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TRANSPORTS FERROVIAIRES
Mobilités pour rejoindre les stations de montagne : un train de retard ?
Auteur associé | Opinions | Publié le 03/11/2020 | Mis à jour le 04/11/2020

Etait-ce vraiment le moment ? Dans un contexte économique et social extrêmement tendu, Eurostar a décidé unilatéralement, en juillet 2020, de ne plus desservir certaines stations de montagne françaises. Or, les Britanniques représentent 20% de la clientèle internationale de ces stations. 10 500 de ces usagers ont d’ailleurs signé une pétition demandant le maintien de ces lignes. Sans résultat.

station-les-angles-skiPar Jean-Luc Boch, Président de l’Association Nationale des Maires des Stations de Montagne-ANMSM

Nous, élu(e)s membres de l’Association Nationale des Maires des Stations de Montagne-ANMSM, refusons cette décision et appelons à la mobilisation des pouvoirs publics. Le transport ferroviaire ne peut être balayé d’un revers de la main si l’on veut atteindre les objectifs de développement durable en montagne.

Il ne s’agit pas simplement ici de condamner la décision d’Eurostar : au-delà de la défense des intérêts des stations, nous abordons un sujet aux enjeux majeurs, nationaux et européens.

Car derrière le transport ferroviaire se trouve l’ensemble des problématiques liées à la mobilité : il s’agit de garantir l’accès aux stations de montagne, en conciliant préservation de l’environnement et dynamisme économique. Le train, non seulement participe au désenclavement de la montagne, mais s’impose également comme le moyen de transport le plus respectueux de l’environnement. Avec une émission de 13 g CO2 / km, le TGV devance même la voiture électrique, responsable de l’émission de 22 g CO2 / km !

Le train, indispensable à la démarche environnementale engagée par les stations de montagne

Aujourd’hui, 60% de l’empreinte carbone des stations de montagne provient des transports (1) [1]. Développer le transport ferroviaire s’impose donc comme une évidence. Dans cette perspective, le Président de la République a d’ailleurs évoqué sa volonté de voir à nouveau circuler les trains de nuit. Pour nous, il faut aller plus loin encore, et accélérer les plans de mobilités dites vertes en montagne. Notamment, avec le renforcement de l’offre ferroviaire, couplée à un dispositif de bus écologiques, limitant les ruptures de charges. Cette mobilisation permettrait de renforcer le cercle vertueux du développement durable en montagne. Elle permettrait par exemple de développer des projets éducatifs, tels que les classes de neige.

Les stations de montagne ont déjà développé plusieurs offres de mobilité écologique ambitieuses, dont, tout récemment, la mise en place de navettes autonomes électriques. Elles doivent aujourd’hui, pour aller plus loin, bénéficier d’un soutien franc et massif des pouvoirs publics.

Dans le Plan de Relance présenté par le Président de la République, la transition écologique occupe une place centrale, notamment grâce au développement de moyens de transports durables. Nous appelons à une concrétisation de ces engagements, par le développement du réseau de lignes ferroviaires en montagne. Cette mobilisation s’avère particulièrement cruciale en cette période : les Français devront pouvoir retrouver dès que possible le chemin de la montagne, encore plus nécessaire que jamais.