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[ÉDITORIAL] GRAND PARIS
L’Institut de la procrastination
Jean-Baptiste Forray | France | Publié le 04/12/2020 | Mis à jour le 16/12/2020

Où est passée la super collectivité du Grand Paris qu’Emmanuel Macron prônait durant sa campagne présidentielle de 2017 ? En lieu et place, des députés marcheurs prônent un simple syndicat mixte. Le service minimum au moment où, face à la crise, il faudrait, tout au contraire, resserrer les rangs

Le grand Paris

C’est une pure création hollandienne. Le fruit d’une méthode qui, à force de vouloir ménager chacun, mécontente tout le monde. Lesté de deux étages supplémentaires, la métropole du Grand Paris (MGP) et les établissements publics territoriaux, le millefeuille institutionnel de la région capitale menace de s’effondrer à tout moment. Aucune fondation nouvelle n’y a été posée.

Les établissements publics territoriaux restent des ersatz de communautés d’agglomération, contraints de tendre la main à chaque projet de loi de finances. Dans ce capharnaüm indescriptible, la fiscalité locale continue de remonter vers la MGP, pour redescendre au niveau du bloc communal. Au final, la métropole récupère péniblement 60 millions d’euros. Soit l’équivalent du budget de Montigny-le-Bretonneux (32 900 hab.) pour damer le pion au Grand Londres !

La maison qui rend fou

Résultat, en dehors de ses appels à projets auprès des grands promoteurs immobiliers, le groupement urbain produit surtout de la norme… « Le Gosplan était un modèle de simplicité à côté des schémas de la métropole », ironisait feu Patrick Devedjian. Début 2017, Emmanuel Macron redoublait d’ardeur pour en finir avec ce remake de la maison qui rend fou des « Douze travaux d’Astérix ». On allait voir ce qu’on allait voir. Lui, Président, fusionnerait la métropole et les départements de la petite couronne pour doter la France d’un nouveau gisement de croissance.

Le grand gâchis

Près de quatre ans plus tard, c’est le désert de Gobi. Sur ce dossier, l’Elysée ressemble à cette photo de « l’Institut de la procrastination. Repassez plus tard » qu’Emmanuel Macron envoyait à Arnaud Montebourg durant le précédent quinquennat pour moquer l’inaction de François Hollande. La guerre des territoires fait toujours rage. La fracture est-ouest perdure. En lieu et place de la super-collectivité de la campagne présidentielle, des députés marcheurs suggèrent de remplacer la métropole par un pôle métropolitain. Soit un simple syndicat mixte. Un tout petit Paris, au moment où, face à la crise, il faudrait, tout au contraire, resserrer les rangs.

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