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Décentralisation

Quand Georges Frêche inventait le modèle métropolitain

Publié le 09/12/2020 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : France

Georges Frêche
Wikipedia
Disparu voici dix ans, l’ancien maire de Montpellier n’était pas seulement un grand féodal abonné aux dérapages. A la tête de sa ville, il a aussi posé les bases de la métropole attractive, comme le raconte Jacques Molénat dans un livre foisonnant.

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Au fil des ans, il a inventé une nouvelle profession : frêchologue. Correspondant en Languedoc de la presse nationale (L’Express, La Croix, Marianne…), le journaliste Jacques Molénat a suivi le parcours du baron sudiste de A à Z, de sa conquête à la hussarde de Montpellier dans les années 1970 à sa campagne régionale de 2010 remportée au nez à la barbe des hiérarques parisiens.

Une improbable saga à la mesure du personnage. Doté d’une culture encyclopédique, le professeur Frêche connaissait le moindre recoin du bas-empire romain ou de la dynastie chinoise des Ming. Cela n’empêchait pas le bouillant édile de multiplier les dérapages contre des harkis qualifiés de « sous-hommes » ou sur le nombre de joueurs noirs dans l’équipe de France de foot.

Dans un livre d’une érudition rare, publié à l’occasion des dix ans de sa disparition, Georges Frêche, le monarque aux 80 visages, aux éditions Cairn, Jacques Molénat explore toutes ces facettes. Une mine d’anecdotes drolatiques. Disparu voici dix ans, l’imperator était un sacré bon client…

Une certaine idée de la ville

« A Paris, les énarques n’arrivent pas à me déchiffrer. Un maoïste qui a fait HEC, ça les déboussole ! Ils ne savent pas si je suis un génie ou un fou. En général, ils penchent pour la seconde hypothèse », ironisait Georges Frêche (En photo avec l’actuel maire de la ville Michaël Delafosse).

François Mitterrand n’en a jamais voulu dans son gouvernement. Trop incontrôlable. Georges Frêche a réservé son brio à Montpellier. En l’espace d’une petite trentaine d’années, il a transformé la cité provinciale, belle endormie à l’ombre des platanes, en une métropole high-tech.

Comme le note son ancien directeur général des services, Claude Cougnenc dans le livre de Jacques Molénat, Georges Frêche est arrivé à un moment bien particulier, en 1977, à la tête de la ville : « Après les trente glorieuses, l’Etat est démuni. Aux yeux de Frêche, c’est désormais aux collectivités locales de porter l’investissement public. Il est le premier à demander et à obtenir que la compétence économique soit reconnue aux intercommunalités. Il est le premier à avoir fait de la prospection industrielle, du partenariat public-privé, du marketing territorial et dans la rigueur financière. En 2004, quand Frêche quitte la mairie pour la région, l’endettement de la municipalité, c’est zéro. »

Georges Frêche a ainsi posé les fondations de la métropole attractive, matrice de toutes les grandes villes de France et de Navarre, aujourd’hui en crise avec l’irruption du Covid-19 et l’arrivée de maires verts. Retour sur Georges Frêche le visionnaire.

L’appel aux « starchitectes »

Avec son urbaniste, l’adjoint au maire Raymond Dugrand, il débauche l’architecte Ricardo Bofill pour construire l’ensemble néo-antique Antigone. Il y bâtit un quartier à son image : monumental. « Antigone, avec sa place de Thessalie, son quai du Pirée, ses rues de Thèbes, de Rhodes, d’Athènes est fille de la prestigieuse civilisation grecque », s’enflamme le professeur d’histoire antique. Le premier magistrat ne s’arrête pas en si bon chemin.

Dans sa ville, il attire d’autres « starchitectes ». Claude Vasconi lui concocte un immense paquebot, le Corum en guise de palais de congrès et d’opéra. Christian de Portzamparc ébauche une partie des plans du quartier de Port-Marianne. Paul Chemetov s’attaque à la grande bibliothèque. Jean Nouvel façonne un nouvel hôtel de ville.

Georges Frêche imagine les projets les plus fous, comme un casino flottant sur le Lez, une centrale photovoltaïque de 100 000 m2 de panneaux. Egalement au programme : un « cosmodrome », un second Kourou pour « faire bénéficier le Sud de 200 000 emplois dans les 20 ans à venir ». Autant de desseins qui ne voient pas le jour.

Mais pour ses contempteurs, qui le qualifient de « Frechescu » ou de « Néron », c’est déjà beaucoup trop. L’intéressé n’en a cure. « Savez-vous madame ce qu’est un grand politique ?, lance-t-il à Christine Ockrent lors d’une interview sur RMC. C’est un mégalo qui a réussi. »

Le marketing territorial

En 2000, c’est la consécration. Le magazine Business Week place Georges Frêche parmi les « 50 leaders qui innovent de manière remarquable ». Il est le seul politique français dans la liste. Pour l’hebdo yankee, point de doute, il a su transformer sa ville en un « véritable centre d’activités de pointe et attirer des multinationales US comme Dell Computer et Palm Computer ».

Le fruit d’un intense lobbying. Avant tous les autres, là encore, Georges Frêche invente le marketing territorial. Il fait venir les meilleurs créatifs des années 1980 à ses côtés. Le flamboyant publicitaire Daniel Boulet crée la signature « Montpelier l’entreprenante » et, surtout, « Montpellier la surdouée ». « Les villes ont besoin d’un imaginaire aussi fort que Cacharel ou Marlboro. Montpellier est une marque. Communiquer, c’est se faire aimer. Les Montpelliérains doivent être les ambassadeurs de la marque », exhorte Daniel Boulet.

Les grands évènements culturels

Comme le Florence de Laurent de Médicis, le Montpellier de Georges Frêche veut devenir une capitale des arts. Pour ce faire, monsieur le maire reste fidèle à sa méthode. Il sort son carnet de chèque pour attirer la crème de la crème.

A la tête du Festival Montpellier Danse, Jean-Paul Montanari fait venir des grands noms du monde entier. Montpellier devient le phare estival de la chorégraphie. Georges Frêche s’attache également les services d’un surintendant à la musique, le patron de France Musique René Koering. Le succès est au rendez-vous. Avec le tout nouveau festival de musique classique Radio France, la ville devient un must, une ville prisée de l’intelligentsia parisienne.

La ville gay friendly

C’est une facette méconnue de l’édile rabelaisien, du sudiste un tantinet macho. « Grâce à Georges Frêche, Montpellier est devenue un paradis pour les homosexuels, une ville branchée et tolérante, avec ses bars spécialisés, ses soirées homos, son ébouriffante Gay et lesbian pride qui, depuis 1993 mobilise, à l’orée, de chaque été, une bonne dizaine de milliers de personnes », raconte Jacques Molénat.

Une politique ancrée depuis longtemps dans la ville. Dès son sacre de 1977, Georges Frêche octroie un local municipal au GLH, le Groupe de libération homosexuelle. Bien avant le PACS et le mariage pour tous, il signe aux couples de même sexe des certificats de vie commune. Autant d’orientations qui irriguent aujourd’hui la politique de la ville de Paris. Anne Hidalgo qui marche sur les pas de Georges Frêche… Une ultime pirouette du destin pour un personnage définitivement inclassable.

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