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Opinion

Le monde d’après, vu de près

Publié le 30/09/2020 • Par Auteur associé • dans : A la Une finances, Actualité Club finances, France

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Antoine Mercusot
Pour le président de l’Essonne François Durovray (LR), il est temps de relancer l’aménagement du territoire. Face aux fractures qui affectent la société française, il privilégie aussi le principe de proximité. Autant de priorités qui se retrouvent dans Le Monde de près, publié en cette rentrée aux éditions de l’Aube.

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François Durovray, président du département de l’Essonne

L’époque que nous vivons, avec sa succession de crises, identitaire, sociale, économique puis sanitaire, est inédite. L’instabilité qui en résulte nous bouscule, remet en cause nos fondamentaux. Et  demande nombre de facultés d’adaptations. Pas assez pour certains, gagnants de la mondialisation, qui voudraient plonger tête baissée dans le grand bain numérique ou écologique, sans prêter garde aux « derniers de cordée » pétrifiés par ces révolutions…

Toujours est-il que les élus locaux sont en première ligne de ces défis, écartelés par les attentes de plus en plus divergentes de leurs concitoyens. Ils observent la lente déliquescence de la classe moyenne qui craint le déclassement. Oui, notre société est divisée, fragmentée*.  Je le constate au quotidien, dans ma commune et à la tête d’un Département de grande couronne de 1,3 millions d’habitants. L’Essonne est un de ces territoires que l’on dit « périphérique* », à l’ombre d’une grande métropole, Paris. C’est un condensé de notre République, une « petite France » où l’excellence et l’espérance d’un jour meilleur se côtoient sans jamais ou si peu se croiser.

Vaines luttes partisanes

Comment en est-on arrivés là ? Je crois que les élites de notre pays, pourtant bercés par l’esprit des Lumières et les valeurs humanistes, ont abandonné le combat des idées. Les élus, censés bâtir, au nom de l’intérêt général, des ponts entre tous, ne s’adressent plus à l’ensemble du peuple, préférant les parts de marché électoral et s’enlisant dans de vaines luttes partisanes. Pire, ils ont cessé de définir un cap et naviguent à vue. Comment a-t-on pu céder à cette paresse intellectuelle, au chacun pour soi et à la tyrannie de l’immédiateté?

Le sursaut dont la France a besoin dépend portant de l’ambition de ses gouvernants de réconcilier les territoires et les Français, de redonner sens à la cohésion chère à notre République. Il faut réécrire un projet collectif dans lequel chaque destin individuel puisse trouver sa place. Ce sera une des conditions de l’acceptation par tous des efforts nécessaires au redressement de notre pays.

Il en faudra en effet. Nous ne pouvons continuer à dépenser et à léguer à nos enfants une dette devenue bien trop lourde pour leurs épaules.  Il convient donc de regarder plus loin que l’échéance d’un mandat. La politique doit restaurer le sens du temps et restaurer le temps du sens.

Force des énergies locales

L’urgence est d’inventer un nouveau pacte social et économique où l’impératif de vivre en harmonie avec notre environnement préserve nos libertés et conforte le progrès social. Ce triptyque -liberté, protection, progrès- fait écho à trois enjeux de nos sociétés modernes : la capacité des États démocratiques à assumer leurs missions régaliennes, la nécessité de réussir le défi climatique en nous appuyant sur le savoir et le numérique, la cohésion de nos sociétés qui suppose le partage de la richesse entre ses membres.

J’ai une conviction : le monde de près a vocation à éclairer le monde d’après. Je suis un élu de proximité et depuis plus de vingt ans, je vois la force des énergies locales. Le sens pratique et l’envie d’un retour aux sources ont la chance d’être pragmatiques et acceptables par tous.

Néanmoins les initiatives doivent être structurées à la bonne échelle. En cela les collectivités locales, et notamment le binôme commune/département, nous l’avons vu pendant cette crise sanitaire, ont un rôle clef à jouer. Mais toutes n’ont pas les ressources pour mettre en place des politiques publiques à la hauteur des enjeux de demain.

Il n’est plus acceptable que certains contribuables paient localement deux à trois fois moins d’impôts pour un niveau de dépenses publiques par habitant deux à trois fois supérieur à la moyenne. Il n’est plus acceptable que les grandes villes soient fibrées par les opérateurs quand les Départements ruraux comme le Sud Essonne doivent mobiliser de l’argent public pour donner à tous l’accès au très haut débit.

Objectif péréquation

J’appelle ainsi à davantage de péréquation. Cette solidarité territoriale, plus efficace que la suppression de la taxe d’habitation, a été mise en place entre les sept Départements de l’Ile-de-France, au-delà des logiques partisanes, avec la création du Fonds de Solidarité Interdépartementale par l’investissement.

C’est la première fois que des collectivités décident, de leur propre chef, sans intervention du législateur et de l’Etat, de mettre en commun une partie de leurs ressources – 150M€- en toute équité, pour investir dans une centaine de projets structurants – rénovations de théâtre ou de collèges, liaisons douces, création d’un tram-train, etc…-.

Un aménagement du territoire équitable : tel est l’enjeu, notamment en matière de transition écologique. Pourquoi la charge reposerait sur les moins aisés?  Dans les territoires périphériques, nos concitoyens, dans l’attente de la maturité des énergies nouvelles, ont encore besoin de se déplacer en voiture et de se chauffer au fuel. Nous devons donc inventer un modèle de croissance verte capable de réconcilier l’économie et l’écologie sans obérer le pouvoir d’achat des Français. Dans mon département, le succès de la prime éco-logis pour lutter contre les passoires énergétiques montre que les politiques incitatives sont bien plus efficaces que toutes les théories de la décroissance. En un an, 10 000 foyers en ont bénéficié, générant plus de 100 millions d’euros de travaux, dont 75 % pour les entreprises du territoire, créant ainsi une centaine d’emplois. De quoi réduire à la fois la consommation – l’équivalent de 31000 kWh soit 1 700 maisons de 100m²-  et la facture énergétique des propriétaires concernés. Ce qui est bon pour la planète peut l’être aussi pour le porte-monnaie.

Redonner du sens à l’impôt local

J’y vois aussi un moyen de redonner du sens à l’impôt local, car aujourd’hui plus personne n’est capable de savoir où vont les taxes qui sont prélevées. Cela contribue au délitement de ce sentiment d’appartenance à une communauté, la société France, et remet en cause la pertinence de notre système de solidarités intergénérationnel. Une refonte totale de notre fiscalité est une impérieuse nécessité. Il faudrait notamment revoir les modalités de financement de la protection sociale – plus de 30% du produit intérieur brut – dont le caractère vicieux n’aura échappé à personne : les dépenses croissent à mesure que les recettes diminuent et les contributions pèsent principalement sur les salaires. Maintenir en l’état ce système menace l’emploi, mais réduire la protection sociale menace aussi notre cohésion. Il s’agirait donc faire évoluer l’assiette de l’imposition de la production sur la consommation, au travers d’une part de TVA, tout en réduisant les cotisations sociales à due proportion. La TVA sociale aurait une double vertu : faire participer les produits importés à nos normes sociales et environnementales et favoriser nos produits à l’exportation car leurs prix ne seraient plus grevés de charges sociales.

A un moment de notre histoire où le besoin de protection est toujours grandissant, sauver notre Etat-Providence pour préserver le progrès social, puis permettre aux territoires de transformer les mutations de notre temps en opportunités sont ainsi des conditions préalables pour retrouver le chemin de la cohésion et refaire France à nouveau.

* L’Archipel français, Jérôme Fourquet

* la France périphérique, Christophe Guilly

 

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