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[ENTRETIEN] Décentralisation

François Hollande : « Notre Etat est trop lourd et trop parisien »

Publié le 23/10/2020 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : A la une, France

Francois-Hollande
© Frederic KLEMCZYNSKI / Divergence
Dans un entretien accordé à « La Gazette », l’ancien président de la République, François Hollande, vante les vertus des grandes régions et des intercommunalités issues de la loi « Notre ». « Je me réjouis chaque jour d’avoir maintenu le département », confie-t-il, taclant, au passage, son successeur sur son manque de souffle décentralisateur et la fin des ressources propres des collectivités.

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Pourquoi vous êtes-vous, au printemps 2014, attaqué au millefeuille territorial ?

C’était un gâteau que chaque président transmettait à son successeur, en l’ayant parfois surchargé… Il était devenu nécessaire de renforcer deux niveaux, les régions et les intercommunalités, dont nous avons revu les limites et rationalisé les compétences. De cette manière, nous avons donné aux régions une nouvelle dimension en matière d’aménagement du territoire et d’investissement, aux côtés des entreprises. C’était déjà le sens de la gestion des fonds européens qui leur avait été octroyée en début de mandature.

Nous avons aussi agrandi les intercommunalités en fonction des bassins de vie, c’est-à-dire des populations qui résident dans une ville, travaillent dans une deuxième, envoient leurs enfants au collège ou au lycée dans une troisième et ont des activités sportives dans une quatrième.

N’avez-vous pas surtout conduit cette réforme pour donner des gages à Bruxelles, alors que les comptes publics étaient dans le rouge ?

Je n’ai agi sur aucune recommandation de quelque autorité européenne que ce soit. Mon projet était inspiré de mon expérience d’élu local. Je connais tous les échelons. J’ai été maire, président de communauté de communes et de département, vice-président de conseil régional…

Je savais que ces réformes seraient difficiles à mettre en œuvre et ne procureraient pas d’économies immédiatement. C’était une mauvaise présentation que de le prétendre. Dans toute administration, toute entreprise, des regroupements génèrent d’abord des coûts supplémentaires, avant de permettre de dégager des gains.

La baisse des concours financiers de l’Etat aux collectivités ne faisait-elle pas partie d’un package avec la réforme territoriale ?

Nous étions dans l’obligation de demander des efforts aux collectivités. C’eut été plus facile de mener cette réforme territoriale dans une période plus prospère où la question financière aurait été un élément de fluidité. Elle a été une contrainte. Mais nous avons fait en sorte que l’intégration plus forte des intercommunalités soit stimulée, que les métropoles disposent de davantage de ressources et que la péréquation soit assurée entre les départements.

Est-ce que vous ne vous êtes pas heurté aussi, à l’origine, à un obstacle politique ? En 2012, le PS détenait tous les pouvoirs locaux (villes, intercommunalités, départements et régions), ce qui ne l’incitait guère à la réforme…

Il en est des socialistes comme de tout autre groupe humain. Dis-moi d’où tu parles et je te dirai ce que tu proposes… Malgré toutes ces contradictions entre les communalistes, les départementalistes et les régionalistes, nous avons obtenu le soutien d’une très grande majorité d’élus.

D’ailleurs, depuis 2017, la droite, qui est au pouvoir dans les collectivités territoriales et, pour une large part, au niveau national, n’a pas remis en cause cette réforme. Les limites des nouvelles régions ont été, dans l’ensemble, admises, en dehors de l’Alsace pour laquelle a été imaginée une solution à laquelle je suis favorable.

Pourquoi avez-vous opté pour des fusions de régions bloc par bloc ?

Je ne voulais pas que l’on se perde dans des débats interminables. Enlever un département à une région affaiblissait une entité sans forcément en renforcer une autre. Rattacher la Loire-Atlantique à la Bretagne aurait posé la question de la capitale : Nantes ou Rennes ? Les Pays-de-la-Loire auraient perdu leur principal pôle industriel.

