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Disparition

Christian Poncelet, l’empereur des Vosges

Publié le 11/09/2020 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : France

Christian Poncelet
Public Sénat
Disparu le 11 septembre 2020, l’ancien président du Sénat a exercé un règne sans partage sur son département. En plus d’un demi-siècle de vie politique, il n’a jamais perdu la moindre élection. Retour sur un parcours hors-norme.

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En dehors de la chasse, ses administrés ne lui connaissaient pas le moindre loisir. Disparu le 11 septembre 2020 à l’âge de 92 ans, Christian Poncelet consacrait tout son temps à ses mandats. Sénateur-président du conseil général des Vosges en 1979, l’édile occupait aussi alors un fauteuil de député européen, de premier adjoint au maire de Remiremont et, n’en jetez plus, de conseiller régional de Lorraine.

Au total, Christian Poncelet a cumulé plus de 150 ans de mandat. Il a siégé sans discontinuer au Parlement de 1962 à 2015. Il a aussi présidé son cher conseil général pendant près de quarante ans (1976-2014). Le tout, sans perdre la moindre élection !

Le secret d’une telle longévité ? Une soif de revanche sociale. Né à Blaise, tout petit village des Ardennes, Christian Poncelet n’est pas un enfant de « la haute ». Sa mère fait des ménages. Son père a pris la poudre d’escampette lorsqu’il avait un an. Lors de son entrée aux PTT après-guerre, son absence de diplôme universitaire le cantonne au bas de l’échelle.

Mais très vite, Poncelet perce dans les réseaux syndicaux de la CFTC et les arcanes du gaullisme de gauche. A la veille des législatives de 1962, il s’implante sur les terres de son épouse Yvette dans les Vosges. Le tutoiement spontané et la tape dans le dos facile, il sait y faire.

Un ennemi intime nommé Philippe Séguin

Secrétaire général adjoint de l’UDR, puis secrétaire d’Etat au Budget, Christian Poncelet fait venir Philippe Séguin à Epinal à l’occasion des législatives de 1978. Mais très vite, le Falstaff du RPR lui donne de l’urticaire. Lors des cérémonies officielles, le sénateur met un point d’honneur à arriver le dernier et à parler le premier.

De son côté, Séguin oublie ce qu’il doit à Poncelet. Le tribun de l’Assemblée nationale, pétri d’histoire et de grandeur, se répand en sarcasmes sur les allocutions-fleuves du sénateur. Dressé contre les lois Defferre de décentralisation, le gaullo-jacobin ne supporte définitivement pas cet archétype de l’arrondissementier de la IVème République. Un fossé sépare le vibrionnant enfant de la télé, ami des premiers journalistes stars, du président du conseil général, peu assuré devant les caméras.

Là, où Séguin s’impose en gardien des tables de la loi gaulliste, Poncelet préfère dire « oui » au traité Maastricht. Pour le président du conseil général des Vosges, le député-maire d’Épinal joue les Cassandre. La France ne va pas disparaître d’un trait de plume. La France, ce terrien la sent sous ses souliers, quand Séguin s’en fait une certaine idée.

Un service public à lui tout seul

Christian Poncelet fait le siège des ministères pour son cher canton. Quand il ne peut pas entrer par la porte, il passe par la fenêtre. Centre hippique, cinéma, centre culturel… : Remiremont, dont il a été maire entre 1983 et 2001, ne manque de rien. La petite ville bénéficie même d’une liaison TGV sans arrêt avec Paris. Chacun sait où le trouver. Malgré ses éminentes fonctions, Christian Poncelet garde son numéro dans l’annuaire. Il est un service public à lui tout seul.

Il est comme un poisson dans l’eau au grand conseil des communes de France, le Sénat. Dès son arrivée, en 1977, l’empereur des Vosges n’a d’yeux que pour « le plateau », la présidence de la chambre haute. Pour mettre toutes les chances de son côté, il part traquer la perdrix et la grouse avec l’avionneur gaulliste Serge Dassault, le mitterrandiste Michel Charasse ou le milliardaire rouge Jean-Baptiste Doumeng. Le sénateur des Vosges ne dédaigne pas non plus une poignée de main codée avec ses collègues franc-maçons. Son biographe, Jean-Marc Toussaint, est pourtant formel : « Il n’a jamais été initié. »

« Sa grande force, c’est que tout le monde l’a toujours sous-estimé, confiait son ancien conseiller, feu Jean-François Probst. En fait, c’est un malin doublé d’un travailleur de force. Quand il était maire de Remiremont, il faisait en sorte de débarquer avant tout le monde, à sept heures du matin. Poncelet, c’est un bûcheron. Un sanglier des Ardennes. »

A force de volonté, le petit chose de Blaise se hisse à la tête du Sénat. Son passage à la présidence de la chambre haute entre 1998 et 2008 lui vaut le surnom de seigneur des panneaux pour son goût des expositions sur les grilles du jardin du Luxembourg. A l’instar de Jacques Chirac, ce pur pragmatique n’était pas habité par un grand dessein. Comme lui, il était une bête politique comme on n’en fera sans doute plus.

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