représentation de la France très différentes de celles évoquées jusqu’alors : 21 millions de Français (soit près du tiers de la population) résident dans 18 777 communes peu denses et 12 012 communes très peu denses (soit près de 87% des communes pour les deux catégories). Les communes rurales ont par ailleurs désormais leur définition propre et ne sont plus définies par rapport à l’urbain.

Reste désormais à savoir quelle place occupera cette définition parmi les autres et quelle utilité elle aura. Il est en effet souhaitable que « cette nouvelle définition serve très rapidement de référence pour la mise en œuvre des politiques publiques » (7) !

Diplômé de l’ESSEC et de sa chaire d’économie urbaine, Christophe MAURIN est élève administrateur territorial à l’INET (promotion Abbé Pierre). Il s’intéresse en particulier aux finances locales et au développement territorial.

Thèmes abordés

Notes

Note 01 « Sherlock HOLMES », Un meurtre géographique : la France rurale, Population & Avenir n°707, 2012 Retour au texte

Note 02 Gérard-François DUMONT, Entretien pour la Gazette des communes, 3/09/2019 Retour au texte

Note 03 INSEE Première, Le nouveau zonage en aires urbaines de 2010, 2011. Retour au texte

Note 04 Cette approche vient d’être remplacée par une approche sensiblement différente : le zonage en aires d’attraction des villes. Voir INSEE Focus, En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville, 2020. Retour au texte

Note 05 Laurent CHALARD et Gérard-François DUMONT, « Pour une nouvelle analyse territoriale » dans Gabriel WACKERMANN, L’écosociété, 2010. Retour au texte

Note 06 Observatoire des territoires, Le zonage rural¸ novembre 2020. Retour au texte

Note 07 2e comité interministériel aux ruralités, communiqué de presse, p.9. Retour au texte

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