Avec les grandes régions, mais aussi les grandes intercommunalités, n’avez-vous pas mis les élus de proximité sur la touche ?

Les maires qui sont membres d’un groupement intercommunal sont associés à des décisions plus lourdes que dans leur commune. Ils ont acquis davantage de pouvoir dans l’ensemble de leur territoire.

Pourquoi n’êtes-vous pas allé jusqu’au bout de votre démarche en dotant ces puissantes structures intercommunales du statut de collectivité de plein exercice ?

C’est l’étape suivante. L’élection au suffrage universel direct sans fléchage des exécutifs communautaires contribuera, dans le futur, à la lisibilité de ces ensembles. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait dans le Grand Lyon au moment de la fusion entre la communauté urbaine et une partie du département du Rhône.

On pourrait maintenant envisager une opération de ce type dans les Bouches-du-Rhône, mais sans doute pas à Paris ni en petite couronne, où la région Ile-de-France a tout son rôle.

Au total, vous avez créé une vingtaine de métropoles institutionnelles. Mais Clermont-Ferrand, Tours et Orléans sont-elles pour autant des métropoles au sens économique du terme ?

Elles sont des métropoles d’équilibre à l’intérieur du pays, contrairement à Lyon, Toulouse, Marseille, Lille, Strasbourg ou Rennes, qui sont des villes européennes. Toutes doivent irriguer leur territoire. Ce n’est pas le cas à Bordeaux où l’on a constaté, lors du mouvement des « gilets jaunes », que des populations sont reléguées aux marges de la métropole à cause des prix du logement.

Pourquoi avez-vous finalement renoncé à la suppression du département ? A cause de l’obstacle constitutionnel ? Il vous fallait le feu vert du Sénat, de tradition départementaliste, qui n’aurait pas accepté…

Ce n’est absolument pas pour cette raison. C’est parce que je ne l’ai pas souhaité. Les départements, aujourd’hui, ne disposent plus d’une compétence générale. Ils ont beaucoup moins de moyens pour investir. Ils ne peuvent plus avoir d’intervention économique. La gestion des collèges pourra peut-être, un jour, être fusionnée avec celle des lycées (sous l’égide de la région, ndlr).

Mais, à l’occasion de la crise du Covid-19, les départements ont montré toute leur efficacité dans la lutte contre la pauvreté. Je me réjouis chaque jour d’avoir maintenu le département. Il faut en faire la collectivité des politiques sociales. Le département doit être chargé de l’ensemble du secteur de la jeunesse et du handicap. Il doit aussi cogérer les caisses d’allocation familiale. Nous avons besoin de cette proximité, comme on l’a vu, là encore, lors de la crise des « gilets jaunes ».

En maintenant cet échelon de collectivité départementale, j’ai également préservé ce niveau d’intervention de l’Etat. C’est à cette échelle que le pouvoir central doit déconcentrer. Le rôle des préfets est tout à fait déterminant.

Quel bilan tirez-vous des tickets femmes-hommes que vous avez instaurés dans les nouveaux grands cantons ? N’est-ce pas un peu « un fauteuil pour deux » ?

Comme ils sont de la même sensibilité politique, ces deux élus agissent de concert. Le département était l’assemblée des notables. Il y avait très peu de femmes au conseil général de la Corrèze, en dehors de madame Chirac. Les assemblées départementales sont devenues beaucoup plus vivantes.

Votre loi contre le cumul des mandats n’a-t-elle pas réduit l’influence des élus locaux à Paris ?

Le problème n’est pas là. Les parlementaires peuvent toujours avoir un mandat de conseiller municipal, départemental ou régional. Les élus locaux ne sont pas moins bien traités que les élus nationaux. Les députés n’ont pas plus accès au pouvoir central. Le problème tient aux ministères dans lesquels il n’y a pas assez de capacité d’écoute. Faute de déconcentration réelle, tout remonte à eux.

Mais les élus locaux ne devraient pas monter à Paris pour régler des problèmes de lycée, d’entreprise, de route ou de dotation pour l’aménagement urbain. Notre Etat est trop lourd et trop parisien. L’essentiel des crédits publics doit être déconcentré.

