Fermer

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Menu

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Disparition

Valéry Giscard d’Estaing, le père caché de la décentralisation

Publié le 03/12/2020 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : A la une, France

Valéry Giscard d'Estaing
Jacques Henri Lartigue
Disparu des suites du Covid-19 le 2 décembre 2020, l’ancien Président de la République mettait volontiers en avant son enracinement en Auvergne. A l'Elysée, il avait posé les bases des futures lois Defferre. Gros plan sur une facette méconnue de son septennat.

Ma Gazette

Sélectionnez vos thèmes et créez votre newsletter personnalisée

Les rédactions parisiennes, en cette fin d’hiver 1982, rivalisent de sarcasmes. Moins d’un an après son terrible revers du 10 mai 1981 face à François Mitterrand, le Président déchu repart de zéro. Valéry Giscard d’Estaing guigne un mandat de conseiller général du Puy-de-Dôme. Mais VGE n’a cure des quolibets.

A rebours de son image d’inspecteur des finances au verbe froid et mécanique, de grand bourgeois du 16ème à particule, il a toujours joué la carte de l’enracinement. C’est depuis son hôtel de ville de Chamalières, « dans cette mairie de la province d’Auvergne », qu’il a lancé, le 8 avril 1974, sa campagne victorieuse à l’Elysée.

Poincaré comme modèle

VGE a été à bonne école avec son père, Edmond Giscard d’Estaing, premier magistrat de Chanonat, son grand-père, Jacques Bardoux, sénateur du Puy-de-Dôme. En 1982, l’ex-chef de l’Etat veut aussi marcher sur les pas de son modèle politique, Raymond Poincaré, le Président de la grande guerre, élu ensuite conseiller général de la Meuse avant de revenir au premier plan à la présidence du conseil.

A bord de sa voiture qu’il conduit lui-même, Valéry Giscard d’Estaing s’arrête dans chaque quartier de Chamalières pour des séances de porte-à-porte. L’accueil, dans cette petite ville de la banlieue de Clermont-Ferrand, lui réchauffe le coeur. Une cure de jouvence pour la bête de concours, polytechnicien et énarque, pour le soldat de la France libre, entré vainqueur en Allemagne à 19 ans avec la première Armée du général de Lattre de Tassigny, dont la plaie du 10 mai 1981 est encore à vif. Le 14 mars 1982, Giscard est élu dans un fauteuil au conseil général, fort de près des trois quarts des suffrages.

L’ancien chef des Républicains indépendants, club de notables qui a dit « non » à la réforme gaulliste du Sénat de 1969, comprend alors tout le parti qu’il peut tirer de la toute nouvelle loi Defferre de décentralisation du 2 mars 1982. En 1986, il fait de sa victoire aux régionales en Auvergne l’instrument de son retour sur la scène nationale.

En rupture avec le gaullisme

Une stratégie qui rejoint, chez lui, une conviction profonde. Le libéralisme avancé du jeune président réformateur de 1974 ne se manifeste pas seulement par le droit à l’avortement, la majorité à 18 ans, l’amélioration de la condition pénitentiaire ou les premières lois en faveur des handicapés. Pour décrisper la société française, Valéry Giscard d’Estaing croit aussi aux vertus de la décentralisation.

Comme le souligne Anne Hidalgo dans son communiqué d’hommage, il met fin, par une loi du 31 décembre 1975, à « une anomalie démocratique ». VGE permet « aux Parisiennes et aux Parisiens en 1977 d’élire à nouveau leur maire au suffrage universel, ce qui n’était plus possible depuis 1871 et la Commune de Paris ».

Dans son livre de 1976, « Démocratie française », le troisième président de la Ve République souhaite aussi qu’une loi détermine les « véritables compétences » de l’Etat, des départements et des communes. Une rupture avec ses deux prédécesseurs, le général de Gaulle et Georges Pompidou, qui ont toujours donné la primeur au pouvoir central.

