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DOSSIER : L'autopartage : une autre solution au... "tout auto"
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/696778/grenoble-developpe-un-service-et-des-infrastructures-de-covoiturage/

MOBILITÉ
Grenoble développe un service et des infrastructures de covoiturage
Cyrille Pac | actus experts technique | France | Publié le 22/09/2020

L’agglomération grenobloise, le Pays voironnais et la communauté de communes du Grésivaudan viennent de lancer un nouveau service de covoiturage sur leur territoire avec la start-up Ecov. Et ils peuvent s’appuyer sur une solution inédite : une voie d’autoroute spécialement réservée.

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Comment rejoindre Grenoble à partir de Voiron (25 kilomètres environ) ou du Grésivaudan (de 19 à 40 kilomètres) sans être pris dans les embouteillages ? Tel est le dilemme auquel le Syndicat mixte des mobilités de l’aire grenobloise (SMMAG) tente de répondre avec un réseau de lignes de covoiturage inauguré en ce début de semaine. S’il existe déjà des maillages de stations de covoiturage en France, celle-ci a la particularité de bénéficier d’une voie autoroutière qui lui est dédiée. « Il existait déjà des services de covoiturage ou des lignes réservées, souligne Thomas Matagne, PDG et fondateur de la start-up Ecov, l’opérateur retenu pour cette prestation. Mais aucun qui ne soit articulé ensemble. C’est un service global de mobilité ».

Le 21 septembre, élus et responsables d’Ecov ont inauguré, à Voiron, une des 13 stations spécialement créées pour ce réseau. A la fin du mois, en cas d’embouteillage, les usagers pourront circuler sur l’A48, juste avant l’entrée dans Grenoble, sur une voie réservée longue de 8 kilomètres. Celle-ci sera aussi dédiée aux taxis et aux voitures dotées de la vignette Crit’Air zéro émission.

« Ce service public de covoiturage est le fruit de 5 années de travail, se réjouit Yann Mongaburu, président du SMMAG. Il a fallu convaincre, chercher et développer des solutions. Avec l’Etat et Area, on peut lancer cette première ligne de covoiturage sur l’A48 ». Comme l’explique encore Yann Mongaburu, il a aussi fallu attendre le vote de la loi mobilité pour lever certains freins : « la possibilité de dédier des voies au covoiturage et que les collectivités locales puissent rétribuer des automobilistes ».

14 000 voitures par jour

Avant d’être retenu, Ecov a répondu à un appel d’offres. Pour un contrat de deux ans et un montant d’un million d’euros, il se charge d’assumer la totalité de la prestation : création des stations (à l’exception des travaux de voirie), signalétique, mise à disposition de l’application et du logiciel pour s’inscrire, collecte et traitement des données…  Si aucun objectif de fréquentation n’a été fixé, un premier bilan sera fait à l’issue du contrat.

Dans le détail, un passager intéressé par le service M’Covoit-Lignes+ doit se rendre à l’arrêt le plus proche et faire sa demande de trajet via l’application ou par SMS [1]. De son côté, le conducteur indique son trajet sur l’application et les stations devant lesquelles il s’apprête à passer avant une mise en relation. Pendant les heures de pointe, le service assure un temps d’attente maximal de 15 minutes. Au-delà, M’Covoit-Lignes+ s’engage à trouver une solution (via un taxi). Jusqu’en décembre, le service est gratuit pour les passagers. L’indemnité des conducteurs, elle, varie de 1 à 2 euros par passager (+0,5 euro par siège libre).  A terme, ce nouveau service sera intégré au MaaS du syndicat mixte grenoblois.

En attendant que d’autres stations voient le jour, les responsables locaux voient dans cette initiative un moyen de « transformer la voiture individuelle en outil collectif. Elle n’est pas condamnée à être un outil de congestion, de pollution et synonyme de coûts ». Selon le SMMAG, 14 000 voitures entrent chaque jour dans Grenoble en provenance du Pays voironnais et du Grésivaudan.

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