Mais vous-même, vous n’avez pas transféré de pouvoirs du haut vers le bas durant votre quinquennat…

C’est vrai, il n’y a rien eu de massif. L’étape suivante, qui devait venir à partir de 2017, aurait dû être un transfert important de compétences dans les domaines de l’emploi, du soutien aux entreprises au profit des régions et de l’environnement vers les intercommunalités. Cela n’a pas été le cas et nous a plutôt desservis lors de la crise du Covid-19.

Le gouvernement envisage désormais une différenciation territoriale. Est-ce une bonne chose ?

Oui, bien sûr. Mais si on faisait un mouvement de décentralisation plus massif, comme je le souhaite, la différenciation deviendrait moins nécessaire…

Les collectivités ne souffrent-elles cependant pas moins que pendant votre mandat durant lequel elles ont été soumises à une baisse drastique des dotations venant de l’Etat ?

Je ne crois pas. Les départements et les régions ainsi que, pour partie, les communes n’ont plus de recettes propres. Je regrette la disparition de la taxe d’habitation. La vulnérabilité du bloc communal me paraît très grande. C’est l’Etat qui va fixer les enveloppes de ressources de compensation des collectivités. Quand une crise financière surviendra, l’Etat aura la tentation très forte de fermer le robinet. L’absence de ressources propres menace l’avenir des collectivités.

Pourquoi souhaitez-vous organiser tous les scrutins locaux le même jour ?

La multiplication des échéances favorise l’abstention au détriment de la légitimité de nos représentants. Pour que les gens aillent voter, il faut des enjeux politiques. La réunion des scrutins locaux doit aussi permettre d’envoyer des messages au pouvoir national.

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Commentaires

François Hollande : « Notre Etat est trop lourd et trop parisien »

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toto

24/10/2020 12h02

Pauvre Hollande, on le plaindrait presque tant ses gesticulations sont pathétiques. La fusion des régions a été un fiasco, c’est cela la réalité, et c’était prévisible. Tout d’abord, mis a part sur des questions de communication et quelques postes de direction, il n’est pas possible de réaliser d’économie substantielle à moins de réduire les services, ce qui n’aurait aucun sens. Certes, sur des projets précis, un groupement permet de mobiliser plus, mais cela se signifie alors un délaissement de certains territoires. Si une refonte des régions était nécessaire pour mieux s’adapter à l’identité des territoires et au rapport entre centre et périphérie, celle qui a été menée n’est ni faite ni à faire, ne prenant en compte ni l’un ni l’autre. Si on suit le raisonnement hollandien, pourquoi n’avoir pas fait un grande région au niveau de la France par exemple (ça s’appelle en principe l’Etat, qu’il a continué de démolir) ? Sur le terrain, mis à part dans les super capitales, ces grandes régions ne signifient rien. Ce n’est pas cela la décentralisation. Le changement de mode de scrutin aux départementales au tout autant lamentable et ne résout rien quant à l’absence de représentativité des élus. La seule réforme qui vaille, que Hollande, en bon représentant du système corrompu, combat mordicus, c’est le tirage au sort de la moitié des assemblées.

HERMES

02/11/2020 04h16

Soit M. Hollande est frappé d’amnésie, soit il faut m’appeler ma sœur Jeanne car lors de la mise en place de la loi NoTRE, j’ai bien entendu qu’il voulait mettre un terme aux Départements en laissant la place aux grandes régions et à des intercommunalités fortes.

Quant à affirmer que l’étape suivante viendrait lors de son prochain mandat, M. Hollande prend les français pour ce qu’ils ne sont pas. En effet, ces derniers gardent toujours en mémoire l’expression « fais ce que je dis, pas ce que je fais »!

De mémoire, il me semble que M. Hollande est désormais un retraité de la fonction publique d’Etat. Ne serait-il pas temps qu’il prenne sa retraite de représentant de l’Etat?

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