Dans ce but, VGE confie à l’ancien patron de la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (Datar), Olivier Guichard, la mission de dépasser « les querelles de clocher ».

Le très giscardo-compatible maire gaulliste de La Baule prône l’avènement des 3 600 communautés de communes et 750 communautés urbaines chargées des principales politiques comme la définition des zones industrielles, le ramassage des ordures ménagères ou les permis de construire. Autant de groupements dotés, dans ce scénario, de la taxe professionnelle.

Ce rapport visionnaire, au titre aujourd’hui évocateur, « Vivre ensemble », subit le tir de barrage du grand conseil des 36 000 communes de France, le Sénat. Mais Valéry Giscard d’Estaing n’abandonne pas la partie pour autant.

Création du Comité des finances locales

Il reprend les mesures les plus consensuelles du rapport Guichard. Toujours très au fait des questions financières, Valéry Giscard d’Estaing va mener la révolution tranquille de la Dotation globale de fonctionnement. La DGF pour les initiés. Sous son égide, les collectivités sont ainsi pourvues d’une meilleure garantie de ressources.

Pour ce faire, elles siègent au sein du tout nouveau Comité des finances locales, longtemps présidé par la suite par un fidèle de Giscard, le maire de Boulogne-Billancourt, Jean-Pierre Fourcade. Pour la première fois, l’autonomie fiscale et financière des collectivités est clairement affirmée. Le grand chantier de la décentralisation est lancé.

Le secrétaire d’Etat chargé des collectivités, le maire de Quimper Marc Bécam, prend son bâton de pèlerin pour promouvoir un « plan de développement des responsabilités locales ». Au programme : des transferts de compétences venus de l’Etat.

Engluée dans une longue bataille parlementaire, la chose reste à l’état de canevas. Mais elle sert de matrice au nouveau pouvoir socialiste en 1981. Loin de toute chasse aux sorcières, le ministre de l’Intérieur Gaston Defferre garde d’ailleurs le directeur général des collectivités locales Pierre Richard pour préparer ses projets de loi qui mettent fin à la tutelle préfectorale.

Vingt ans plus tard, c’est un fils politique de VGE, Jean-Pierre Raffarin, qui introduit la décentralisation dans la Constitution. Une cause pour laquelle bataille encore aujourd’hui un autre ancien bébé Giscard, le leader de l’Assemblée des départements de France, Dominique Bussereau.

Chamalières, une affaire de famille

Dans l’esprit de l’ex-président de la République, la décentralisation et l’Europe forment les deux faces d’une seule et même pièce. Le but de la manœuvre ? Réduire à la portion congrue la bureaucratie étatique. Ce que l’un de ses anciens fidèles, François Léotard, traduit à sa manière : « Une France fédérale dans une Europe fédérale. »

Valéry Giscard d’Estaing ne va pas si loin. L’ancien patron du ministère du Budget, alors basé dans l’enceinte royale du Louvre, demeure aussi un haut-fonctionnaire dans l’âme.

Cela ne l’empêche cependant pas de s’aventurer sur des terrains périlleux. En 1995, il s’attaque à la citadelle socialiste de Clermont-Ferrand, jadis gouvernée par son aïeul Agénor Bardoux. Valéry Giscard d’Estaing échoue aux portes de la cité des usines Michelin, comme il l’avait déjà fait en 1959. En 2004, le patron de l’Auvergne, à l’origine du parc d’attractions Vulcania, mène le combat de trop. Un socialiste totalement inconnu, Pierre-Joël Bonté, l’envoie définitivement à la retraite. Mais son nom reste présent en Auvergne. Membre du comité directeur de l’Association des maires de France, son fils Louis Giscard d’Estaing reprend le flambeau paternel à la tête de la commune de Chamalières.

Réagir à cet article
marche online

Aujourd'hui sur les clubs experts gazette

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

Valéry Giscard d’Estaing, le père caché de la décentralisation

Votre e-mail ne sera pas publié

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement