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ÉNERGIE
Transition énergétique : investissons dans l’humain
Auteur associé | Opinions | Publié le 23/09/2020

Du 23 au 25 septembre 2020, plus de 400 personnes, dont une majorité sont issues de collectivités pionnières du réseau des Territoires à énergie positive, sont réunies à l’occasion des 10e Rencontres Énergie et Territoires ruraux. Depuis la commune du Mené en Bretagne, elles lancent un appel à investir dans l'humain pour favoriser la transition énergétique.

TTToiture photovoltaïque sur le gymnase Belmont (c) Parc des Grands CaussesPar les représentants du réseau des Territoires à énergie positive (Tepos)

Face à la crise sanitaire, les territoires ont révélé tout leur potentiel de créativité et de mobilisation collective. Depuis, de nouveaux élus locaux sont arrivés, avec l’envie de faire bouger les lignes. C’est une chance, car si elles ne sont pas rapidement prises en main, les questions énergétiques deviendront une menace pour des territoires ruraux déjà vulnérables, tant dans le secteur du logement que celui des déplacements. En l’absence de politique locale de l’énergie, chaque euro dépensé quitte le territoire, appauvrissant non seulement les ménages, mais aussi tout le tissu économique local.

À contrario, se lancer dans une démarche de territoire à énergie positive permet de générer de la valeur locale. La production d’énergies renouvelables et la relocalisation des dépenses énergétiques sont créatrices d’emplois et de ressources financières nouvelles – en particulier lorsqu’elles s’appuient sur l’utilisation de gisements et de savoir-faire locaux. C’est un facteur d’attractivité et de dynamisme. La réduction de la facture énergétique fait émerger localement de nouveaux acteurs économiques et protège contre les hausses erratiques mais continues des prix des énergies.

Rien ne se fait tout seul

En créant l’Agence nationale de la cohésion des territoires, l’État estime avoir fait le nécessaire pour combler le manque d’ingénierie dans les territoires ruraux. De fait, si des postes se créent dans les administrations centrales et déconcentrées, ils faciliteront le montage des dossiers et l’accès aux financements. Mais la transition a besoin d’un accompagnement de proximité. C’est un changement global qui implique toute la société, transforme les modes de vie et qui doit nécessairement s’enclencher sur le terrain. Tous les territoires qui ont engagé ce changement au sein du réseau TEPOS, l’ont fait grâce à des animateurs territoriaux qui au plus près des équipes élues, des acteurs économiques et des citoyens, font émerger les projets. Ils sont trop peu nombreux pour cette tâche immense et l’épuisement guette.

Investir dans les ressources humaines

À elle seule, une ingénierie portée uniquement par l’État ne sera jamais en capacité de mettre tout un territoire en mouvement. Le plan de relance prévoit des milliards pour investir, encore faut-il pouvoir les mobiliser ! Le premier investissement productif, c’est de miser sur le capital humain en embauchant des animateurs locaux de la transition. Prises dans un carcan budgétaire particulièrement contraignant, les collectivités ne peuvent assumer seules le financement de leurs besoins d’ingénierie d’animation pour réussir la transition. L’État et les Régions doivent apporter leur contribution. C’est possible : les montants nécessaires ne dépassent pas 1% du montant du plan de relance ! Alors, pourquoi attendre plus longtemps ?

REFERENCES

Le Réseau Cler propose une boîte à outils pour les élus, comportant une sélection de retours d'expériences, de formations et de liens utiles pour mieux comprendre ces enjeux et aider à mettre en œuvre des solutions innovantes au sein des territoires.